La Constitution n'est pas dans les priorités de Québec

Québec — Le ministre des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières, ne dépensera pas «beaucoup d'énergie» pour rouvrir le dossier constitutionnel.

M. Vallières a indiqué hier que son gouvernement n'a pas l'intention de prendre d'initiative à ce sujet. «Le moment pour nous de mettre beaucoup d'énergie là-dessus n'est pas présent, a-t-il dit lors d'un point de presse. On est à autre chose actuellement. On a un plan gouvernemental qui vise à travailler très fort sur l'économie, et nos énergies portent là-dessus d'abord.»

Selon le ministre, tous les partenaires de la fédération canadienne devraient d'abord donner leur accord avant que des discussions constitutionnelles s'engagent.

«On est dans un domaine qui demande un haut niveau de préparation, qui demande également une fenêtre d'ouverture avec l'ensemble des partenaires, a-t-il dit. C'est toujours ça qu'on regarde.»

Un sondage publié lundi révèle qu'une majorité de Québécois s'attendent à ce que le gouvernement québécois entame des démarches pour corriger le fait que le Québec n'a pas adhéré à la Constitution canadienne lors de son rapatriement il y a 30 ans.

Le premier ministre Jean Charest a déclaré hier que le contexte actuel ne se prête pas à aborder le dossier constitutionnel. «C'est une affaire qui n'est pas réglée et un jour il faudra la régler, a-t-il dit. Et lorsqu'on arrivera à la conclusion que le contexte est bon, on avancera là-dessus, mais ce n'est pas aujourd'hui.»

Incertitudes économiques

Lors d'une conférence de presse sur une annonce d'investissement à Québec, M. Charest a affirmé que plusieurs incertitudes planent sur l'économie, ce qui le préoccupe davantage.

Le premier ministre a aussi insisté très longuement sur la question litigieuse des transferts en santé, que le gouvernement fédéral a l'intention de réduire. «Je pense que les Québécois veulent qu'on s'occupe d'emploi et d'économie, et mon gouvernement est très clair là-dessus», a-t-il dit.

Un sondage réalisé pour l'Association internationale des études québécoises indique que 71 % des Québécois croient que le gouvernement du Québec devrait faire quelque chose pour remédier au fait que le Québec n'a toujours pas signé la Constitution de 1982.

Dans les autres provinces, 49,7 % des répondants approuvent l'idée que Québec prenne l'initiative de soumettre un projet de modification constitutionnelle.

Même si le fruit n'est pas mûr, M. Vallières a indiqué que le Québec fourbit quand même ses armes en attendant l'occasion de pouvoir débattre de la question constitutionnelle. «C'est un sujet qui doit être vu d'une façon très, très globale, et quand le Québec envisagera des négociations constitutionnelles, il sera très bien préparé pour le faire», a-t-il dit.
14 commentaires
  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit 28 mars 2012 05 h 35

    Même si le fruit n'est pas mûr....

    Non, il n'est pas mûr, il est pourrit!

    • ElPuerco - Inscrit 28 mars 2012 09 h 43

      M. Daneau,

      "Pourri" ne prend pas de "t" à la fin.

      Masculin: Pourri
      Féminin: Pourrie (et non "Pourrite")

      Tenez-le-vous pour dit (avec un "t")!

      À bon entendeur...

      El Puerco

  • France Marcotte - Abonnée 28 mars 2012 08 h 04

    N'importe quoi

    D'abord, rien de tel qu'un bon gros sondage pour amener un sujet sur la table (et comme par hasard au lendemain de l'élection de M.Mulcair comme chef d'un parti qui a la possibilité de rallier le Québec à la fédération).

    Mais le fait est que si on me pose la question, oui il se peut que je dise que le sujet me préoccupe (pourquoi pas?), mais si on ne me la pose pas, je continuerai sans doute de ne pas y penser.


    "On a un plan gouvernemental qui vise à travailler très fort sur l'économie, et nos énergies portent là-dessus d'abord", dit M.Vallières.
    Oui, on a vu ça mais on n'est pas certains qu'on travaille sur l'économie pour nous, Québécois, sinon on écouterait au moins l'avis des experts sur la question des redevances du Plan Nord par exemple.


    Ce gouvernement est rarement en phase avec la population on dirait. Nos intérêts respectifs ne semblent pas souvent converger. On devait mener un sondage sur la question constitutionnelle et sur les autres questions auxprès de ceux qui profitent le plus du système. On verrait très bien où loge la concordance d'idées. Mais seront-ce des Québécois?

  • Normand Perry - Inscrit 28 mars 2012 08 h 48

    Jean Charest a raison.

    Oui! Jean Charest a raison. Le fruit n'est pas mûr. Quoi? Qu'est-ce Normand Perry dit là, il donne raison à Jean Charest?

    Imaginez-vous que oui je donne raison à Jean Charest. Mais il faut savoir pourquoi...

    Les accords de 1987 et l’échec de 1990 des accords Lac Meech ont démontré que la Constitution canadienne est enchainée par un cadenas barré à double tours.

    Tous auront compris pourquoi alors je donne raison Jean Charest: le fruit n'est pas mûr, au contraire ce fruit est pourrit.

    Au lieu de tenter d'ouvrir une constitution irréformable (Canada 1982), ne serait-il pas plus simple et moins casse-tête d'écrire notre propre constitution d'un Québec pays indépendant?

    De Soulanges,

    Normand Perry.

  • Donald Bordeleau - Abonné 28 mars 2012 09 h 48

    L'on est encore en panique depuis 1760, se perdre en forêt

    La disquette.

    L'ex ministre PELLETIER chantait aussi ce registre. Mais s'égarer en forêt c'est comme perdre nos repaires. Soudain Monsieur Pelletier a retrouvé son chemin, comme le fera probablement un jour le Québec.

    Pas besoin de demander aux autres Monsieur Charest, il y en a qui manque de leadership.

  • Jean Lapointe - Abonné 28 mars 2012 09 h 49

    On le savait.


    On le savait depuis longtemps que la constitution n'était pas dans les priorités de Québec.

    Pour eux, la situation ne serait jamais mûre parce qu'ils s'accommodent très bien de la situation actuelle même si la constitution de 1982 n' a jamais été entérinée par le Québec.

    Le statu quo c'est ce qu'ils veulent les «libéraux» ( à l'exception probablement de Pelletier). Eux ils ne sont pas des Québécois, dans le sens qu'ils ne se considèrent pas comme étant de nationalité québécoise, ils sont des Canadiens résidant au Québec.

    Et il est certain que s'ils le pouvaient , ils l'entérineraient la constitution de Trudeau. Ils attendent le moment opportun de pouvoir le faire

    Eux, ils ne faut pas l'oublier, c'est le Canada qu'ils veulent construire, pas le Québec en tant que société distincte.

    Pour eux, le Québec doit s'inscrire dans le grand tout canadien et tant pis pour les québécois qui souhaitent autre chose.

    Il va nous falloir un autre gouvernement au plus sacrant si nous voulons construire un Québec à notre image.