Congrès du PLQ: l'antiémeute intervient à Victoriaville

La manifestation a été déclarée illégale par la Sûreté du Québec (SQ) vers 18h30 et les escouades antiémeutes présentes en grand nombre ont usé de grenades assourdissantes et de gaz irritants pour repousser la foule de manifestants, qui bordait le centre des congrès de Victoriaville accueillant les libéraux.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La manifestation a été déclarée illégale par la Sûreté du Québec (SQ) vers 18h30 et les escouades antiémeutes présentes en grand nombre ont usé de grenades assourdissantes et de gaz irritants pour repousser la foule de manifestants, qui bordait le centre des congrès de Victoriaville accueillant les libéraux.

Victoriaville - Les habituelles scènes d’affrontements entre forces policières et étudiants dans la métropole se sont transportées à Victoriaville, en soirée, où les militants libéraux de Jean Charest se réunissent en conseil général pour se donner un programme électoral.

Une manifestation a été déclarée illégale par la Sûreté du Québec (SQ) vers 18h30 et les escouades antiémeutes présentes en grand nombre ont usé de grenades assourdissantes et de gaz irritants pour repousser la foule de manifestants, qui bordait le centre des congrès de Victoriaville accueillant les libéraux.
 

Des manifestants, dont certains étaient masqués, auraient lancé divers projectiles en direction du bâtiment.
 

Le conseil général, qui se déroule à huis clos, a commencé aux environs de 18h45, après que les portes de l’édifice aient été verrouillées. Une vitre du hall du centre des congrès a volé en éclats, tandis que la police antiémeute forçait les étudiants aux abords de l’édifice à s’éloigner.
 

Plus tôt en journée, le premier ministre Jean Charest avait déclaré ne pas croire que les manifestations étudiantes allaient perturber les travaux des militants libéraux réunis en à Victoriaville, tout le week-end. Devant les journalistes, M. Charest s’était montré serein et rassurant.
 

«Ça fait partie de la vie politique qu’il y ait des moments comme ça qui sont plus intenses. Espérons que ça se passe bien, je pense que ça va bien se passer», a dit M. Charest, lors d’un bref point de presse non planifié, à son arrivée à Victoriaville, accompagné de son épouse Michèle Dionne.
 

Des mesures de sécurité exceptionnelles entourent le centre des congrès, ceinturé de clôtures, où se situe l’événement. La Sûreté du Québec a déployé un imposant contingent de policiers, beaucoup plus qu’habituellement pour ce genre d’événement, afin de permettre aux libéraux de se rencontrer sans être intimidés.


À l’Hôtel Le Victorin, attenant au centre des congrès, ce sont des policiers de la SQ qui accueillent visiteurs et clients. Dans les couloirs de l’hôtel, on ne peut faire un pas sans croiser un agent de la SQ.
 

Le premier ministre Charest doit s’adresser vers 19h20 à quelque 500 militants venus de toutes les régions pour discuter autour du thème «Ensemble pour un Québec plus grand».
 

Demain, le moment fort de la journée sera un dîner-conférence coprésidé par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, venus expliquer aux militants la position du gouvernement sur la hausse controversée des droits de scolarité.


Tout le week-end, les travaux des militants libéraux feront suite aux résolutions adoptées lors du congrès du PLQ de l’automne dernier.
 

Depuis des jours, la ville de Victoriaville est sur un pied d’alerte. Aujourd'hui, devant le centre des congrès, le maire de la ville, Alain Rayes, multipliait les entrevues, comme il le fait depuis quelques jours, pour énumérer les nombreuses mesures préventives prises en vue d’éviter que les commerçants subissent des dommages à la suite du passage des manifestants.


Le maire a mis sur pied une cellule de crise, pour s’assurer que les services d’urgence (pompiers, ambulances) seraient disponibles, au besoin.
 

Voisin du centre des congrès, un concessionnaire d’automobiles a dû soustraire ses véhicules à la vue des passants.
 

