Actions étudiantes - Une facture de plus de 4 millions pour les services policiers

L’escouade antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal a dû de nouveau être utlisée hier pour maîtriser une nouvelle manifestation étudiante.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’escouade antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal a dû de nouveau être utlisée hier pour maîtriser une nouvelle manifestation étudiante.

Le printemps rouge coûtera quatre millions de dollars au bas mot aux bleus et aux verts réunis.

Selon des informations colligées par Le Devoir, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a dépensé jusqu'à présent près de deux millions de dollars en heures supplémentaires pour encadrer les quelque 165 manifestations étudiantes survenues sur son territoire depuis la levée des cours il y a deux mois.

De son côté, la Sûreté du Québec (SQ) a dû débourser 1,5 million, comme le révélait jeudi La Presse canadienne.

Total? Environ 3,5 millions de dollars, et le conflit n'est toujours pas terminé. Les violents affrontements survenus hier au Palais des congrès en marge du Salon Plan Nord, où Jean Charest a attisé la colère des étudiants par ses commentaires cinglants, ont mobilisé les escouades antiémeute du SPVM et de la SQ pour une grande partie de la journée.

Les policiers montréalais n'ont toujours pas remis toutes leurs feuilles de présence, si bien que la direction du SPVM s'attend à ce que la facture finale grimpe encore de plusieurs milliers de dollars.

La SQ dispose de données plus complètes. Selon les informations livrées en commission parlementaire par le directeur général de la SQ, Richard Deschenes, le conflit étudiant a occasionné 28 000 heures de travail supplémentaires depuis le début du boycottage des cours.

Tous les calculs portent sur les heures supplémentaires seulement. Ils ne tiennent pas compte des opérations courantes.

Au lendemain de la manifestation monstre du 22 mars, alors que plus de 100 000 personnes avaient défilé de façon pacifique dans les rues du centre-ville pour protester contre la hausse des droits de scolarité, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avait exprimé sa volonté de tenir des discussions avec le gouvernement du Québec sur les coûts importants assumés par le SPVM.

Avec l'escalade des coûts, Montréal sera tentée de frapper un peu plus fort à la porte de Québec, d'autant plus que les débordements sont le résultat d'une décision politique prise par le gouvernement Charest.

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