L’opposition divisée sur le maintien de la ligne dure

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, juge que la ligne dure et les interventions policières ne régleront aucunement la crise engendrée par la grève étudiante.

« Je ne crois pas que la méthode dure soit la méthode pour arriver à une sortie de crise», a fait valoir, hier, Pauline Marois dans un point de presse. « Ça exacerbe les tensions, ça augmente les risques pour la santé des personnes autant des policiers d’ailleurs que des jeunes qui s’opposent à la rentrée dans les cégeps. »


Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pris la position opposée, exigeant du gouvernement qu’il fasse appel aux forces policières pour permettre aux étudiants de retourner en classe. « J’ai vu comme vous les images à Lionel-Groulx, ce n’est pas agréable de voir la situation, mais en même temps, on n’a pas le choix, on doit faire respecter l’ordre », estime le chef caquiste. « Ce n’est pas aux manifestants radicaux de dicter l’ordre du jour. Évidemment que les forces policières doivent agir avec précaution, mais elles doivent faire respecter la loi. »


« Si on cède à l’intimidation, ça va vouloir dire qu’il y aura un autre groupe de pression, éventuellement, qui va essayer de faire reculer le gouvernement. Et là, on est dans un État qui perd le contrôle de la situation » craint François Legault.

 

Appel à Jean Charest


Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, Pauline Marois a demandé à Jean Charest qu’il participe, aux côtés de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, à la rencontre avec les étudiants d’hier soir. « Au lieu de frapper sur nos jeunes, est-ce qu’on n’est pas capable de trouver une solution avec eux, une solution qui va faire des gagnants de chaque côté ? Oui, chacun doit faire son bout de chemin, le premier ministre y compris », a affirmé la chef péquiste.


Reprenant les commentaires publiés par l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard, qui était présent dans les tribunes de l’Assemblée nationale avec d’anciens parlementaires, Jean Charest a accusé Pauline Marois de sombrer dans le « racolage électoral » et de faire de « la politique bassement politicienne ». Tout en répétant que le gouvernement parle d’une seule voix, le premier ministre a indiqué qu’il a été « impliqué totalement dans les discussions, dans les politiques du gouvernement dans cette affaire-là ».


« La chef de l’opposition officielle porte le carré rouge, appuie le boycott étudiant et refuse de demander aux étudiants d’intégrer leurs cours. Elle en portera la responsabilité », a lancé le premier ministre.


Comme pour préciser la position de son parti, la députée de Joliette et porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, a présenté, hier, la motion suivante : « Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l’Assemblée nationale exprime que dans une société de droit, les injonctions doivent être respectées. » La motion fut adoptée à l’unanimité.


Hier midi, quelques professeurs et parents, dont Janie Giard et Robert Michaud, sont venus défendre le carré blanc, un mouvement qui réclame du gouvernement un moratoire sur la hausse des droits de scolarité jusqu’à l’automne afin de tenir une vaste consultation sur l’avenir de l’éducation et son financement. Ils ont fait parvenir à tous les élus une lettre dans laquelle ils demandent qu’on mette « fin aux hostilités avant que nous mettions la vie d’autres jeunes en danger ».


Le député de Mercier, Amir Khadir de Québec solidaire, réclame aussi un moratoire, mais il tient à son carré rouge et ne veut pas porter le blanc. QS propose l’imposition d’une taxe de 0,8 % sur le capital des sociétés financières qui permettrait à terme d’assurer la gratuité scolaire.

25 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 16 mai 2012 03 h 50

    Le PQ ou l'art de parler des deux côtés de la bouche

    .

    Pauline Marois porte peut-être un carré rouge et affirme peut-être dénoncer la ligne dure, mais elle vient de faire adopter une motion à l'Assemblée nationale qui mène directement à la poursuite des affrontements avec la police, et que voici :

    «Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l'Assemblée nationale exprime que, dans une société de droit, les injonctions doivent être respectées.» - Parti québécois

    Nos étudiants sont brillants et éveillés, et ne seront certainement pas dupes de l'hypocrisie et de cette manœuvre grossière et électoraliste et du Parti québécois.

    En contrepartie, j'espère qu'ils prendront acte que Québec Solidaire a été «le seul» partie à refuser de donner son consentement à cette motion antidémocratique du PQ.

    Voici un extrait de la déclaration d'Amir :

    «Dans le contexte actuel, insister sur la primauté des injonctions dans un processus depuis trois mois où on a vu le pouvoir du Parti libéral instrumentaliser le système judiciaire, appeler le système judiciaire et les étudiants individualistes, qui ne reconnaissent pas les principes de représentation collective démocratique, de recourir aux tribunaux pour faire valoir le droit individuel par-dessus les droits collectifs, amène Québec solidaire à s'opposer sans restriction à la motion du Parti québécois à laquelle je ne donnerai pas mon consentement. Merci.» - Amir Khadir

    En définitive, on se rend compte qu'autant le PQ, le Parti libéral que la CAQ défendent les mêmes valeurs de droite et de répression.

    Quant à Jean-Martin Aussant, il brillait par son absence. - Quel courage !

