Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Legault et la CAQ plus bas que jamais

La CAQ de François Legault est au plus bas dans les appuis, à 22 % de soutien. C'est à peine quatre points de plus que ce que faisait l'ADQ de Gérard Deltell en octobre dernier.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger La CAQ de François Legault est au plus bas dans les appuis, à 22 % de soutien. C'est à peine quatre points de plus que ce que faisait l'ADQ de Gérard Deltell en octobre dernier.

François Legault doit avoir hâte que Jean Charest convoque des élections. Car au rythme où la Coalition avenir Québec (CAQ) perd des points dans les sondages depuis le mois de janvier, elle rejoindra bientôt les niveaux d'appuis de la défunte Action démocratique du Québec, révèle un nouveau coup de sonde qui confirme l'avance du Parti québécois dans les intentions de vote.

Le sondage Léger Marketing préparé pour Le Devoir et The Gazette montre en effet que la CAQ est au plus bas dans les appuis, à 22 % de soutien. C'est à peine quatre points de plus que ce que faisait l'ADQ de Gérard Deltell en octobre dernier. Depuis le début de l'année, la CAQ est en constante perte de vitesse: au sommet de sa forme, elle culminait à 37 % d'appuis, loin devant le PQ et le Parti libéral. Mais les temps ont changé.

Aujourd'hui, le parti de François Legault se classe troisième dans les intentions de vote, à la queue d'un palmarès dominé par le PQ (33 %).

Les libéraux suivent à 27 %, et Québec solidaire est à 7 %. Par rapport au dernier sondage mené par Léger Marketing — il y a un mois —, le PQ maintient ses appuis, les libéraux perdent un point et la CAQ, deux points.

Cette enquête rejoint ainsi les grandes lignes du dernier sondage Crop-La Presse, publié le 21 mars et qui donnait 34 % au PQ, 30 % au PLQ et 24 % à la CAQ.

Pour Pauline Marois, les nouvelles sont presque toutes bonnes. Plus du quart des Québécois (26 %) estiment qu'elle ferait le meilleur premier ministre, six points devant M. Legault, et sept devant M. Charest. Le PQ maintient ses appuis auprès de l'important électorat francophone (40 %), il a rattrapé les libéraux comme premier choix dans la région montréalaise (30 % pour les deux partis — qui étaient séparés par huit points il y a un mois), et il est premier dans les régions de la province (37 %).

Dans la région de Québec, la lutte est serrée entre péquistes (31 %) et libéraux (32 %). Mais même dans ce terreau fertile de l'ADQ, la CAQ ferme la marche (24 %). Quant au taux d'insatisfaction par rapport au gouvernement Charest, il revient à des niveaux records (76 %) après un léger sursaut en mars.

Consolidation

«C'est un sondage qui confirme deux grandes tendances, souligne Sébastien Dallaire, le directeur de recherche en affaires publiques chez Léger: la domination du Parti québécois et la descente de la CAQ. Pour cette dernière, on ne sait pas si c'est un niveau plancher, parce que la chute est constante depuis le mois de décembre.»

De manière générale, M. Dallaire note que «la CAQ semble avoir simplement remplacé l'ADQ, comme si elle était incapable de s'en différencier. M. Legault n'a pas réussi pour le moment à imposer l'image d'un nouveau parti qui amène du changement. C'est ce qui faisait sa force au départ, cette idée de nouveauté plaisait aux Québécois. Là, c'est disparu et le PQ paraît avoir hérité du monopole de l'idée de changement».

Ainsi Pauline Marois pourrait-elle penser à un statut majoritaire si des élections étaient déclenchées dans les prochains jours. «Ce serait serré, dit M. Dallaire, mais il y aurait une bonne possibilité grâce aux appuis chez les francophones».

Pour ce qui est de M. Charest, c'est le statu quo. «Il n'y a aucune amélioration de l'opinion face à son gouvernement, indique l'analyste. La seule chose de relativement positif, c'est que ses appuis sont stables depuis le mois de janvier. Je ne pense pas que les choses pourraient empirer beaucoup pour lui.»

Mourir dans la dignité

Par ailleurs, Léger Marketing a aussi sondé les Québécois sur leur réception du rapport de la Commission parlementaire spéciale sur la question de mourir dans la dignité. À cet égard, l'opinion est unanime: 84 % des répondants se disent d'accord pour que le gouvernement «mette en oeuvre les recommandations de la commission afin de baliser et d'encadrer les soins palliatifs de fin de vie».

Selon Sébastien Dallaire, c'est là le résultat d'une consultation «qui avait un mandat unanime de l'Assemblée nationale et qui a été menée de façon responsable et professionnelle». La commission recommande dans son rapport le dépôt d'un projet de loi d'ici juin 2013.

Mené en ligne du 2 au 4 avril auprès de 1001 personnes, le sondage comporterait une marge d'erreur de 3,1 % avec un échantillon probabiliste.

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