Manifestation à Victoriaville - Deux manifestants toujours hospitalisés dans un état grave

La capitaine Jean Finet, de la Sûreté du Québec, a estimé que les policiers avaient bien fait leur travail au cours de cette soirée chargée et que leur plan de match sera à peu près le même pour le reste de la fin de semaine.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La capitaine Jean Finet, de la Sûreté du Québec, a estimé que les policiers avaient bien fait leur travail au cours de cette soirée chargée et que leur plan de match sera à peu près le même pour le reste de la fin de semaine.

Victoriaville - Deux jeunes hommes blessés lors de la manifestation d'hier soir à Victoriaville étaient toujours hospitalisés dans un état grave cet après-midi au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHTR).

L'un d'eux, âgé dans la vingtaine, demeure sous surveillance étroite à l'unité des soins intensifs, où il a été admis la veille, vers 23h30.

Dans un bref communiqué de l'hôpital, on indique que son état de santé est stable, mais que le jeune homme devra être opéré après avoir subi des blessures à la tête et au visage. Il a perdu l'usage d'un oeil et souffre d'un traumatisme crânien léger.

L'autre blessé, également âgé dans la vingtaine, demeure toujours sous observation à l'urgence. Il souffre de fractures au crâne et au visage ainsi que de contusions.

Leur identité n'a pas été divulguée par l'hôpital pour respecter l'intimité des familles des victimes.

Trois membres du collectif Lux Editeur, qui étaient sur place hier, ont indiqué sur le réseau social Facebook qu'un des manifestants blessés l'a bel et bien été «d'une balle de caoutchouc [qu'il a] reçu en plein visage.» Ils mentionnent que «la police a refusé d'envoyer une ambulance sur les lieux et nous a dit d'appeler le 911» et qu'elle aurait aussi «empêché les secouristes de faire leur travail en les gazant délibérément et les chargeant.»

Un point de presse a été tenu en avant-midi à Victoriaville par les forces policières, la municipalité et le Centre de santé et de services sociaux d'Arthabaska-et-de-l'Érable, qui visait à faire le bilan des évènements survenus la veille.

Josée Simoneau, du CSSS d'Arthabaska-et-de-l'Érable, a indiqué que neuf personnes ont été traitées à l'urgence pour des blessures subies lors des affrontements. De ce nombre, trois sont des policiers, qui ont tous reçu leur congé.

Par ailleurs, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont procédé à quatre nouvelles arrestations aujourd'hui, dont à trois à titre préventif, à proximité du Palais des congrès de Victoriaville où se poursuit le Conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ). Le quatrième individu, également en possession d'un masque et de bâtons, a été arrêté pour bris de conditions. Il était toujours détenu samedi après-midi.

Ces arrestations surviennent au lendemain des manifestations de la veille qui ont tourné à l'émeute à Victoriaville entraînant 106 arrestations.

Dans un bilan de la SQ samedi matin, le capitaine Jean Finet a indiqué que les policiers ont procédé à plusieurs arrestations à bord d'autobus de manifestants qui avaient été interceptés alors qu'ils rentraient à Montréal.

La plupart de ces individus avaient été relâchés samedi avant-midi sous promesse de comparaître.

Le maire de Victoriaville, Alain Rayes, a exprimé son désarroi devant les violences observées. Il s'est cependant dit heureux de constater que peu de dégâts matériels avaient été recensés dans sa ville, à l'exception du secteur du Palais des congrès.

Selon la Sûreté du Québec, plus de 2000 personnes manifestaient dans le calme, vendredi soir, lorsque des casseurs se sont mis de la partie, en lançant toutes sortes de projectiles, dont des boules de billard. Les policiers anti-émeute ont riposté en ayant recours à des gaz irritants et des balles de caoutchouc.
4 commentaires
  • Eric Langlois - Inscrit 5 mai 2012 17 h 27

    Si 2000 personnes maniefstaient dans le calme

    Comment se fait-il que tout le monde a été chargé par la police politique?
    comment se fait-il que la police a foncé avec des véhicules sur les gens ? Il y a des vidéos sur ça.

    comment se fait-il que la police a tiré sur les manifestants avec des armes "quasi mortelles" au point de blesser gravement, de presque sectionner une oreille, de crever un oeil et de causer des fractures du crâne ?
    qui va punir ces massacreurs qui ont "protégé" une assemblée du parti au pouvoir?

