Les étudiants déposeront une contre-proposition demain

Québec — Les leaders étudiants entendent reprendre l’offensive demain avec le dépôt d’une contre-proposition au gouvernement Charest à «coût nul» pour les contribuables. La contre-offre ne fera aucun compromis sur le gel des droits de scolarité mais épargnera néanmoins les contribuables de toute charge supplémentaire, a indiqué aujourd'hui la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins.

«C’est non seulement à coût nul mais on fait économiser de l’argent. Je dirais même que la proposition se porte à la défense des contribuables», a dit la leader étudiante lors d’une entrevue accordée à La Presse canadienne.

La proposition sera rendue publique à Montréal par la FEUQ et la Fédération étudiante collégiale (FECQ). Le regroupement le plus militant, la CLASSE, a été avisé de la démarche.

Inspirée des informations obtenues à la table des discussions avec le gouvernement la semaine dernière et fruit des délibérations de la fin de semaine, la contre-proposition que s’apprêtent à soumettre les étudiants permet enfin d’espérer «une sortie de crise», a soutenu la présidente de la FEUQ.

«Nous, on croit que c’est une sortie de crise. On a écouté beaucoup d’experts, on a épluché nos recherches, on a revu notre argumentaire et si le gouvernement veut discuter de la proposition, nuancer certains éléments, on est toujours très ouvert», a-t-elle fait valoir.

Pour la présidente de la FEUQ, «l’offre globale» soumise par le gouvernement Charest vendredi n’est tout simplement pas acceptable. Non seulement l’offre maintient la hausse des droits de scolarité mais elle alourdit la facture refilée aux étudiants compte tenu de l’indexation.

«On se bat contre l’augmentation des droits de scolarité et c’est une proposition qui vise à hausser les droits de scolarité. Vous comprendrez que nos associations ont pris ça comme une insulte», a-t-elle dit.

Pas de médiateur
...

Selon Mme Desjardins, la contre-proposition n’inclura pas la nomination d’un médiateur au dossier même si toutes les associations étudiantes, y compris la CLASSE, sont favorables à l’intervention d’un tiers dans le débat.

La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, n’a pas complètement fermé la porte lundi à la nomination d’un médiateur mais a prévenu les associations étudiantes qu’elles devront d’abord assouplir leurs positions.

S’ils souhaitent dénouer l’impasse, les leaders du mouvement de boycott doivent «envoyer un signal» et abandonner leur revendication en faveur du gel des droits de scolarité, a fait savoir la ministre en point de presse.

«Ça va prendre un signal que le débat ne porte pas uniquement sur: "je ne veux pas ma facture et donnez là à quelqu’un d’autre". Ça va prendre un autre débat car si ça revient toujours au gel des droits de scolarité, je vais être très claire, je vais toujours refuser de transférer la facture à l’ensemble des contribuables québécois», a tranché Mme Beauchamp.

Alors que s’amorce la 12e semaine de boycott dans les universités et les cégeps, la ministre Beauchamp a appelé les étudiants «de la base» à prendre le temps de bien soupeser «la solution globale» soumise par le gouvernement.

Québec propose en outre d’étaler sur sept ans plutôt que cinq l’augmentation de 1625 $ des droits de scolarité. L’offre est assortie de bonifications aux bourses et aux prêts.
À peine rendue publique vendredi, la proposition du gouvernement était déjà décriée sur toutes les tribunes par les leaders étudiants.

La ministre reproche à ces derniers de demeurer braqués sur le gel des droits de scolarité plutôt que de faire les compromis nécessaires pour aplanir les différends.
«Il va falloir qu’il y ait du mouvement du côté étudiant. On ne peut pas dire: je suis en négociation, je veux un médiateur et ne jamais bouger. Ça n’a jamais bougé après 12 semaines», a-t-elle relevé.

Deux cégeps annulent leurs cours

Deux cégeps ont à nouveau décidé de ne pas donner de cours aujourd'hui, soit le cégep de Saint-Laurent, à Montréal, et le cégep de Sherbrooke en raison de la présente de piquets de grève devant les portes de ces institutions.

Pendant ce temps, les Fédérations étudiantes collégiale et universitaire sont à consulter leurs membres et se préparent à présenter — possiblement dès demain — une contre-proposition aux offres du gouvernement Charest qui serait assortie d’une demande de médiation.