À quelques kilomètres du centre des congrès, le cégep de Victoriaville, qui a tourné le dos au mouvement de grève, a fermé ses portes il y a deux jours, pour éviter tout risque de casse.
 

L’événement a aussi provoqué un déploiement médiatique impressionnant.

Tout ce branle-bas fera l’affaire des hôteliers: à des kilomètres à la ronde, on ne trouve plus une seule chambre d’hôtel.

19 commentaires
  • Fille Ordinaire - Inscrit 4 mai 2012 21 h 30

    Ajout

    J'allais dire "surveillons les prochaines déclarations des politiciens" mais j'ai été devancée :

    "Il est temps que la raison prenne le dessus», prévient Charest. (source : cyberpresse).

    Je pense malheureusement qu'il vient de gagner une grande bataille d'opinion publique en s'assurant de présenter le contraste maximal entre son image d'homme raisonnable, qui prend son travail très au sérieux, et ces "hordes de barbares" hors de contrôle qui, au même moment, "sèment la terreur" dans les rues d'une ville paisible de région...

    Suis-je paranoïaque, docteur, ou ai-je sous les yeux une formidable récupération à son avantage de la colère étudiante?

    • Fille Ordinaire - Inscrit 4 mai 2012 22 h 56

      Précision:

      Le commentaire ci-dessus s'intitule "ajout" parce que celui qui devait le précéder a été refusé à la modération (probablement à cause des hyperliens).

      J'y faisais référence aux trois points suivants :

      1) L'amalgame constant et, à la base, injustifié, entre "manifestation" et "violence" (ou entre "désobéissance civile" et "violence") depuis plusieurs semaines dans certains médias;

      2) La préparation, à la base démesurée, de la ville de Victoriaville, dont il a été récemment question dans un média concurrent (comme si un cataclysme était attendu);

      3) La notion de "prophétie autoréalisatrice" (au besoin, voir la définition sur Wikipedia).

      C'était mes "50 cents" ou, comme certains aiment le dire, ma "juste part" dans le débat...

    • Martin Parenteau - Inscrit 4 mai 2012 23 h 40

      Même si Jean Charest n'avait rien dit, les images parlaient d'elles-mêmes. Des policiers en ligne qui se font tirer des roches, des morceaux de pavé et des boules de billard. Puis un policier qui se fait tabasser. Indéfendable.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 5 mai 2012 00 h 40

      Oui mais vous ne pouvez pas dire que les étudiants (ces jeunes ados) n'ont pas tout fait pour lui servir sur une assiette en or.....

    • Fille Ordinaire - Inscrit 5 mai 2012 09 h 52

      En effet, les gestes que nous avons pu voir sont troublants et inexcusables.

      Qui sont ces gens qui lançaient des pavés et des boules de billard?

      À maintes reprises au cours des dernières semaines les étudiants nous ont prouvé qu'ils pouvaient manifester pacifiquement. Ils ont été solidaires, créatifs, patients, tenaces, au delà de tout ce que j'aurais pu imaginer.

      Jusqu'à preuve du contraire, je refuserai catégoriquement que cette violence leur soit attribuée.

  • Catherine Paquet - Abonnée 4 mai 2012 21 h 40

    Rien qu'à voir on voit bien...

    On ne peut pas tirer une conclusion définitives, mais on sait que 50 autobus (loués par qui?) sont arrivés à Victoriaville amenant environ 2500 manifestants autour du Centre des congrès ou se réunissait le parti libéral du Québec.

    Le désordre a immédiatement commencé. Les barrières ont été renversées. La violence a éclatée. Des projectile apportés sur place ont été lancés. Despoliciers ont été blessés et agressés par des maifestants qui visiblement n'étaient pas tous des Black Block.

    Les leaders étudiants (sans doute à l'invitation des autres paticipants) ont quitté pour un instant les négociations au Sommet de Québec pour demander à leurs membres de revenir au calme.

    10 minutes plus tard, les autobus ont repris les manifestants et se sont mis en route vers leurs points de départ. Un calme total a immédiatement régnét autour du Centre des congrès de Victoriaville.

