Pomerleau fait appel à Marcel Aubut

Le pont Mercier est sous surveillance constante et a nécessité de nombreuses interventions d’urgence au cours des derniers mois.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le pont Mercier est sous surveillance constante et a nécessité de nombreuses interventions d’urgence au cours des derniers mois.

L’entrepreneur Pomerleau tente de remettre la main sur les travaux de réfection du pont Mercier en faisant appel au lobbyiste Marcel Aubut.

Le registre des lobbyistes indique que Pomerleau souhaite obtenir le contrat de remplacement du tablier du pont « autrement que dans le cadre d’un appel d’offres public ». Me Aubut a donc été embauché pour « convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision de résilier le contrat ».


En effet, le ministère des Transports (MTQ) a décidé de mettre fin au contrat le mois dernier à la suite d’un rapport de la firme de génie-conseil Dessau. Selon le ministre Pierre Moreau, Dessau a établi que la conception proposée par Pomerleau « n’était pas un choix optimal pour assurer la longévité de la structure et ne permet pas de respecter le cadre budgétaire ».


Pomerleau a une autre lecture du rapport Dessau. La décision du MTQ de résilier le contrat aurait été motivée par un dépassement de coût « résultant de l’état du tablier pire que ce qui était initialement prévu ».


Qui dit vrai ? Au cabinet du ministre, on maintient qu’il n’y a pas de détérioration prématurée du pont et que seule la proposition technique de l’entrepreneur est en cause. On refuse de rendre public le document compte tenu du fait que le MTQ s’attend à des actions juridiques.


Du côté de Pomerleau, c’est l’attaché de presse du lobbyiste qui a rappelé Le Devoir, soit Dimitri Soudas, l’ancien directeur des communications de Stephen Harper. M. Soudas, qui combine ses fonctions au sein du Comité olympique canadien et celles de relationniste, a refusé de donner quelque indication que ce soit, se bornant à dire qu’il y avait un écart entre le coût estimé et les investissements véritablement nécessaires pour corriger la situation. Il a finalement redirigé Le Devoir vers le MTQ. Chose certaine, Pomerleau semble estimer que le dossier traînera en longueur puisque le mandat accordé à Marcel Aubut s’étend jusqu’en mars 2013.


De fait, l’appel d’offres n’a toujours pas été relancé. Les travaux dont il est question concernent la portion du pont Mercier appartenant au gouvernement du Québec, c’est-à-dire celle enjambant le fleuve Saint-Laurent. L’autre section de l’infrastructure, soit les accès du côté de la Rive-Sud, est une propriété fédérale et les travaux de réfection sont en cours.


Le pont Mercier est sous surveillance constante et a nécessité de nombreuses interventions d’urgence au cours des derniers mois. Il a même été fermé à la circulation avant d’être rouvert partiellement.

2 commentaires
  • Gérard D. Briand - Abonné 8 mai 2012 02 h 09

    Y a t il un pilote dans l'avion en perdition à Ottawa?

    Y a t il un ministre des sports et un commissaire à l'éthique pour nous éclairer dans l'avion en perdition à Ottawa?

    Suis-je le seul qui lit dans cet article un potentiel sinon évident conflit d'intérét et sinon un hausoit le président du Comité olympique canadien financé en grande partie par le gouvernement fédéral et qui agit aussi pour un cabinet privé d'avocats et qui recours aux services d'un employé aux communications de cette même agence para gouvernementale et qui agit aux mêmes moments comme relationniste de presse pour une firme de construction privée ayant embauché ce même avocat de pratique privée?

    • Pierre Vincent - Inscrit 8 mai 2012 07 h 19

      Vous n'avez pas la berlue, c'est bien ce que j'ai lu également et je n'en reviens tout simplement pas...