Cours suspendus dans des collèges malgré les injonctions

Des manifestants ont défié les policiers ce matin au Collège Rosemont.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des manifestants ont défié les policiers ce matin au Collège Rosemont.

Les cours ont été annulés pour la journée de lundi au Collège Rosemont, à Montréal, ainsi qu'au Collège Édouard-Montpetit, à Longueuil.

Dans les deux établissements, les cours devaient reprendre lundi matin en vertu d'injonctions des tribunaux obtenues vendredi, malgré les votes tenus par les étudiants la semaine dernière en faveur de la poursuite de la grève.
 
Au Collège Lionel-Groulx, sur la Rive-Nord de Montréal, une injonction obtenue mercredi dernier prévoyait également la reprise des cours ce lundi. En début de matinée, le porte-parole du service de police de Thérèse-De Blainville, Martin Charron, a indiqué que la direction évaluait la situation.
 
Quelque 150 étudiants masqués ont bloqué l'accès à l'institution vers 6h, après quoi la directrice générale du collège a porté plainte pour méfaits. Des policiers, étudiants, enseignants et parents sont sur place, mais la situation est pacifique et aucune arrestation n'a été faite, a rapporté M. Charron.
 
Accès bloqué

Au Collège Rosemont, plusieurs centaines d'étudiants se sont présentés devant les entrées de l'établissement en matinée, bloquant l'accès à l'institution. Des affrontements ont eu lieu avec les policiers, et un étudiant a été transporté à l'hôpital avec des blessures mineures.
 
Le porte-parole du Service de police de la ville de Montréal Yannick Ouimet précise que le jeune homme a été transporté de manière préventive et que la cause de ses blessures demeure inconnue. Personne n'a été arrêté.
 
Au Collège Édouard-Montpetit, la direction a indiqué que les cours étaient suspendus étant donné l'incapacité de l'institution à assurer la sécurité des «personnes et des bâtiments».
 
Une manifestation a eu lieu devant l'établissement, mais les policiers n'ont pas été appelés sur place.
 
À Gatineau, les cours ont repris dans un calme apparent au Cégep de l'Outaouais. Après plusieurs semaines d'affrontements avec les forces de l'ordre, une majorité d'étudiants se sont prononcés vendredi en faveur d'un retour en classe.
 
À Montréal, des étudiants ont également marché sur le boulevard Saint-Michel en début de journée. Les manifestants se déplaçaient vers le sud, mais les voies nord et sud ont été bloquées.
 
À Longueuil, quelque 150 personnes, dont une centaine étaient masquées, se sont rendues devant le 201, place Charles-Lemoyne, près du métro Longueuil. L'édifice abrite des bureaux de plusieurs ministères du gouvernement du Québec.
 
Le porte-parole de la police de Longueuil, Patrick Barrière, a expliqué que les employés ont pu réintégrer l'immeuble vers 10h30 avec l'aide des policiers. Les autorités n'étaient pas en mesure d'indiquer si les manifestants étaient des étudiants.

Leaders irresponsables?

En dépit de l'inefficacité des injonctions forçant la reprise des cours dans les cégeps et les universités, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, réitère que le droit favorise ceux qui veulent aller à l'école. Il s'en est pris au passage à la «rhétorique de déresponsabilisation» des leaders étudiants.

«Le droit qui existe, c'est celui d'aller au cours, pas celui de bloquer les portes», a dit hier le ministre Fournier. «La légalité et la légitimité sont du côté de ceux qui veulent exercer le droit à l'éducation», a-t-il ajouté.

Vendredi dernier, la FECQ et la CLASSE ont dénoncé «la judiciarisation» du conflit étudiant, estimant que le recours aux injonctions était malsain.

«C'est assez étonnant cette rhétorique de la déresponsabilisation», a commenté hier le ministre Fournier.

«Ce sont l'Assemblée nationale et ses lois, c'est la justice et ses ordonnances qui ne sont pas respectées par ceux qui bloquent les portes et qui prétendent à une légitimité basée sur la déresponsabilisation», a-t-il insisté.

