Bachand en a assez des groupes radicaux

«Il y a des groupes radicaux qui systématiquement veulent déstabiliser l’économie de Montréal. Ce sont des groupes anticaptalistes, marxistes, ça n’a rien à voir avec les frais de scolarité», a dit Raymond Bachand.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot «Il y a des groupes radicaux qui systématiquement veulent déstabiliser l’économie de Montréal. Ce sont des groupes anticaptalistes, marxistes, ça n’a rien à voir avec les frais de scolarité», a dit Raymond Bachand.

Québec — Le ministre des Finances Raymond Bachand en a assez des groupes radicaux anticapitalistes et marxistes qui cherchent à déstabiliser Montréal.

M. Bachand a dit aujourd'hui qu’il faut faire cesser les gestes d’intimidation de ces groupes. «Assez, c’est assez», a lancé le ministre responsable de la région montréalaise lors d’un bref point de presse, ajoutant qu’il «faut que ça arrête».

«Il y a des groupes radicaux qui systématiquement veulent déstabiliser l’économie de Montréal. Ce sont des groupes anticaptalistes, marxistes, ça n’a rien à voir avec les frais de scolarité.»

Au lendemain de la démission surprise de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, M. Bachand n’a pas voulu se prononcer sur l’éventuelle promulgation d’une loi spéciale qui forcerait le respect des injonctions imposant une reprise des cours.

Le député de Charlesbourg Michel Pigeon, lui-même un ancien recteur de l’Université Laval, a pour sa part jugé que les injonctions se suffisent à elles-mêmes et qu’une loi spéciale n’est pas nécessaire.

«Actuellement on n’en est pas là, a-t-il dit. [...] Il me semble qu’une injonction ça parle par soi-même. On ne met pas une loi par-dessus une injonction.»

Moreau exaspéré

Le ministre des Transports Pierre Moreau a repris les propos du premier ministre Jean Charest pour exprimer son exaspération. «Le premier ministre a dit avec beaucoup de justesse que la patience de tous a été, je pense, mise à rude épreuve et épuisée», a-t-il dit.

Soulignant que la population de la région de Montréal est particulièrement éprouvée, M. Moreau a pourfendu des manifestants qui se sont rendus mardi matin sur le pont Jacques-Cartier, à Montréal, pour perturber la circulation.

«Non seulement ces gens-là ont mis en danger leur propre sécurité, mais ils ont mis en danger la sécurité de tous les usagers du pont Jacques-Cartier, a-t-il. Et c’est une situation qui est inacceptable et qui est intolérable.»

Legault veut des engagements

Avant d’entamer un nouveau dialogue avec le gouvernement, les leaders étudiants doivent s’engager à assurer le libre accès des établissements, estime pour sa part le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le chef caquiste fait du respect des injonctions émises au nom des étudiants opposés au boycott des cours la condition sine qua none à toute nouvelle discussion avec l’État.
Selon lui, la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne doit obtenir cet engagement ferme dès le début de sa rencontre mardi soir avec les leaders des quatre associations étudiantes.

À défaut d’un tel engagement, ce sera à la police d’employer les moyens qu’elle juge nécessaires pour déloger les piqueteurs masqués, a soutenu M. Legault, en point de presse mardi à l’Assemblée nationale.

Le leader de la CAQ est en faveur de la ligne dure envers les «radicaux» du mouvement de grève qui bloquent l’accès des établissements. La tolérance à leur égard pourrait, à son avis, convaincre d’autres «groupes de pression» de défier à leur tour les lois.

«On n’a pas le choix. Si on cède à l’intimidation, ça va vouloir dire qu’il y aura un autre groupe de pression qui va essayer de faire reculer le gouvernement», a fait valoir M. Legault.

Compte tenu de la crise, M. Legault juge nécessaire que la classe politique parle d’une seule voix pour défendre le droit des étudiants de retourner suivre leurs cours. Il a invité la chef péquiste Pauline Marois à se joindre à lui et à se ranger derrière le gouvernement en faveur du respect de la loi.

