Manifestation - Des accusations pourraient être portées plus tard

Ce n’est pas parce que la loi 78 n’a pas été appliquée durant la manifestation monstre de mardi qu’elle ne le sera pas à retardement, a prévenu hier le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des accusations pourraient ainsi être déposées contre les organisateurs.

Marc Parent a rappelé hier matin que la loi prévoit une procédure « pour déposer des accusations contre les organisateurs » d’une manifestation. Ce n’est donc pas parce que les policiers ont toléré le changement de trajectoire de la manifestation du 22 mai qu’il n’y aura pas d’impacts pour les organisateurs de l’événement.


Le porte-parole du SPVM a tenu le même discours un peu plus tard. « Lorsqu’on regarde le volet d’organisation d’une manifestation, ça se fait sur enquête, a mentionné Ian Lafrenière. Alors, ce n’est pas parce que personne n’a été arrêté hier en vertu de la loi 78 que personne ne le sera, et nous allons tout faire pour appliquer les lois que nous avons, la loi 78 aussi. »


L’article 17 de la loi 78 prévoit que les organisateurs (individu, organisme ou groupement) d’une manifestation sont tenus de « prendre les moyens appropriés afin que la manifestation se tienne conformément » aux nouvelles règles en vigueur - notamment de respecter le trajet prévu. Les associations étudiantes ont quant à elles la même responsabilité… même si elles n’organisent pas directement la manifestation. Les amendes peuvent aller de 7000 $ à 125 000 $.


La manifestation de mardi après-midi s’est déroulée sans anicroche. Une forte partie de l’immense foule a toutefois suivi un trajet qui n’avait pas été approuvé, empruntant la rue Sherbrooke Ouest pour rejoindre la rue Peel et le boulevard René-Lévesque.


En prévision de la manifestation, les fédérations étudiantes collégiale et universitaire (FECQ et FEUQ) et les centrales syndicales avaient fait approuver leur trajet. La CLASSE, l’autre grand groupe étudiant, avait par contre refusé de le faire.


Devant l’ampleur de la manifestation - et parce qu’elle était pacifique -, les policiers ne sont pas intervenus. Ils avaient promis dans les derniers jours d’appliquer la loi « avec discernement ».

 

Différence montréalaise


À Québec, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a indiqué que c’est aux « policiers de faire leur travail et de décider s’ils imposent des amendes ». « Nous, on pense que c’est une mesure raisonnable [de dévoiler à l’avance l’itinéraire]. La loi a été appliquée partout en province ; elle n’est pas appliquée actuellement à Montréal », a-t-il noté.


Or, selon M. Dutil, « il faut appliquer cette loi-là ». Et si la CLASSE « a décidé de ne pas respecter la loi, elle devra vivre avec ça ».

2 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 24 mai 2012 10 h 19

    Faux !

    « Nous, on pense que c’est une mesure raisonnable [de dévoiler à l’avance l’itinéraire]. La loi a été appliquée partout en province ; elle n’est pas appliquée actuellement à Montréal ».

    Partout au Québec la loi est contestée, pas seulement à Montréal. Je suis de Saguenay et la dernière manif à laquelle j'ai participé a été déclarée illégale, 10 minutes avant le départ. Pourquoi était-elle illgale ? Va savoir ? Il n'y avait pas d'organisateur officiel, pas de parcours précis, pas d'horaire précis. C'était une manif spontanée, populaire, festive et des plus pacifique. Et cette fois-là, il n'y a eu aucune arrestation. Comme quoi, on a pas besoin d'une loi spéciale pour manifester correctement notre opposition à la hausse des frais de scolarité.

  • Yves Claudé - Inscrit 24 mai 2012 15 h 14

    Refus de la transformation du SPVM en police politique !


    Les citoyens de Montréal ne financent pas leur Service de police municipale pour qu’elle soit détournée de ses fonctions de protection de la population, et qu’elle devienne une police politique au service du gouvernement Charest.

    Le chef du SPVM, Monsieur Marc Parent, a le devoir de se comporter comme le chef d’un service à la population, et non comme celui d’une milice déviante qui est en train de déployer une violence intolérable contre la démocratie, dans une maltraitance documentée de citoyens qui paient son salaire.

    Le chef du SPVM, doit mettre fin sans délai à la transformation du SPVM en police politique, à défaut de quoi c’est sa démission pour manquement à sa mission, qui s’imposera.

    Yves Claudé