Du logiciel libre au PQ dans Vimont

Du programme informatique au programme… électoral. L’entrepreneur Cyrille Béraud, qui a porté dans les dernières années la cause du logiciel libre et de l’ouverture des données au Québec en s’attaquant entre autres à la Régie des rentes, a décidé de faire le saut en politique sous la bannière du Parti québécois, a appris Le Devoir.

L’homme vient de déposer officiellement sa candidature à l’investiture dans la circonscription de Vimont, à Laval, en vue des prochaines élections. Il est actuellement seul en lice.


« Le Parti québécois est le seul parti politique qui a travaillé sérieusement le dossier du logiciel libre, a indiqué hier M. Béraud, lors d’un court entretien téléphonique. Dans les dernières années, en défendant cette cause sur la place publique, j’ai pris conscience de l’importance du logiciel libre pour le développement de la société. C’est un élément essentiel de la modernité, de l’ouverture d’esprit, de la confiance et désormais, je veux amener cette réflexion sur un autre terrain. »


Actuellement, M. Béraud est le seul candidat péquiste déclaré dans Vimont. Sa démarche est appuyée par François Leblanc, ancien directeur de cabinet de Gilles Duceppe et militant influent du PQ dans la couronne nord de Montréal. Outre M. Béraud, David Laneville convoite ce siège de député pour le compte de Québec solidaire. Pour le moment. L’actuel élu, Vincent Auclair, du Parti libéral du Québec, a décidé de ne pas se représenter à son propre poste.


Entrepreneur informatique, président de Savoir-faire Linux et actuel président de la Fédération québécoise des communautés et industries du libre (FQCIL), M. Béraud, 50 ans, s’est fait connaître en dénonçant devant les tribunaux un contrat partial accordé à Microsoft par la Régie des rentes qui faisait volontairement abstraction du logiciel libre. Il a remporté sa cause. Très récemment, il s’est retrouvé en première ligne pour dénoncer l’attribution d’un contrat similaire par l’Assemblée nationale ne laissant aucune place à ce type de logiciel qui, selon lui, pourrait permettre de développer une industrie informatique plus solide au Québec en plus de réduire les coûts de fonctionnement de l’appareil administratif.

6 commentaires
  • Jeremy Bernatchez - Inscrit 9 mai 2012 08 h 58

    Tant mieux !

    Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement s'est entêté aussi longtemps à refusé systèmatiquement les logiciels libres dans les appels d'offres... Comme si c'étais moins efficace, parce que c'est gratuit. Au moins dans le cas de l'utilisation des logiciels libres on perd beaucoup moins d'argents étant donné qu'on ne paye aucune licence d'utilisation. Les côuts vont dans l'installation et la configuration, c'est tout.

  • Joey Hardy - Inscrit 9 mai 2012 10 h 40

    Passer à l'action

    Voilà, il ne reste qu'au PQ qu'à passer des paroles aux actes en utilisant eux-mêmes les logiciels libres dans leurs bureaux pour prouver que cette solution est viable au reste des représentants de l'Assemblée nationale.

  • Claude Coulombe - Abonné 9 mai 2012 14 h 28

    Un « Plan numérique libre! » pour le Québec

    Tôt ou tard, il va falloir se résoudre à se débarrasser du monopole de Microsoft. Mettons fin à la taxe Microsoft et économisons près de 500 millions juste en éducation de quoi instaurer la gratuité scolaire à tous les niveaux et lancer un « Plan numérique libre »!

    Avec plus d'un millard à investir à l'échelle du gouvernement et des milliers d'emploi créés, le chantier de la conversion aux logiciels libre est un véritable « Plan Nord » pour les technologies de l'information au Québec.

    Cela prend du courage et de la vision.

  • Alexandre Rochefort - Inscrit 10 mai 2012 11 h 17

    Logiciel gratuit... pas aussi simple

    Je travaille personnellement en informatique, je suis gestionnaire de parc informatique dans un Centre de Santé de Services Sociaux.

    J'ai eu l'occasion de travailler dans d'autres compagnies qui utilisaient notemment du "OpenSource" comme on dit. Le problème avec avec le OpenSource, c'est que l'argent économisée sur les logiciels est au plus souvent perdue avec les coûts du personnel qui y est relié. Le OpenSource requiert une forte expertise, qui coûte souvent plus cher que l'achats de logiciels.

    Ici nous sommes un très petit CSSS, nous roulons le parc à deux, soit moi et un tech, avec Microsoft tout se fait à merveille, les seuls serveurs auxquels nous avons un contrat de service sont justement nos serveurs Linux. Les serveurs Microsoft se gèrent d'eux-même alors que tout ce qui est Linux requiert une main d'oeuvre quasi-constante, et l'absence de standards et du support industriel en font des système lourds à gérer.

    Je suis d'accord qu'il est possible de faire une gestion efficace avec du OpenSource, mais il faut s'assurer de le faire avec une bonne main d'oeuvre qualifiée et pas n'importe comment, sinon on se retrouve avec des systèmes plus coûteux encore que le Microsoft.

  • Claude Coulombe - Abonné 10 mai 2012 14 h 36

    Apprendre Linux ou Microsoft?

    @Alexandre Rochefort

    Oui, je conviens que le logiciel libre n'est pas gratuit au sens qu'il faut bien apprendre à s'en servir. Mais en 2012, Linux (dont Ubuntu) n'est pas plus compliqué à apprendre pour un technicien digne de ce nom qu'un logiciel de Microsoft. D'ailleurs, la connaissance des logiciels Microsoft n'est pas inscrite dans le code génétique... Il faut l'apprendre... et souvent à grand frai$.

    Aussi, au lieu « Les serveurs Microsoft se gèrent d'eux-même » vous auriez dû écrire: « Pour quelqu'un qui a été formé aux logiciels Microsoft, il a l'impression que les serveurs Microsoft se gèrent d'eux-même ». C'est pareil pour un technicien Linux.

    De plus, vous seriez surpris du nombre de connaissances et compétences qui sont transférables de « Microsoft » à « Linux » et l'inverse. C'est de l'informatique après tout! Et ça permet d'étendre et généraliser ses connaissances.

    Cela est encore plus vrai du côté des applications bureautiques où souvent un éditeur de texte « LibreOffice » ou « OpenOffice » est plus proche d'une version d'Office pour Windows XP que de la plus récente version sous Windows 8. Il y a aussi des offres d'applications infonuagiques (cloud) très intéressantes.

    Je terminerai en disant qu'il ne faut pas avoir peur d'apprendre de nouvelles choses car « savoir » libère et enrichit!