Avec ce que leur a déjà concédé le gouvernement, les étudiants n’ont plus rien à faire dans la rue, croit le chef caquiste. Grâce à la bonification des prêts et des bourses, il n’y aura aucune augmentation des droits de scolarité pour 60 pour cent d’entre eux.

«Est-ce qu’au Québec, avec les valeurs de justice sociale qu’on défend depuis toujours, on veut être dans la rue, avec des carrés rouges, pour défendre les 40 pour cent d’étudiants qui sont dans les familles les plus riches? [...] Écoutez, c’est comme un Robin des bois à l’envers qu’on vit actuellement au Québec. Il est temps qu’on sorte de cette situation», a-t-il dit.

Marois: Charest doit faire des compromis

Il revient au premier ministre Jean Charest de faire des compromis pour sortir de l’impasse avec les étudiants, selon la chef péquiste Pauline Marois.

Mme Marois exhorte le premier ministre à s’asseoir personnellement à la table de discussion avec les leaders étudiants afin de trouver une issue au conflit qui perdure depuis plus de trois mois.

«La fin justifie qu’on fasse ces compromis», a dit la chef péquiste en point de presse, cet après-midi, en se disant inquiète de la persistance du conflit avec les étudiants. «Cela me touche profondément», a-t-elle indiqué.

Selon elle, la solution passera nécessairement par la conciliation et une «véritable négociation» avec les étudiants et non par la ligne dure ou quelque renforcement que ce soit de l’action policière.

La ligne dure ne fera «qu’exacerber les tensions», a-t-elle dit.

Mme Marois est d’avis que tout règlement du conflit sera de nature politique et que la conclusion du dossier repose désormais «entre les mains du premier ministre».

«La solution, elle passe d’abord et avant tout par le premier ministre», a-t-elle insisté, alors que la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a convoqué les leaders étudiants a une rencontre mardi soir.

Quant à François Legault, il ne fait que «jeter de l’huile sur le feu», aux yeux de la chef péquiste.

 
67 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 15 mai 2012 15 h 26

    Pas surprenant ...

    Comme il trouve bien difficile la démocratie... par ce qu'il faut consulter les gens.

    • François Laforest - Abonné 15 mai 2012 16 h 31

      Surtout de la part d'un député Libéral qui se fait élire dans une circonscription facile: Outremont. Briller parmi les «plusse» meilleur quoi !

    • Francois Cossette - Inscrit 15 mai 2012 16 h 49

      Il est habitué a la démocratie syndicaliste avec un 2 par 4

    • Lydia Anfossi - Inscrite 15 mai 2012 18 h 36

      Une chance que nous avons encore des syndicats, imaginez les abus du gouvernement et des entreprises si tel n'était pas le cas!!

  • Francois Cossette - Inscrit 15 mai 2012 15 h 27

    Attention a ton coeur a ton age !!!!

    Nous autres c'est du gouvernement liberal corrompu qu'on en a assez, ca tombe bien on est au moins d'accord sur 1 point.
    Pour le reste s'il pense impressionner avec son ton mechant il se mets un doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Petit laquais de la haute finance.

    • Hugues St-Pierre - Abonné 15 mai 2012 20 h 38

      Monsieur Bachand, hypocrite ou sourd-aveugle volontaire?
      En tout cas, menteur! On sait très bien que le gouvernement a refusé de négocier durant les 11 premières semaines de manifestations pour finalement faire une proposition de négociation qui haussait davantage les frais de scolarité.
      Bachand en a marre parce qu'il ne veut pas parler des vrais problème de sa démocratie qui se plie aux moindres désirs de ses riches amis qui demandent des réductions d'impôt même si cela envoie le reste de la population dans une pauvreté.
      On en a marre des oligarches et c'est pour cela que, comme les étudiants, on veut moins de tarifs et plus de démocratie véritable, directe.
      Hugues St-Pierre

  • Yves Claudé - Inscrit 15 mai 2012 15 h 31

    Les groupes radicaux: néolibéraux et mafieux qui cherchent à déstabiliser Montréal !

    Si l’on tentait de remettre le monde à l’endroit, cela donnerait peut-être quelque chose comme cela, en introduction à cet article:

    Québec — Le ministre des Finances du nouveau gouvernement populaire qui a remplacé le PLQ en a assez des groupes radicaux néolibéraux et mafieux qui cherchent à déstabiliser Montréal.

