Les petites entreprises doivent se plier à la loi 101

Québec — La FTQ défendra l'idée d'assujettir les petites entreprises à la Charte de la langue française lors de la rencontre, présidée par la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, sur la Stratégie commune d'intervention pour Montréal, une initiative qui mise exclusivement sur des mesures volontaires pour promouvoir le français dans les milieux de travail.

«On est d'accord pour célébrer les 35 ans de la Charte de la langue française et les efforts qui sont faits. Mais on pense qu'il y a de grandes lacunes encore. Il faudrait mettre les bouchées doubles», a fait valoir le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, dans un entretien téléphonique accordé au Devoir.

Dans le but de faire signer une déclaration sur la promotion du français, Christine St-Pierre a convoqué à une rencontre vendredi prochain des gens d'affaires, des chefs syndicaux ainsi que des représentants des milieux communautaires et de l'éducation.

Le secrétaire général a rappelé que 70 % des immigrants travaillent dans des entreprises de moins de 50 employés, entreprises qui ne sont pas soumises à l'obligation de se franciser en vertu de la Charte. «Il en a plein qui nous échappent parce que la plupart ne sont pas syndiquées», a-t-il signalé.

«Pas à la hauteur»

En octobre 2008, lors du Rendez-vous des gens d'affaires et des partenaires socioéconomiques de Montréal, la FTQ avait décidé de «laisser la chance au coureur», a affirmé Daniel Boyer, et d'accepter que la francisation des petites entreprises ne passe que par des mesures volontaires, une exigence de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Mais quatre ans après la mise en oeuvre de la Stratégie commune, «on constate que ça boite. On ne dit pas que ça n'a pas donné de résultats, on dit que les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu'on attendait, loin de là. Ce n'est pas le grand succès escompté».

Des cours de français sont donnés dans des petites entreprises qui veulent bien se prêter à l'exercice. «C'est encore marginal», a-t-il noté. L'initiative Carrefour francisation qui, notamment, incite les petites entreprises à obtenir une attestation de conformité de l'Office québécois de la langue française (OQLF), est une goutte d'eau dans l'océan. Deux cent vingt-cinq entreprises ont accepté de jouer le jeu et seulement 106 ont reçu leur attestation, selon les données du ministère.

La FTQ dénonce aussi la décision du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) de restreindre l'accès des cours de francisation à temps partiel pour les nouveaux arrivants. «Il faut les mettre en contact le plus rapidement possible avec la langue française. Si les nouveaux arrivants attendent trois, quatre, cinq ou six mois avant d'avoir ce cours-là, ils vont bifurquer vers l'anglais. À Montréal, on est capable de vivre en anglais facilement», a fait observer Daniel Boyer.