    Ceux qui espèrent un véritable changement de culture politique, sauront désormais à quoi s'en tenir aux prochaines élections...

    Christian Montmarquette
    QS-Montréal

    Lien de référence :

    «Le PQ est pour le respect des injonctions» :

    http://leglobe.ca/blog/2012/05/le-pq-est-pour-le-r


    .

    • Benoît Landry - Abonné 16 mai 2012 07 h 27

      C'est clair qu'il n'y a pas grand chose d'espérer du PQ non plus. Comme d'habitude ils font clignoter leur feu gauche avant les élections.... pour tourner à droite une fois au pouvoir.
      Les lois, le droit et l'ordre.... n'importe lequel petit dictateur peut revendiquer ces notions pour e maintenir au pouvoir.... on est en démocratie au Québec mais si on commence à mettre de l'avant les lois, le droit et l'ordre avant les votes en assemblée pour permettre à des individus d'obtenir des privilèges, on s'enligne sur une pente glissante. Pourquoi alors je ne me servirais pas d'une injonction pour ne pas respecter une loi votée par un parti qui a obtenu moins de 50 % d'appui populaire des 57 % des gens qui se sont présentés aux urnes

    • Claude Lachance - Inscrite 16 mai 2012 08 h 02

      Il y aurait pas une petite place pour AMIR, dans vos cogitations. Il fait parti de l'opposition, et en vaut deux!!

    • Jeannot Duchesne - Inscrit 16 mai 2012 08 h 02

      Je suis absolument d'accord avec votre texte et votre titre n'est que trop juste.

      Concernant la proposition de QS pour l’imposition d’une taxe de 0,8 % sur le capital des sociétés financières qui permettrait à terme d’assurer la gratuité scolaire, c'est la première bonne uggestion que j'entends depuis longtemps; car l'éducation profite en tout premier au développement de l'économie et au Québec les secteurs économiques ne font pas leur juste part dans l'éducation.

      Au lieu de faire de comme le minières il serait temps que ceux qui d'enrichissent des ressources naturelles et intellectuelles de notre pays paient un juste prix; le temps des dindes est révolu.

      Si vraiment le Plan Nord avait été envisagé pour l'enrichissement de la collectivité, nous n'aurions pas eue cette crise issue de revendications légitimes de la jeunesse étudiante.

      Vivement des élections.

    • Alain Carré - Inscrit 16 mai 2012 08 h 03

      Je croyais que tous les partis avaient donnés leur accord. Franchement, M. Montmarquette, vous faites preuve de mauvaise foi.

      J'aime beaucoup mieux que le PQ présente sa motion que celle de la CAQ qui aurait mentionné ceci, de foncer dans le tas. C'est pour couper l'herbre sous le pied des Caquistes et pour ne pas jeter de l'huile sur le feu que le PQ a décidé de faire cela.

      Un parti, même s'il est contre les injonctions doivent respecter la loi car sinon à quoi cela va servir la prochaine fois si une entreprise a une injonction contre elle par exemple. Elle pourra ne pas respecter la loi si M. Khadir est au pouvoir car l'entrepriser va aller en cour et mentionner que ce n'Est pas important de respecter les règles. Il vient de voter contre cela et d'envoyer ce message. Et je le répète, peu importe que cette confrontation soit allé du côté de la justice, je suis contre cetet idée mais on a pas le choix de respecter cette règle car sinon on est des hors la loi.

    • Richard Laroche - Inscrit 16 mai 2012 08 h 19

      J'ai aimé ton commentaire. Tu m'as même convaincu que Amir tenait la bonne position, tout en me rappelant à quel point la Justice est actuellement délégitimée à cause du scandale des nominations partisanes.

      Néanmoins, critiquer Aussant par son absence, ça sonne comme du bashing électoraliste. Pas trop solidaire comme attitude, face à un parti avec si peu de moyens qui semble travailler très fort actuellement.

    • Brian Monast - Abonné 16 mai 2012 10 h 25

      L'article dit : «La motion fut adoptée à l’unanimité.»

      La citation de Khadir dit : «Québec solidaire s'oppose sans restriction à la motion du Parti québécois.» Était-ce une unanimité, moins un?

      Sur Legault : on a là du sophisme à pleine vapeur. Transformer automatiquement des grévistes en des « manifestants radicaux » qui procèdent par « intimidation », c’est jouer de la rhétorique malhonnête. L’électorat québécois en est un qui sait faire la différence entre qui fait appel à des valeurs, même quand ce ne sont pas les nôtres, et qui au contraire joue sur les bas instincts.

    • Gilbert Talbot - Abonné 16 mai 2012 10 h 25

      «Comme pour préciser la position de son parti, la députée de Joliette et porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, a présenté, hier, la motion suivante : « Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l’Assemblée nationale exprime que dans une société de droit, les injonctions doivent être respectées. » La motion fut adoptée à l’unanimité.»

      Si Amir s'est opposé à cette motion, pourquoi est-il écrit qu'elle fut adoptée à l'unanimité ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 mai 2012 12 h 29

      À Brian Monast ,

      L'article dit : «La motion fut adoptée à l’unanimité.»