    Le ministre a dit aujourd'hui qu’il faut faire cesser les gestes d’intimidation de ces groupes. «Assez, c’est assez», a lancé le ministre responsable de la région montréalaise lors d’un bref point de presse, ajoutant qu’il «faut que ça arrête».

    «Il y a des groupes radicaux qui systématiquement veulent déstabiliser l’économie de Montréal. Ce sont des groupes néolibéraux, mafieux, ça n’a rien à voir avec la majorité de la population qui a voté pour nous.»
    (…)

    Je vous laisse réécrire la suite …

    Yves Claudé

    • Simon Villeneuve - Abonné 15 mai 2012 16 h 16

      excellent !

      mais contrairement aux etudiants, ces neoliberaux fournissent beaucoup de fonds de caisse electorale aux etudiants....

      svilleneuve

    • Fournier P. - Inscrit 15 mai 2012 17 h 21

      @ Yves Claudé

      Qu'elle belle objectivité et quelle argumentation !

      Vous prétendez, peut-être que les radicaux de droite ont plus de chance de détruire Montréal que les radicaux de gauche ?

      Il existe des radicaux de droite comme il en existe de gauche et, dans les deux cas, ils peuvent être aussi dangereux et emploient tous les moyens, incluant la force, l'extorsion, le chantage, le soudoiement, la menace, etc.

      Avez-vous une préférence pour un de ces groupes de radicaux ?

      Tourner cela en dérision comme vous le faites, et laisser entendre que ceux qui ne votent pas pour votre parti préféré sont des radicaux, c'est non seulement tordu, c'est de la pure démagogie et cela me laisse songeur sur votre agenda réel.

      Pierre Fournier

    • Réal Rodrigue - Inscrit 15 mai 2012 17 h 24

      Voilà comment il faut répondre à ces adeptes du néolibéralisme. Ils baignent tellement dans cette idéologie qu'ils n'ont pas l'air de se rendre compte des principes qui inspirent leurs décisions. Soutenir que la société politique se constitue pour une fin qui est le bien commun, que les lois promulgués ne se justifient qu'en regard de ce bien, que l'État n'est pas là pour subventionner les entreprises au détriment de l'ensemble, c'est maintenant s'exposer aux foudres des bien-pensants... Promouvoir l'accessibilité à l'éducation pour tous par l'instauration de la gratuité scolaire, c'est assurément une mesure qui va dans le sens du bien commun.

    • Yves Claudé - Inscrit 15 mai 2012 19 h 46

      À Monsieur Pierre Fournier,

      Voici, pour vous, confidentiellement, mon “agenda” caché:

      Après avoir lamentablement échoué à tous mes examens de la prestigieuse École Internationale de l’Humour, je me console en pure perte de temps dans une vaine agitation politique, quelque part dans le large spectre de l’aile gauche du Parti québécois…

      Yves Claudé

    • Yann Tissier - Inscrit 15 mai 2012 20 h 21

      excellent !!!

      Nous aussi on en a assez de Bachand, Moreau et Charest! Ça joue les vierges offensées devant quelques manifestants bruyants, mais nous on a pas le droit de s'indigner devant le mur de corruption qu'est devenu notre gouvernement?!

      DEHORS les libéraux !!!!! Ça presse !!!

  • Maryse Veilleux - Abonnée 15 mai 2012 15 h 33

    Opportunité!

    Il pourrait démissionner lui aussi!....

  • Francois Cossette - Inscrit 15 mai 2012 15 h 41

    Encore du bla bla pour les convaincus

    Encore de la bouillie pour les chats adressés aux partisans libéraux dans le but de les radicaliser encore plus et de les instrumentaliser comme le fait le gouvernement depuis le debut de cette crise. Soyez certains qu'on est pas tous des imbéciles et qu'on voit clair dans votre jeu.

    Je reste a Montreal et ca ne me derange absolument pas les manifestations, ca mets de la vie. C'est vrai que ca doit les deranger tous ces deputes a Quebec, de toute facon on le sait, tout ce qui se passe a montreal ca derange le monde de quebec.