Louise Beaudoin revient au PQ

Louise Beaudoin avait quitté avec fracas la caucus péquiste, en juin dernier.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Louise Beaudoin avait quitté avec fracas la caucus péquiste, en juin dernier.

Québec — La députée de Rosemont, Louise Beaudoin, met un terme à sa réflexion et réintègre le caucus du Parti québécois.

Elle rejoindra ses anciens collègues après la pause du congé pascal, à la mi-avril. «Ce parti que j’aime, c’est le mien», a confirmé Mme Beaudoin, lors d’une entrevue téléphonique aujourd'hui.

Elle dit ne pas regretter avoir claqué la porte en juin dernier, mais elle a jugé que le temps était venu de rentrer à la maison, ragaillardie par le souffle «réformateur» qui agite le PQ depuis quelques mois.

«Le Parti québécois s’est magnifiquement redressé, dit-elle, et il n’est jamais meilleur que lorsqu’il est lui-même, c’est-à-dire progressiste et souverainiste.»

Passionaria de la souveraineté et militante du Parti québécois depuis plus d’une quarantaine d’années, Mme Beaudoin souhaitait terminer sa carrière en beauté, au sein du parti qui a toujours été sa famille politique.

Elle avait quitté avec fracas le caucus péquiste, en juin dernier, mécontente de la façon de procéder de son équipe relativement au projet de loi 204 devant protéger de toute contestation judiciaire l’entente conclue entre la ville de Québec et Quebecor quant à la gestion du futur amphithéâtre de Québec.

Ce projet de loi controversé avait canalisé le mécontentement plus large ressenti au sein de l’équipe péquiste. Au total, depuis juin, sept députés ont quitté les rangs du PQ en autant de mois, provoquant une grave crise de leadership. Mme Beaudoin est la seule à avoir rebroussé chemin.

Avant son départ, elle était porte-parole sur les questions de laïcité et avait piloté un projet de charte de la laïcité. Mais à l’avenir, à sa demande, elle n’aura plus aucun dossier précis à défendre. Elle dit avoir proposé à sa chef, Pauline Marois, d’exécuter plutôt des mandats ponctuels, d’ici le déclenchement des prochaines élections.

Pas candidate

Mme Beaudoin siégeait comme indépendante, depuis juin, et elle avait indiqué par la suite qu’elle allait terminer son mandat, mais qu’elle n’avait pas l’intention de se porter à nouveau candidate aux prochaines élections.

Aujourd'hui, malgré son retour au bercail, la députée âgée de 66 ans a réitéré sa position, qui est «irrévocable».

Au cours des derniers mois, à la suite du mea culpa de sa chef dans le dossier de l’amphithéâtre et de divers changements apportés au fonctionnement du parti et du caucus, elle avait entrepris une réflexion quant à un éventuel retour et avait choisi de consulter ses électeurs pour savoir s’ils souhaitaient la voir revenir au PQ. Les deux tiers des militants de Rosemont consultés ont dit qu’ils étaient  favorables à son retour au PQ, indique-t-elle.

Interrogée à savoir quels avaient été les éléments déterminants dans sa décision, elle cite plusieurs facteurs: les résultats du conseil national de janvier dernier, l’ouverture à la «dissidence» par le vote libre des députés en certaines circonstances, le projet de tenir des élections à date fixe si le PQ prend le pouvoir et, surtout, le cap vers l’indépendance du Québec.

Elle dit aussi avoir apprécié les démarches faites par sa chef, depuis le mois de décembre, pour la ramener dans l’équipe.

Au Parti québécois, depuis la crise de juin, «la situation a changé, elle a évolué, elle s’est transformée», selon la députée de Rosemont, qui, amère, reprochait alors au PQ de se transformer en «vieux parti».

22 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 3 avril 2012 13 h 53

    Tirer sur le fruit...vert


    Mais comment peut-elle à la fois revenir au PQ et ne pas être candidate aux prochaines élections?

    Elle sera militante dans l'ombre, collera des timbres sur les enveloppes?

    Pas clair la patente.
    Une nouvelle pas mûre on dirait.

    • Curley - Inscrite 3 avril 2012 19 h 01

      En effet! Heureusement que cette décision ne s'est pas prise un 1er avril.......et qu'elle a sagement attendu à aujourd'hui. Le 3 fait le mois le 5 le défait dit-on.

      C'est de la politique du chat et de la souris, c'est décevant. Quels sont les avantages d'une telle démarche si elle se retire dans quelques mois! HUM!

  • Catherine Paquet - Abonnée 3 avril 2012 13 h 55

    Et si ses électeurs...

    Et si les électeurs de Mme Beaudoin, en nombre inconnu, comme aujourd'hui, lui demandaient de se présenter lors de la prochaine élection générale? Pourrait-elle résister à l'odeur du pouvoir. On voit bien que les sondages sont pris au sérieux par certains...

  • Jean Martinez - Inscrit 3 avril 2012 14 h 00

    Une très bonne nouvelle

    L'action conjuguée des libéraux de Charest et des Conservateurs de Harper a considérablement affaibli le Québec. Plus que jamais, notre nation a besoin d'un Parti québécois fort. Merci Madame Beaudoin.

  • Jonathan Lapointe - Inscrit 3 avril 2012 14 h 18

    Avantages sociaux ?

    Je ne connais pas les lois sur les partis politiques mais est-ce que ça ne serait pas une manière d'aller chercher des avantages? Si on se retire d'un parti, j'imagine qu'on a des primes de départ où autre ? Tandis que si on se retire comme indépendant... ?? Quelqu'un peut m'éclairer là-dessus ?

    Sinon je salue l'appui de Mme Beaudoin à la cause étudiante !

    • France Marcotte - Abonnée 3 avril 2012 15 h 23

      Je suppose que c'est ce que vous feriez à sa place?

      Tout le monde ne pense pas comme vous monsieur.

  • Christian Montmarquette - Abonné 3 avril 2012 15 h 18

    «L'amphithéâtre : Un projet désormais acceptable »

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    «L'amphithéâtre : Un projet désormais acceptable »

    Une autre députée de droite incapable de couper le cordon avec les néolibéraux du PQ.

    Mais, à quoi s'attendre d'autre venant de la part d'une députée qui a été capable de vivre dans le parti de Lucien Bouchard..?

    Et soudain, le PQ retrouve sa moralité politique avec l'amphithéâtre de Québec..!

    N'importe quoi, but : «péquiste».

    Tristement pathétique.

    Elle aura pris au moins une bonne décision dans sa vie :

    «Quitter la politique»


    Salutations satisfaites et distinguée,


    Christian Montmarquette
    Montréal

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