Jean Charest reste coi

Jean Charest affirme que les arrestations d’hier prouvent que personne n’est au-dessus des lois.<br />
Photo: Mathieu Bélanger - Archives Reuters Jean Charest affirme que les arrestations d’hier prouvent que personne n’est au-dessus des lois.

Québec — Jean Charest a refusé de répondre hier aux questions sur la présence de militants et sympathisants libéraux parmi les 14 personnes arrêtées par l'Unité permanente anticorruption. Avant d'entrer à la période de questions, le premier ministre a déclaré: «L'opération d'aujourd'hui nous rappelle que personne n'est au-dessus des lois et tant que l'UPAC aura le mandat qu'[elle] a [elle] aura le mandat très très ferme d'aller au fond des choses et de poursuivre ceux qui font l'objet d'allégations.»

Lors d'une activité partisane en 2010, M. Charest avait remis personnellement à Louis-Georges Boudreault, lequel a été arrêté hier, le prix du «militant exemplaire». Le même Boudreault s'est vu remettre par le Directeur général du Québec, en décembre 2011, deux constats d'infractions pour financement illégal. Il avait alors plaidé non coupable. En 10 ans, M. Boudreault a versé quelque 5385 $ au PLQ. Arrêté hier lui aussi, le président d'Écolosol, Normand Trudel, proche de Tony Accurso, avait organisé chez lui une soirée-bénéfice au profit du PLQ en 2004, selon ce que Le Devoir avait dévoilé en octobre 2009. Jean Charest avait fait une apparition à cette soirée dont le ticket d'entrée coûtait 1000 $. Au total, 107 500 $ avaient été recueillis, selon ce que le PLQ avait précisé à RueFrontenac.com en 2009. Quant au maire de Mascouche, Richard Marcotte, visé par un mandat d'arrestation, mais qui se trouve à l'extérieur du Québec, il a été candidat libéral en 2003.

La chef péquiste Pauline Marois s'est dite satisfaite hier que des «gens» aient «au moins été mis en accusation». Selon elle, les résultats de l'UPAC ont tardé à venir. Si le gouvernement avait déclenché une enquête publique plus tôt, les systèmes de corruption auraient pu être enrayés bien avant.

Aux yeux du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ce système est «toujours en place» et l'opération d'hier ne fait que s'attaquer à la «pointe de l'iceberg». «Je continue d'être inquiet des contrats qui se donnent dans les municipalités, qui se donnent par le gouvernement du Québec.» Ex-ministre péquiste, M. Legault a souligné que deux personnes arrêtées hier, André de Maisonneuve et Jean Leroux, avaient été fréquemment vues dans les cocktails de financement du PQ. Des sources ont fait remarquer qu'un des individus interpellés hier, Rosaire Fontaine, avait contribué pour 2500 $ à la campagne de François Legault dans la circonscription de Rousseau en 2006. M. Legault a fait savoir par son attaché de presse que «ce nom ne lui disait rien».

Du reste pour M. Legault, la nouvelle de l'arrestation est un heureux hasard pour le gouvernement, qui cherche selon lui par tous les moyens à déclencher des élections avant l'été. Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a répondu en affirmant ne pas avoir su que l'UPAC allait frapper hier matin: «Je ne pouvais pas le savoir. [...] Je n'ai pas de contrôle et je n'ai pas à avoir de contrôle sur ce qui se passe à l'UPAC», a-t-il insisté.
13 commentaires
  • helene poisson - Inscrite 18 avril 2012 04 h 15

    M. Charest nous présume tous innocents...


    ... mais un jour, le jour viendra pour les électeurs actifs du Québec.

    M. Charest agit en premier ministre en refusant de commenter les arrestations d'un ''militant exemplaire'' et d'un ancien candidat libéral pour ne pas risquer de faire échouer tous les procès.

    S'il allait s'asseoir autour d'une même table avec Mme Beauchamp et tous les représentants étudiants, il poserait un autre geste de premier ministre. Est-ce trop lui demander ?

    M. Charest n'a pas hésité a participer au dernier sprint des négociations pour conclure une entente inédite avec ses fonctionnaires. Peut-il consacrer quelques heures pour la jeunesse québécoise et les générations futures ? Avec moins de corruption, facile de récupérer plusieurs millions pour l'éducation de la nation.

    Sinon, qu'il expédie quelques autres ''bénévoles libéraux'' dans le métro... cette supposition étant aussi gratuite et discriminatoire que celle de M. Charest condamnant spécifiquement la CLASSE et tous ses membres sans autre forme de procès.

    P.S.: peu importe la météo, le 22 avril, il fera beau pour marcher...

    • gero - Inscrit 18 avril 2012 08 h 27

      Belle compréhension de ce personnage qui a des idéaux bien particuliers.Marcher c'est être debout face à un gouvernement assis sur ses principes. ET bientôt des élections levons nous ..
      gérard turcotte

  • Jean Bourgeois - Inscrit 18 avril 2012 08 h 00

    @ 1 poisson

    Vous mêlez tout. Le 22 avril c'est le jour de la Terre, pas une journée de contestation étudiante. Si on veut la Terre belle, on doit manifester pour cela et que pour cela. Quand les étudiants retourneront tous en classe, la terre sera encore plus belle.

    • M. Miclot - Inscrit 20 avril 2012 06 h 37

      Même combat pour la vie ,pour l'avenir.

  • France Marcotte - Abonnée 18 avril 2012 08 h 02

    Du pareil au même

    "Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a répondu (au sujet du déclenchement des élections) en affirmant ne pas avoir su que l'UPAC allait frapper hier matin: «Je ne pouvais pas le savoir. [...] Je n'ai pas de contrôle et je n'ai pas à avoir de contrôle sur ce qui se passe à l'UPAC»"

    Le problème quand on est depuis longtemps avec son parti soupçonné de mentir, c'est que personne ne nous croit, même si on se risque à dire la vérité. On est brûlé, quoi qu'on dise.

  • Airdutemps - Inscrite 18 avril 2012 09 h 00

    Et la main sur le coeur

    Vous aurez remarqué que le PM avait la main sur le coeur lorsqu'il a déclaré : « Nul n'est au-dessus de la loi ».

    Foi de Jean Charest !

    Nous prend-il pour des cruches ?

  • Jean Babin - Inscrit 18 avril 2012 09 h 09

    Sauve-qui-peut

    "Un heureux hasard" (legault)

    Totalement déconnecté legault, des preuves vont être faites que des organisateurs libéraux sont corrompus et ce serait le temps de déclancher une élection.

    En fait Charest est un as de l'astuce, il sait que c'est un cul-de-sac les prochaines élections, que la justice s'approche dangeureusement et que tout cela ira en s'accélérant. Il n'a absolument pas l'intention de passer ses journées à jouer les pompiers avec les arrestations et commission d'enquête à venir, il n'a pas de dauphin pour s'échapper.

    La meilleure solution est de mettre un terme à son mandat avant que l'eau se réchauffe trop et le brûle s'il se retrouve lui-même sur la sellette.

    Faire croire que le PLQ a livré la marchandise qrovoquant l'émerveillement des électeurs est tout simplement une astuce pour lever les pieds le plus tôt possible.

    Charest est en mode sauve-qui-peut, pas pour le PLQ mais pour lui-même. Chaque mois que Charest demeure au pouvoir se traduira par un poid supplémentaire qui, s'il ne dégage pas très vite, va devenir un fardeau tel que son avenir personnel est menacé.