  • F. Viau - Inscrit 5 mai 2012 17 h 32

    Ignominie

    Deux jeunes hommes sont blessés gravement, un a perdu l'oeil, et le maire de Victoriaville est content qu'il n'y est pas eu de bris matériel.

    Trois policiers blessés légérement? Et combien de manifestants blessés légérement qu'on ne recensera pas? Pourquoi parle-t-on toujours des blessures graves chez les manifestants et des blessures légères chez les policiers? Le fait qu'il y est des policiers un peu blessés excuserait la force démesurée, les armes dangereuses qui amènent des manifestants a perdre des yeux et peut-être la vie?

    Et les criminels seront seulement du côté des manifestants. Et «la violence ne sera jamais une solution» Jean Charest (sauf si, bien sûr, la solution est a notre avantage).

  • Louis Bourque - Inscrit 5 mai 2012 18 h 46

    dégoût, pleurs, condamnation : soulager la destruction vaine

    Je ne sais interpréter politiquement les actes de barbarie que j'ai vu sur YouTube, étant absent du lieu des faits. Ces actes ne sont pas producteurs d'ordre d'une part, et n'ont aucune signification politique de l'autre. Je suis profondément attristé, et révolté d'apprendre qu'un policier puisse tirer en plein visage d'un jeune. Je suis profondément attristé, et révolté de voir qu'un groupe de jeunes puisse se ruer, asséner coups de pied et de bâton à un policier au sol.

    Aux policiers, puisque vous êtes armés, je vous demande d'apprendre à susciter la parole démocratique. Car l'ordre que vous défendez n'est jamais neutre, et les problèmes sociaux doivent se poser. L'occupation du domaine public, l'association et l'expression citoyenne sont des droits, et la condition de la paix sociale. Apprenez à prévenir, à justifier publiquement chacuns de vos gestes; cela crée la démocratie. Si vos actions furent offensives, excusez-vous, je vous prie.

    Si vous voyez des casseurs, qu'ils soient professionnels (gouvernementaux?) ou amateurs, arrêtez-les tôt, tout en permettant à la parole d'avoir cours.

    Aux voyous qui ont battu les policiers, je vous demande de vous mettre dans la peau d'un homme, d'une femme qui ne peut avoir voix, qui est chargée de protéger d'autres gens (au delà de l'ordre oligarchique puant), aussi pourvue d'une dignité à ne pas violer. Cette dignité, vous la perdez lorsque votre but est de briser une personne. Alors que vous auriez pu l'affirmer en parlant, et accomplir votre cause avec détermination. Il ne vous reste qu'à vous excuser.

    Frappé par une voiture, j'ai aussi subi un trauma crânien; je me conçois facilement victime de l'ordre dangereux de la circulation automobile, emêchant à des fins politiques l'occupation sensible ou citoyen de la voie. Pourtant, je refuse la barbarie car elle ne signifie rien socialement, et ne peut rien accomplir. Au contraire, je lutte neurologiquement pour former une parole s

  • Jean-Marie Comeau - Abonné 6 mai 2012 12 h 09

    Qui commence, qui riposte...

    Dans les réseaux sociaux, plusieurs personnes dignes de confiance ont affirmé que ce sont les policiers qui ont chargé, après avoir éloignés les manifestants qui avaient dépassé les barrières, à coup de gaz, tout les monde et ce sans avertissement. Qui a commencé, mais surtout, assistons-nous, dans des articles comme le vôtre, à une justification d'une violence policière la rendant socialement acceptable?