Selon le ministre Fournier, le droit à l'éducation exige que les étudiants qui veulent compléter leur session puissent le faire sans être importunés par les grévistes. «Au Québec, il y en a qui ont le droit de suivre leurs cours. S'il y en a qui veulent les boycotter et ne pas les suivre, c'est leur affaire, mais ils ne peuvent pas entraîner avec eux la perte du droit des autres», estime-t-il.

Interrogé sur les critiques incessantes à l'égard du gouvernement et la remise en question de sa légitimité politique, M. Fournier a appelé qu'il revenait aux élus de l'Assemblée nationale d'édicter les lois auxquelles tous les citoyens doivent se conformer, dans un État reposant sur la primauté du droit. «Il n'y a pas un autre politique qui serait la démocratie de la rue. Ça n'existe pas dans notre société, a-t-il dit. En ce moment, ceux qui prétendent que le juridique n'a pas d'application parce que l'ordre politique québécois n'a plus à être reconnu ne nous ont pas proposé d'autre solution et ne nous offrent que la rue et [des brimades] au droit à l'éducation [des autres]».
37 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 14 mai 2012 09 h 24

    C'est de la pure folie ces injonctions.


    Le gouvernement demande aux juges et à la police de faire la « job de bras».

    C'est totalement inacceptable.

    Ce gouvernement va-t-il enfin entendre raison?

    Ce gouvernement ne se rend-il pas compte qu'il est en train de se mettre plein de monde contre lui?

    Remarquez-bien que je m'en réjouis, plus il y en aura mieux ce sera.

    Mais cela ne justifie pas les moyens qu'il prend. Il place tout le monde dans une situation intenable dans les cegeps.

    Pouruoi déteste-t-il à ce point les jeunes? C'est pourtant sur eux qu'il faut compter pour l'avenir de notre pays le Québec.

    • Simon Villeneuve - Abonné 14 mai 2012 09 h 55

      "Pourquoi déteste-t-il à ce point les jeunes? C'est pourtant sur eux qu'il faut compter pour l'avenir de notre pays le Québec."

      je commence a vraiment croire les rumeurs, les etudiands ne sont pas assez payants en dons pour la caisse electorale du parti liberal du Quebec on dirait.

      je crois que les etudiants devraient proposer une augmentation de 50% sur 7 ans , 25% a l education et 25% pour la caisse electoral du parti liberal !

      je crois une entente se confirmerait, a voir comment se gouvernement gere cette crise sociale !

      svilleneuve

      ps: non je ne crois pas j exagere quand il y a plusieurs citoyen et media ( JdeMontreal,Quebec) qui denonce l intimidation et le regne de terreur qui supposement existe au Quebec d apres le discours des carres blancs .

      on va fabuler nous aussi !

    • Carole Dionne - Inscrite 14 mai 2012 10 h 13

      " Ce gouvernement va-t-il enfin entendre raison? "

      Parce que entendre raison pour vous, c'est dire, j'imagine? Donc, l'enfant roi. Il n'y a pas d'autre solution. Eh bien!!

    • Marc Collin - Inscrit 14 mai 2012 11 h 05

      plein de monde à dos?

      ah bon les sondages montrent qu'ils pourraient toujours gagner les élections..... malgré que la population soit insatisfait de lui...... la population a d'ailleurs son appuie concernant le dossier des étudiants....

    • Richard Laroche - Inscrit 14 mai 2012 12 h 48

      @ Carole Dionne et Marc Collin

      Vous vous opposez à ceux que vous dénigrez en les appelant les "enfants rois". Par cette exagération, vous trahissez votre ignorance de nombreuses révolutions ayant eu lieu partout dans le monde par le passé.

      Il s'agit d'étudiants aux études supérieures. Il s'agit de ceux qui représentent notre avenir. Il s'agit de nos enfants.

      J'ai peine à croire que des gens accordent quelque crédibilité aux médias avec leurs nombreux biais ou aux sondages qui virent au gré du vent pour se fonder un opinion et scier la branche sur laquelle ils sont assis...