À la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), le comité de campagne, une instance mise sur pied durant le conflit, est à analyser les options devant lesquelles se trouvent leurs membres. Ceux-ci sont à être consultés dans diverses assemblées générales et leur position devrait être connue d’ici mercredi.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), quant à elle, procède également à des consultations de ses membres, mais on ne s’attend pas à avoir de résultat avant vendredi.

La CLASSE, qui a consulté ses instances en fin de semaine, a déjà fait part de son rejet des offres gouvernementales.

Entre-temps, la mobilisation se poursuit. Les étudiants ont l’intention de se joindre en grand nombre à la manifestation de la Jounrée internationale des travailleurs, le 1er mai, soit ce mardi, et les manifestations quotidiennes, qui ont lieu en soirée à Montréal et que l’ont qualifie «d’auto-organisées», doivent se poursuivre.

Les étudiants prévoient également se rendre en très grand nombre à Victoriaville le week-end prochain, à l’occasion du conseil général du Parti libéral du Québec. D’autres groupes de pression désireux de faire part de leur mécontentement envers le gouvernement Charest pour différentes causes y sont également attendus.
63 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 30 avril 2012 13 h 36

    Les étudiants sont ouverts, eux

    Ils sont prêts à discuter avec vous même sans que vous ayez fait de compromis ni condamné la violence.

    Franchement, madame Beauchamp, jusqu'à quand serez-vous aux ordres du PM?

    • Bubba Sceduba - Inscrit 30 avril 2012 16 h 53

      C'est vrai, les étudiants eux sont ouverts après avoir tout fait pour retarder le processus de négociations.

      Ça fait près de 80 jours que le gouvernement ce fait niaiser par les étudiants.

      Wake up.

    • Louka Paradis - Inscrit 30 avril 2012 17 h 24

      À Sceduba : je vous ferai remarquer que c'est la ministre Beauchamp qui a mis fin aux négociations sous un prétexte fallacieux. Et la voilà encore qui pose une condition avant d'envisager la médiation... Un réflexe de peur, d'après moi. Et s'il fallait que les étudiants apportent des solutions réalistes qui démontrent que la hausse des frais n'est pas nécessaire ? JJCharest et elle ont peur de perdre la face devant ces jeunes informés, brillants et courageux. C'est clair comme de l'eau de roche...
      Louka Paradis, Gatineau

    • Francois G - Inscrit 30 avril 2012 17 h 30

      Sont prêts à ne faire aucun compromis sur le dégel des frais de scolarité?

    • M. Enseignant - Inscrit 30 avril 2012 17 h 46

      @Bubba Sceduba
      Comme le gouvernement ne voulait pas discuter au début et ce que jusqu'à vendredi j'imagine que votre commentaire relève de l'ironie.

    • Q1234 - Inscrite 30 avril 2012 20 h 40

      La grève dure depuis 11 semaines contre la hausse des frais de scolarité. Les étudiants veulent en parler. Il y a des solutions possibles sans hausser les frais, pourquoi refuser de les envisager?

  • plan sud - Inscrit 30 avril 2012 13 h 46

    petite histoire

    Bien sur il était très petit. Mais déjà il avait compris certaines choses, enfin certaines de ses choses.

    Il voulait vraiment jouer avec nous.
    Avait du plaisir à le faire...si.

    Faut dire qu'il n'avait que 5 ans. Pour lui il était nécessaire de bien suivre les règlements. Enfin ses règlements.
    1-Il décide du jeu.
    2-Avec qui il joue
    3-De la durée du jeu (pas de compétion pendant certaines émisions)
    4-Aucune discussion sur le gagnant , il fallait absolument que ce soit lui, personne d'autres.
    5-Tout autre changement devait etre fait selon ses critères et désirs.
    6-et finalement aucune plaintes, ou contreverse n'étaient acceptables venant des autres joueurs, sinon, il se retirait du jeu.

    Aujourd'hui il a bien vieillit, il est avocat du gouvernement libéral. Il atoujours aimé l'argent.

    Cette histoire n'est que partiellement vraie, dans le seule but de préserver le nom de celui que l'on pourrait confondre dans une possible réalité.

    PS Suite à toutes les pénalités que tu nous a imposé, l'héritage que nous voulions te laissé a compltement fondu. Par chance il te reste encore quelques biens dans le nord...essaie de ne pas tout dillapider, tout de suite. Les oncles Desmarais, du coté de ta mère t'ont quand meme résevés quelques surprises pour ton avenir prochain. Tu n'auras qu'à faire tes valises.

