Aéroport de Neuville - Le Parti québécois demande plus de fermeté envers les promoteurs

Québec — L'opposition péquiste demande à Québec de mettre des bâtons dans les roues de promoteurs qui veulent construire un aérodrome sur une terre agricole, à Neuville.

Se fondant sur deux jugements de la Cour suprême, la compagnie Neuville Aéro estime ne pas avoir à se soucier des lois municipales et de la Loi sur la protection du territoire agricole. Elle a commencé à la fin de l'automne la construction de sa piste d'atterrissage et a réclamé récemment d'Hydro-Québec l'abaissement de poteaux et l'enfouissement de fils électriques.

Une forte opposition des citoyens et du maire de la ville, Bernard Gaudreault, n'a pas convaincu le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, de se mêler de ce dossier. La semaine dernière, quatre ministres québécois enjoignaient à M. Lebel d'agir devant une sorte de vide juridique créé par la décision des juges.

Questionné sur le sujet, hier en Chambre, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Yvon Vallières, a soutenu que le gouvernement continuerait d'exercer des pressions sur le fédéral.

La péquiste Agnès Maltais a répliqué: «Ce qu'on veut, ce n'est pas des belles déclarations d'intention et des petites génuflexions devant le gouvernement fédéral et son mépris des lois québécoises.» Et la députée de réclamer que le ministre responsable d'Hydro-Québec donne l'ordre à la société d'État de ne faire «aucun accommodement» pour une compagnie qui «fait son aérodrome au mépris des lois du Québec». Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a promis de «vérifier» la situation.

Croisé plus tard dans le couloir du parlement, le député de Portneuf, Michel Matte, a admis que le projet ne recueillait pas «l'acceptation sociale» nécessaire. Mais il a refusé de dire s'il était pour ou contre la réalisation de l'aérodrome: «On cherche pas la chicane, on cherche des solutions.»