      Cette tactique de division réussira-t-elle à diviser même les familles? Ce sont nos enfants, notre avenir. Il ne s'agit pas de "gardes rouges" meurtriers de la révolution Chinoise. Il ne s'agit pas de Khmers qui fusillaient leur propre famille.

    • Marc-André Fortier - Abonné 14 mai 2012 13 h 39

      Intéressant de constater que lorsque nos jeunes font ce qui est attendu d'eux (que ça soit pour leur bien ou non) on les louange. Si par contre, ils osent défier s'élever contre quelque chose qu'on leur impose, on les qualifie d'enfants roi...

      Je constate encore une fois et avec déception que le mépris n'est pas seulement du côté des élus...

      À Mme.Dionne je demande, si je manifeste contre la hausse du prix de l'essence, ça fait de moi un anarchiste? Et si je m'élève contre une augmentation non justifiée de mon compte de taxe municipal, je suis un mauvais citoyen?

      Bien sûr vous me direz que ça n'est pas la même chose et pourtant ça l'est. Les étudiants refusent simplement arrangement qu'on tente de leur imposer. J'irai même plus loin, si l'ensemble de la population s'exprimait avec autant de vigueur, comme société nous n'en serions peut-être pas à réclamer des commissions d'enquête à chaque 6 mois pour contrôler nos les dérives de nos élus...

  • Francois Cossette - Inscrit 14 mai 2012 09 h 25

    Les vrais violents

    Ce qui est paradoxale dans ce conflit c'est que les personnes les plus violentes ce sont ceux qui denoncent la violence. On a juste a lire les blogues pour s'en rendre compte. On peut ainsi admirer la nature humaine dans ce qu'elle a de plus mesquine, de plus vile, de plus hypocrite. De voir des gens se rejouir que des jeunes de 18 ans se retrouvent a l'hopital, c'est vraiment ecoeurant. Faut voir que ces gens ont été instrumentalisé par un gouvernement corrompu et une certaines presses a sensation et finalement par un groupe de pseudo-intellectuel qui avait surement des comptes a rendre ou qui etait en parfait conflit d'interet. Tous ces gens n'ont fait que radicalisé tout ce que le quebec comporte de niochon et de sans intelligence.

    C'est le plq qui disait que les referendums ca divisaient les gens et bien ils ont reussi a faire mieux sans referendum, faut le faire, les deux mains sur le volant mais l'intelligence dans tout cela, elle est reste au garage.

    • maxime belley - Inscrit 14 mai 2012 10 h 46

      C'est clair que certains journalistes (éditorialistes) devraient avoir honte de traiter des jeunes de tout les noms juste parce qu'ils ont un opinion différente. Il publient des lettres de lecteurs on ne peut plus méprisante et des appels déguisé a la violence.

      J'aurais vraiment honte de réclamer qu'on viole des jeunes fille de 18 ans et qu'on envoie a l'hopital des jeunes parce qu'ils n'ont plus de solution pour se faire entendre.

      Franchement si j'étais un journaliste j'aurais foutrement honte d'être sur le même statut que Samson ou Duhaime.

      Franchement honte a vous journalistes

  • Richard Carle - Inscrit 14 mai 2012 09 h 46

    Une solution fort simple pourtant

    Un moratoire sur les frais, déclenchement des élections et questions référendaires sur le Plan Nord et les frais de scolarité.

    • Marc-André Fortier - Abonné 14 mai 2012 13 h 41

      Un beau rêve monsieur Carle, un bien beau rêve...

  • André Michaud - Inscrit 14 mai 2012 09 h 50

    Intimidation vs Liberté d'étudier ????

    L'intimidation des association étudiantes et l'irresponsabilité des directeurs sont ultra désolantes et INJUSTES pour les étudiants studieux et sérieux qui ne réclament que la liberté d'étudier...et ne veulent pas boycotter LEURS cours pour lesquels ils ont payé!

    Que ceux qui veulent boycotter le fasse en respectant ceux qui ne pensent pas comme eux démontrerait que la société qu'ils veulent est au moins aussi libre que la société capitaliste actuelle...