    Si quelqu'un peut avoir une telle influence sur des manifestants pour les ramener aucalme dans de telles circonstance, pourquoi n'a-t-il pas utilisé son influence pour empêcher que de tels comportements n'aient lieu?

    • Léandre Nadeau - Inscrit 5 mai 2012 02 h 46

      Monsieur Paquet, vous racontez en détail le dérouelemt de la manif. Étiez-vous là ?

  • Louka Paradis - Inscrit 4 mai 2012 21 h 51

    Évidemment !

    C'était écrit dans le ciel qu'il y aurait de la provocation et de la violence. D'où viennent-elles ? Mystère et masques noirs... Disons que ça sert bien la cause de ceux qui tentent de gagner des votes en imposant la loi et l'ordre. Demain midi, le dîner-con-férence sera présidé par nulle autre que l'impayable ministre Beauchamp (elle aime bien les déjeuners et les dîners en bonne compagnie) : peut-être est-elle sûre d'annoncer une issue de la crise, concoctée depuis longtemps par Pilote, stratèges et cie... Ça sent le scénario scripté à plein nez : des élections dans quelques semaines avec ça ??? On verra... comme dirait un autre chef qui par magie remonte ce matin dans les sondages pour diviser le vote :))) Et que la croisière s'amuse !
    Louka Paradis, Gatineau

  • Catherine Paquet - Abonnée 4 mai 2012 22 h 12

    Si on condamnait vraiment la violence...

    On ne peut pas tirer une conclusion définitives, mais on sait que 50 autobus (loués par qui?) sont arrivés à Victoriaville amenant environ 2500 manifestants autour du Centre des congrès ou se réunissait le parti libéral du Québec.

    Le désordre a immédiatement commencé. Les barrières ont été renversées. La violence a éclatée. Des projectile apportés sur place ont été lancés. Despoliciers ont été blessés et agressés par des maifestants qui visiblement n'étaient pas tous des Black Block.

    Les leaders étudiants (sans doute à l'invitation des autres paticipants) ont quitté pour un instant les négociations au Sommet de Québec pour demander à leurs membres de revenir au calme.

    10 minutes plus tard, les autobus ont repris les manifestants et se sont mis en route vers leurs points de départ. Un calme total a immédiatement régnét autour du Centre des congrès de Victoriaville.

    Si quelqu'un peut avoir une telle influence sur des manifestants pour les ramener aucalme dans de telles circonstance, pourquoi n'a-t-il pas utilisé son influence pour empêcher que de tels comportements n'aient lieu?

  • Ben Gagnon - Inscrit 4 mai 2012 22 h 19

    Sensation garantie

    J'y étais. En tant que pacifique. Je me suis tenu loin de tout ce grabuge (un minimum de 50 métres). J'ai quand même ressenti les effets des gaz. Ce qu'on ne dira pas dans les médias, ce sont tous les autres pacifiques (qui étaient en grande majorité), comme moi, qui ont été blessés grièvement par les policiers. Ce qu'on ne vous dira pas, c'est qu'il y avait même des enfants et des personnes âgées à cette manifestation, jusqu'à tard le soir. Mais ça, ce n'est pas important... Non, ce qui est important, c'est le sensasionalisme. Bravo. Franchement bravo à la désinformation sélective.

    Merci aux étudiants en technique infirmière d'avoir aidé les blessés. Merci aux paramédics. Merci aux manifestants pacifiques. Voilà tout ce qu'il y a à dire.

    • Martin Parenteau - Inscrit 4 mai 2012 23 h 43

      Apparemment, les gaz se faisaient sentir aussi à l'intérieur du centre des congrès. Un peu plus et Jean Charest faisait son allocution devant un auditoire en larmes.

    • Léandre Nadeau - Inscrit 5 mai 2012 03 h 06

      merci pour votre témoignage, un témoin vivant de la scène.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 5 mai 2012 08 h 44

      Après tous ces émeutes, pensez-vous que c'étais une bonne idée d'y aller avec des enfants?????