Croissance anémique des dépenses

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, en compagnie du premier ministre, Jean Charest.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Finances, Raymond Bachand, en compagnie du premier ministre, Jean Charest.

Encore une fois, trois ministères obtiennent la part du lion et vont bénéficier d'une enveloppe bonifiée en 2012-2013, mais à l'ensemble des autres ministères, le gouvernement Charest impose un régime encore plus contraignant que l'an dernier.

Alors que le budget du ministère de la Santé augmente de 1 milliard (3,4 %), celui de l'Éducation est majoré de 2,2 % (340 millions), suivi du ministère de la Famille et des Aînés à 1,6 % (40 millions). Le reste se trouve sur un tapis qui rétrécit globalement de 0,9 % (contre -0,2 % l'an dernier), ce qui représente une baisse de 123 millions de dollars.

À lui seul, le ministère de la Santé disposera d'un budget de 30,1 milliards sur des dépenses de programmes qui totalisent 62,6 milliards. À cela, il faut ajouter le service de la dette, qui passe de 7,4 à 8,2 milliards.

«Soyons clairs: les dépenses du gouvernement sont sous contrôle», a soutenu le ministre des Finances, Raymond Bachand, lors de son discours. De 2010-2011 à 2013-2014, affirme Québec, la croissance des dépenses de programmes se chiffrera à 2,2 % en moyenne, comparativement à 5,6 % au cours des quatre années précédentes.

Gros ministères touchés

Parmi les ministères bien en vue touchés par le resserrement de la ceinture cette année figurent celui des Affaires municipales (-0,8 %), celui de la Culture (-3,3 %), celui des Ressources naturelles (-6,9 %), celui de la Sécurité publique (-6,9 %) et celui des Transports (-2 %).

Pour l'exercice 2011-2012, Québec s'était donné pour objectif de limiter à 1,9 % ses dépenses de programmes. Les documents déposés hier montrent qu'il a réussi à les contenir à 2 %. Pour 2012-2013, l'objectif est de 2 %, mais pour l'année suivante, celle au cours de laquelle le gouvernement Charest pense pouvoir renouer avec l'équilibre budgétaire, il vise encore plus maigre: 1,8 %.

«Notre objectif n'est pas du tout de couper des services, y compris dans les autres ministères, a affirmé la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, en conférence de presse pendant le huis clos. Des efforts importants, de nature administrative, sont faits et seront faits.»

La suite des choses s'annonce différente. Pour 2014-2015, année qui ferait théoriquement suite à des élections — si celles-ci étaient tenues à la toute fin du mandat de cinq ans du gouvernement Charest —, le budget prévoit un redémarrage des dépenses de programmes dont la hausse serait alors de 3 %.

D'ici là, toutefois, le contrôle des dépenses représente pour Québec «un très gros défi», selon l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, François Dupuis. Celui-ci signale que le ministère des Finances doit encore trouver des endroits où il peut sabrer. À ce chapitre, le budget indique que «le solde des mesures à identifier pour maintenir l'équilibre budgétaire à compter de 2014-2015 se situe à 875 millions».