    PPS.
    Si jamais tu t'ennnuies ne viens pas faire de tours à la maison. Tu sais combien ta mère déteste les chicane avec les voisins. Et surtout de les entendre rire quand ils passent devant la maison après ton départ.

  • Monique Bisson - Abonné 30 avril 2012 13 h 46

    Si le ridicule tuait...

    Mme la ministre,

    Qu'est-ce qu'un médiateur peut bien faire s'il ne peut aborder la question de fond du gel des droits de scolarité?

    Je ne sais pas combien de temps nous tiendrons à lire et entendre de telles inepties de la part de la ministre. Qu'elle ait au moins l'honnêté de nous dire qu'elle ne veut rien savoir de la médiation et qu'elle cesse de traiter les Québécoises et Québécois pour les imbéciles qu'ils ne sont pas.

    Monique Bisson, Gatineau

  • Denis Vallières - Inscrit 30 avril 2012 13 h 58

    La "novlangue" nous gagne

    Cet article de la Presse canadienne parle d'emblée de "boycott" au lieu de "grève". Il ne s'agit plus ici du mot lancé par un représentant du pouvoir, mais bel et bien du propre cru d'un journaliste (ou d'un de ses réviseurs ?).
    Je trouve extrèmement dangereux cette simplification syntaxique (la novlangue de "1984"), car elle cause un appauvrissement sémantique qui ferme les horizons possible à l'expression, surtout si elle est subversive. La grève est un mouvement collectif qui porte en soi la contestation pour l'exprimer au grand jour. Tandis que le boycott est un geste individuel des plus conformistes qui ménage en soi le silence et la résiliation; il a tout d'un aveu de démisison, dont la passivité est le fondement.

    • Pierre Brulotte - Inscrit 30 avril 2012 16 h 52

      « (...) il a tout d'un aveu de démisison, dont la passivité est le fondement». C'est probablement pour cette raison que le gouvernement tente d'imposer l'utilisation du terme. Le boycott est une attitude, somme toute, passive et individuelle. Donc, le mouvement serait isolé à une petite minorité qui se contente de critiquer le prix d'un service sans concertation. Le mouvement étudiant est donc tout sauf un boycott.

  • Chantal_Mino - Inscrite 30 avril 2012 14 h 16

    Pas de médiateur sans compromis de Mme Beauchamp, celle-ci devra renoncer à la hausse des frais de scolarité et ...

    ... aller en élection afin de consulter la population québécoise tel que celle-ci l'exige de la part des diverses associations étudiantes qui retournent constamment consulter leur base comme dans tout système démocratique, ce que ne fait aucunement Mme Line Beauchamp et son gouvernement du PLQ.

    Je suis gênée pour elle... Faites ce qu'elle dit, mais pas ce qu'elle fait ... Jeux de mots constamment ... Boycott au lieu de grève ... Diffamations, manipulations et discrédits envers la CLASSE et un de ses porte-parole, etc. Elle a eu un bon cours de politique 101 avec Jean Charest, ça c'est sûr à l'écouter parler aujourd'hui ! Elle a bien changé depuis ses débuts. Elle veut la démocratie dans les associations étudiantes, mais elle ne l'applique pas elle-même et refuse même de rencontrer des citoyen(ne)s de son comté qui ne font pas partie du 1% et de leurs larbins, telle que moi-même ... Elle veut que les associations étudiantes condamne la violence, mais elle justifie sans cesse la violence psychologique et physique envers les étudiants grévistes, dont M. Gabriel Nadeau-Dubois et tout autre personne qui vise le bien commun de la population au détriment du 1% et de leurs larbins. Elle veut bien une médiation, mais les étudiants doivent accepter la décision du PLQ, i.e. du 1% et de leurs larbins, d'augmenter les frais de scolarité et les étudiants doivent se la fermer et accepter le tout, sinon ils vont avoir des représailles sur leurs réussites scolaires, bref pourquoi appelle-t-on ça une médiation et le Québec, une société démocratique et de droit ?

    Mme Beauchamp, appliquez donc vous-même la démocratie et écoutez le peuple qui n'est pas d’accord pour que vous augmentiez les frais de scolarité et plusieurs autres décisions qui vont à l’encontre de notre bien commun. Le printemps québécois, ça vous dit quelque chose ? Si vous choisissez un médiateur en accord avec les associations étudiantes, laissez-le donc faire