Personnes âgées - Maintenir les aînés à domicile... et au travail

Québec prévoit injecter 727 millions de plus d’ici 2017 pour le soutien à domicile aux aînés et créera une nouvelle mesure incitative pour garder les personnes de 65 ans et plus sur le marché du travail.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Québec prévoit injecter 727 millions de plus d’ici 2017 pour le soutien à domicile aux aînés et créera une nouvelle mesure incitative pour garder les personnes de 65 ans et plus sur le marché du travail.

Le gouvernement Charest consacre une partie notable de sa marge de manœuvre budgétaire au maintien à domicile des personnes âgées. Reste à savoir quelle part des investissements annoncés se rendra à destination.

«Dans une proportion de 88 %, les aînés choisissent de vieillir à la maison. Cette volonté doit être l'assise de toute politique en matière de vieillissement», souligne le discours du budget.

D'ici à 2017, on prévoit injecter 727 millions de dollars de plus dans le soutien à domicile, dont 177 millions dès cette année.

Cette somme vise notamment à améliorer les services de soins à domicile actuels. On parle d'accroître de 50 400 le nombre de personnes desservies, mais aussi «d'intensifier» l'offre existante. Cette part du programme coûterait 50 millions la première année et atteindrait 381 millions d'ici cinq ans.

Le gouvernement compte aussi financer de nouveaux projets résidentiels, comme les ressources intermédiaires et «les unités transitoires de récupération fonctionnelle», un programme estimé à 98 millions la première année qui devrait toucher 5600 personnes.

Et ce n'est pas tout puisque le gouvernement bonifie ses crédits d'impôt au soutien à domicile et aux aidants naturels, une augmentation de 11 millions cette année.

Reste à savoir quels fonds seront réellement investis dans le réseau des soins à domicile puisque des dizaines de millions prévus à cette fin dans le dernier budget ont finalement été déplacés ailleurs.

Sceptique, l'Association québécoise des retraités du secteur public disait vivre hier un «jour de la marmotte». «Les montants annoncés par le premier ministre l'an dernier pour le plan de services intégrés ont été réduits de 45 millions pour l'année 2011-2012 et de 23 millions supplémentaires pour l'année 2012-2013», dénonce-t-elle.

Par ailleurs, même si l'enveloppe de 177 millions est dédiée aux soins à domicile, le gouvernement y inclut aussi de nouveaux fonds pour les centres de soins de longue durée (25 millions) et les nouvelles inspections dans ce réseau et dans les résidences privées (4 millions).

Le reste des nouvelles dépenses provient du budget régulier de la Santé, mais on ira aussi puiser dans la nouvelle réserve créée à partir de la contribution santé (177 millions la première année, 300 millions les années suivantes).

Le gouvernement Charest se donne cinq ans pour ramener la part des soins à domicile au même niveau que les ressources d'hébergement, alors que le ratio en 2009-2010 était de 35 %-65 %. Il prévoit que 56 850 nouvelles personnes auront besoin d'aide à domicile d'ici à 2017.

Les documents budgétaires promettent beaucoup, mais il faudra attendre au printemps avant de savoir ce qu'il fera exactement avec le dévoilement de la nouvelle politique «Vieillir chez soi».

Enfin, il faudra aussi patienter jusqu'à 2015 avant de pouvoir accéder au nouveau fonds pour l'adaptation des logements aux personnes âgées.

Toujours en ce qui concerne les aînés, le ministre Bachand crée un nouvel incitatif pour favoriser le maintien au travail des citoyens plus longtemps. «Bien qu'il augmente, le taux d'activité des 65 ans ou plus demeure inférieur au Québec à ce qu'il est ailleurs au Canada. Il y a là un potentiel perdu», a-t-il souligné dans son discours.

La taxe sur la masse salariale des travailleurs plus âgés pourra dès lors diminuer d'un montant allant jusqu'à 1000 $ par an. Cette mesure, applicable à partir de 2013, est susceptible de toucher jusqu'à 30 000 entreprises, selon le gouvernement.
7 commentaires
  • Elena00 - Inscrit 21 mars 2012 06 h 52

    LES CLSC

    Les CLSC chapotent déjà le maintien à domicile, mais il manque de rigueur de la part du personnel et surtout des cadres qui y sont en très grand nombre. Enfin...ce que nous remarquons dans tous les CLSC, c'est la présence de chefs mais peu d'indien. Des cadres il y en a plus que nécessaire, ce qu'il faut, ce sont des gens sur le terrain. Qui prendra ce dossier et réussira à structurer tous les paliers d'emploi, auxiliaires familiales, infirmières, ergothérapeute +++pour aider les pesonnes d'un âge certain à poursuivre leur vie chez elle. Ça fait plus 25 ans que des réunions y sont faites pour mettre sur pied cette structure, mais personne n'y est parvenu. Allez, retroussez vos manches, puisqu'un jour ce sera vous qui aurez besoin de ce service. CLSC sortez de votre tour d'ivoire et allez sur le terrain.