      Je crois que, pour une fois, Monsieur Dutrisac devrait vérifier ses informations, parce que la mienne vient directrement de la page Facebook d'Amir.

      Christian Montmarquette
      QS- Montréal

      «Voici l'intervention que j'ai fait sur la motion du Parti québécois cet après-midi» - Amir Khadir


      http://www.facebook.com/AmirKhadir/posts/101508841

      "

      .

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 16 mai 2012 21 h 28

      @ Brian : dans le procès-verbal de l'Assemblée Nationale, je vois pas de vote, juste une mention que la motion a été adoptée. Si je comprends bien, c'est ce qui arrive quand personne ne demande de vote.

  • Chantal Mino - Inscrite 16 mai 2012 04 h 43

    Suite aux recommandations d’Amnistie International, la Ligue des droits et libertés ainsi que plusieurs juristes, quel(le) député(e) de l’Assemblée nationale va enfin proposer la motion suivante à l’Assemblée nationale du Québec :

    « Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l’Assemblée nationale exprime que dans une société de droit, les droits fondamentaux de vie, de liberté et de sécurité nommés dans les Chartes québécoise et canadienne se doivent d’être respectés par tous et pour tous sans aucune discrimination selon l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, les religions, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap avant tout autre loi ou règlement ou injonction qui y contrevient.»

    La CAQ ....pffff.... Ils sont pires que le PLQ. C’est le patronat radical et extrémiste qui s’est transformé de l’ADQ en CAQ pour tenter de renaître de leurs cendres et nous imposer leurs valeurs larbinismes de pouvoirs et d’$$$$$$$. D’ailleurs, quand une personne qui ne fait pas partie du 1%, de leurs larbins ou de la mafia les informe d’abus de certaines directions d’écoles primaires et de certaines commissions scolaires qui appuient aveuglément ces directeurs qui compromettent gravement le développement de certains nos enfants du Québec qui fréquentent l’école publique, ils ne regardent même pas le courriel, ils le supprime sans même l’avoir seulement lu.... Ça vous donne une idée de leur valeurs et de leurs priorités et ici, je parle spécifiquement de Gérard Deltell, preuve à l’appui.

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 16 mai 2012 05 h 36

    Justement, en parlant de la séparation des pouvoirs...

    « Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l’Assemblée nationale exprime que dans une société de droit, les injonctions doivent être respectées. »

    Et de rajouter: Que les injonctions ne doivent pas venir de l'influence du parti au pouvoir, car se dernier, ainsi, se donne des droits dans 2 pouvoirs et ne respecte pas cette séparation.

    • Claude Lachance - Inscrite 16 mai 2012 09 h 23

      A-t-on oublié la commission Bastarache??? On a si peu de mémoire dans le bas-canada..On vit dans une sorte de star académie de la politique... chacun fait son petit ricochet sur les ondes... Beauchamp une star d'un soir, Courchesne star en devenir.. On les triture, les fabrique, les imagine, ne reste que du chiffon... !

  • Serge Grenier - Inscrit 16 mai 2012 07 h 40

    L'État a échappé le ballon !

    N'avez-vous pas vu les images de ces enfants qui confrontent à mains nues et sans aucune protection les forces de l'ordre bien protégées et armées jusqu'aux dents ?

    Pensez-vous vraiment que cette génération va baisser les bras ?

    La ligne dure, mais vous rêvez en couleur si vous pensez une minute pouvoir vous en tirer avec la ligne dure.

    Serge Grenier

  • Claude Lachance - Inscrite 16 mai 2012 07 h 59

    Quel titre!

    Un petit rappel. Legault n'est pas un élu! et advenant qu'on admette sa vision (si vision il y a ) de la situation actuelle, en quoi diffère-t-elle de celle de Charest? On appelle ça parler pour parler.
    Le P.Q. joue de la prudence, et l'autre du caméléon, tellement, que l'on pourrait s'attendre à une coalition cacoliberale!!...
    Curieux que les journalistes veuillent à tout prix piéger Mme Marois, et lui faire avouer qu'elle pourrait être contre la ""LOI"". cE QU'ELLE DIT EST SIMPLE.Ce n'est pas la meilleure façon de résoudre un conflit!!

    • Claude Champagne - Inscrit 16 mai 2012 10 h 17

      D`accord et en plus finalement c`est charest le premier sinistre, il a créer ce désastre ben qu`il le règle comme un grand et Mme Marois on fera son bilan si elle devient première ministre.

    • André Michaud - Inscrit 16 mai 2012 11 h 01

      On est tous d'accord que appliquer la loi ne résoudra pas automatiquement ce conflit..mais ce n'est absolument pas une raison pour que les lois ne soient pas respectées..

      Est-ce que l'on ne devrait pas arrêter un homme qui bat sa femme parce que son arrestation ne les rapprochera pas?

      M.Legault démontre plus de respect des lois et une volonté de les faire respecter par TOUS, pas tous sauf les étudiants qui boycottent..