Conflit étudiant - Attention aux «amalgames», dit Pauline Marois

La chef péquiste, Pauline Marois, met en garde les Québécois contre les « amalgames » dans le conflit étudiant.

Dans un discours au conseil général de son parti à Québec samedi, elle a clairement condamné les violences survenues vendredi à Victoriaville, sur les lieux du conseil général du PLQ. Jean Charest l’a longtemps accusée de ne pas condamner assez fermement la violence dans le mouvement étudiant


Et cette fois, elle a tenu de nouveau à s’en dissocier. « Ceux qui cassent les vitres, ceux qui posent des gestes violents, qui commettent des actes criminels, ce sont des voyous, et il faut les traiter comme tels », a-t-elle appuyé.


Toutefois, il ne faut pas confondre les casseurs avec la jeunesse québécoise qui manifeste paisiblement, a-t-elle ajouté, comme le 22 mars dernier, lorsqu’une foule estimée à 200 000 personnes a marché dans les rues de Montréal pour protester contre la hausse des droits de scolarité. « Attention aux amalgames ! a-t-elle prévenu. Ces voyous n’ont rien à voir avec la jeunesse québécoise. Nos jeunes, ils sont dynamiques, intelligents, allumés et généreux. »


Présent au conseil général, le syndicaliste Marc Laviolette, une des figures les plus militantes du PQ, a aussi déploré les incidents, tout en décochant une flèche vers le gouvernement. La situation lui rappelle les grèves étudiantes contre la guerre du Vietnam à la fin des années soixante.


« Un conflit social qui pourrit, dégénère, et le gouvernement a tout fait pour qu’il dégénère, a-t-il dit dans un point de presse. M. Charest, qu’est-ce que sa non-négociation fait ? C’est rendu qu’il y a de la police partout sur les campus. M. Charest attend-il qu’il y ait un mort ? »


Sur le blitz de négociations entre étudiants et le gouvernement qui s’est poursuivi sans interruption à partir de vendredi après-midi, le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, estime que le gouvernement essaie de faire du rattrapage dans une situation qu’il a d’ailleurs laissée pourrir. Les libéraux sont en train de perdre la face, a-t-il jugé.


« On a perdu deux mois et demi, qui ont coûté cher aux Québécois, qui ont coûté cher à la paix sociale, a-t-il dit en point de presse avant le début du conseil général. Nous souhaitions depuis le début que le gouvernement s’assoie avec les étudiants, et il a refusé. Hier [vendredi], il a fait une volte-face, il aurait dû le faire bien avant. »

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