  • Eric Allard - Inscrit 21 mars 2012 06 h 56

    Soins à domicile: mauvaise cible

    Le gouvernement jette l'argent par les fenêtres dans le dossier des soins à domicile. Le problème, qu'ils n'attaquent pas, c'est la rétention du personnel.
    Une infirmière qui travaille aux soins à domicile reçoit en moyenne 4$ de moins de l'heure que si elle allait travailler en milieu hospitalier ou en clinique. La rotation du personnel est donc intense, et le manque criant.
    Si il ne s'attaque pas à ce problème, tout l'argent investi dans ce programme est littéralement jeté à l'eau.

    • Elena00 - Inscrit 21 mars 2012 09 h 44

      Vous ne connaissez pas la latitude des infirmières qui travaillent en CLSC, elle est bien différent des infirmières qui travaillent dans les hôpitaux.
      Il ne faut pas oublier que les infirmières à domicile doivent être bachelières, puisque leur responsabilité est plus grande. Je souhaite qu'elles gagnent un très bon salaire.

  • Yvon Bureau - Abonné 21 mars 2012 07 h 40

    Pour vivre et mourir à domicile

    La très grande majorité des finissants de la vie voudraient vivre et mourir à domicile. J'aurais aimé que le Québec, par et dans son budget, imite la Nouvelle-Écosse.

    «Depuis le 15 février, les patients recevant des soins palliatifs à domicile peuvent obtenir gratuitement leurs médicaments grâce au lancement du nouveau programme élargi d'accès gratuit aux médicaments pour soins palliatifs à domicile. Faisant partie du plan « Better Care Sooner » de la Nouvelle-Écosse, ce programme vise à procurer aux citoyens de la province des services de santé bien adaptés à leurs besoins, et plus de choix quant à l'endroit où ils sont soignés.» Mise à jour mensuelle de L'Association canadienne de soins palliatifs / février 2012

    • Elena00 - Inscrit 21 mars 2012 09 h 52

      L'émission «la facture» du 20 mars m'a fait frémir, alors nous sommes très loin de cette approche humanitaire dont vous me parlé.

      Ici au Québec, il ne semble y avoir de Loi en ce qui à trait aux médicaments. les pharmaciens s'en mettent plein les poches avec des différences de prix de médicaments allant jusqu'à vingt dollars de différence par prescription.
      Comme le dit la publicité d'une certaine chaîne..... et même un ami...qui viendra vous vendre un médicament à 20$ plus cher qu'ailleurs.

  • France Marcotte - Abonnée 21 mars 2012 08 h 20

    À quel âge devient-on libéral?

    Le gouvernement libéral courtise dit-on "les personnes âgées" parce qu'elles ce seraient "une clientèle naturelle".
    Les personnes âgées formeraient-elles donc une sorte de bloc monolithique plutôt qu'une somme d'individus aussi différents qu'avant?

    N'est-ce pas méprisant de parler d'eux, c'est-à-dire de tous les autres au futur, ainsi?

    Comment des gens qui n'étaient pas vieux au moment des deux grands référendums par exemple et qui auraient voté pour le oui, comment peuvent-ils passer libéral en passant le cap des 65 ans disons?

    Même à 65 ans, il me semble que plusieurs personnes que je connais ne voteront pas plus qu'avant pour leurs seuls intérêts immédiats.
    Présume-t-on en parlant des aînés ainsi qu'à partir d'un certain âge, ils n'ont que des intérêts immédiats? Que les intérêts sont relatifs à la capacité de la mémoire? Les libéraux miseraient donc sur la capacité d'oubli comme on miserait sur une diminution des capacités mentales? Plutôt que "je me souviens", les vieux auraient comme devise "heureusement pour certains que j'oublie"?

    En tout cas, qu'on ne fasse pas trop vite au Parti libéral des prédictions trop précises quant aux allégeances des futurs vieux.
    Paraît que les vieux ont une excellente mémoire du passé et il y en a de très récalcitrants: imaginez, ils ont de la personnalité!

    • FERNAND - Inscrit 21 mars 2012 17 h 21

      J'ai 78 ans, j'ai voté OUI en 1980 et j'ai voté OUI en 1995 et je voterai OUI à la libération du Québec en tout temps.
      L'appel aux sirènes du PLQ est bien connu et de plus en plus de "vieux" le voit venir.
      Ce n'est pas le budget de Bachand qui va rendre le parti libéral moins corrompu.