    La société d'intimidation contre ceux qui osent penser différemment et de manifs anarchiste acceptant la violence si elle n'est pas physique, on en veut pas !!! C'est mille fois pire que le gouvernement Charest !!! On ne changera pas pour pire quand-même! Plusieurs citoyens qui crtitiquanient M.Charest, se se=ont rangé dans cette cause à tout le moins derrière M.Charest. Tout sauf l'anarchie et le pouvoir dans la rue!

    Paix et respect doivent remplacer cette vague anarchiste violente..

    • Richard Laroche - Inscrit 14 mai 2012 12 h 50

      Organisez-vous entre vous. Les 3ème année peuvent enseigner aux 2ème année, ainsi de suite.

      Prenez le plan de cours. Lisez les bouquins. Fouillez sur le net.

      La grève n'empêche personne de s'éduquer. Si vraiment vous avez besoin d'un prof pour apprendre vous n'irez pas loin dans votre carrière.

    • Marc-André Fortier - Abonné 14 mai 2012 13 h 48

      Monsieur Michaud, si vous avez déjà été syndiqué je vous invite à réfléchir à cette proposition : Que ceux-ci qui désire débrayer le fasse et pour les autres, venez travailler.

      Ça serait extraordianiare non? Plus de disputes à propos des «scabs» et plus de problèmes de perte de productivité non plus, on n'a qu'à engager d'autres employés pour remplacer ceux-ci qui font le piquet à l'entrée...

      Les étudiants sont dehors suite à un vote. Je n'ai pas voté pour monsieur Charest et pourtant j'accepte le choix d'une majorité de québécois en me disant qu'au prochaines élections peut-être que cette fois le choix se fera de mon côté.

      Au lieu de faire des demandes d'injonctions, les étudiants n'ont qu'à voter contre la grève et si celle ci est reconduite, accepter le résultat du vote. On appelle çà vivre en démocratie.

  • Mireille Deschamps - Inscrite 14 mai 2012 10 h 06

    On a frappé sur mes étudiants

    Je suis enseignante au Collège de Rosemont. Étant donné la décision de la direction de forcer le retour en classe et en vertu de mon contrat de travail, je devais aujourd'hui donner mes cours malgré le vote de grève des étudiants. J'ai vu ce que jamais je n'aurais cru voir un jour au Québec: des policiers ont frappé à coup de matraque sur les étudiants qui avaient pacifiquement érigé un piquet de grève.
    Vous dire combien j'ai mal au coeur...

    • Richard Guillemette - Inscrit 14 mai 2012 12 h 42

      Déplorable, désolant, pitoyable!

      Vous avez un Golden Retriever, vous ne pourrez le dompter pour attaquer les humains. Par contre, avec des Pitbulls, cette race abjecte, ils ont l’essence même de l’attaque.

      Au Québec, nous sommes au même niveau que les états policiers comme la Russie et les pays communistes; si Poutine dit: vargez dans le tas, les fantoches s'exécuteront. Pas de cœur pour leurs semblables, on varge dans le tas, comme mentionne Christian Montmarquette, et ce, sur des étudiants non violents.

      Plusieurs ont dit à propos de tout et de rien : « Je ne me retrouve pas dans ce Canada! » Moi, je ne me sens en sécurité nulle part avec cette police qui devrait en principe contribuer à protéger les citoyens. Qui paie leurs salaires coûteux, leurs temps supplémentaires? N’est-ce pas nous, leurs semblables?

    • Frantz Avril - Inscrit 14 mai 2012 12 h 43

      Attention à l'intimidation

      Vous êtes enseignante au Collège de Rosemont, j'espère que vous ne portez aucun carré (rouge ou vert) . Portez un carré ou un autre est acte d'intimidation envers vos etudiants car vous êtes en position d'autorité.

      Vous avez le devoir de réserve.

    • Marc-André Fortier - Abonné 14 mai 2012 13 h 49

      Votre témoignage est important pour la population Mme.Deschamps parce qu'on tente de nous faire croire que les étudiants sont tout sauf pacifiques.