Budget Bachand: cap sur la création de richesse pour financer les services

«C’est le budget dont le Québec a besoin», selon le ministre Raymond Bachand, pour assurer son développement économique et faire face à ses responsabilités. Il a nié que l’échéance électorale ait été prise en compte dans la rédaction du document, une brique de 1000 pages.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «C’est le budget dont le Québec a besoin», selon le ministre Raymond Bachand, pour assurer son développement économique et faire face à ses responsabilités. Il a nié que l’échéance électorale ait été prise en compte dans la rédaction du document, une brique de 1000 pages.

Dans les années qui viennent, Québec misera comme jamais sur la création de richesse, grâce au développement soutenu des ressources naturelles, pour accroître ses revenus et financer les services publics.

Le budget 2012-2013, déposé cet après-midi par le ministre des Finances, Raymond Bachand, indique à quel point Québec compte s’appuyer sur les richesses du sous-sol pour boucler son budget.

Ainsi, grâce aux milliards de redevances à percevoir et aux retombées économiques anticipées, le gouvernement fait le pari qu’il pourra maintenir le niveau élevé de services publics et de programmes sociaux offert aux Québécois, particulièrement aux personnes âgées, qui sont les grandes gagnantes de ce budget.

Un déficit de 1,5 milliard

Pour le reste, le gouvernement Charest affiche une image de continuité quant à sa gestion des finances publiques. Avec un taux de croissance économique de 1,5 % prévu en 2012, le déficit zéro est toujours attendu pour l’an prochain, dans le budget 2013-2014.

En 2012-2013, le déficit ne devrait pas dépasser 1,5 milliard, selon les estimations, alors qu’il était plus du double, à 3,3 milliards, en 2011-2012.

Aucune nouvelle hausse — ou baisse — de taxes, de tarifs ou d’impôts ne figure au budget 2012-2013.

Pendant ce temps, la croissance des dépenses gouvernementales, autour de 2 % en 2012-2013, comme l’année précédente, semble sous contrôle.

Rien pour les étudiants

Quant aux étudiants, rien n’est inscrit pour eux au budget, en termes de révision des hausses controversées de droits de scolarité. «La décision est prise. Elle est irrévocable», a dit le ministre Bachand à ce propos, en conférence de presse.

Dans la colonne des revenus anticipés, le Plan Nord devient la pièce maîtresse dans laquelle Québec met toutes ses billes pour remplir ses coffres, grâce notamment à la création de Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec chargée de multiplier les prises de participation publique dans les projets miniers à hauteur de 1,2 milliard. Québec prévoit que les redevances minières vont ajouter 4 milliards au trésor public au cours de la prochaine décennie.

Des retombées fiscales additionnelles de 6,1 milliards sont attendues des minières d’ici 2016.

Québec met aussi en place un régime de redevances pour les hydrocarbures, qui sera progressif.

Du côté de la forêt, on prévoit que les revenus de redevances passeront à 282 millions en 2016-2017, comparativement à 111 millions en 2011-2012. Québec injectera 500 millions par an pour financer divers travaux sylvicoles, d’ici cinq ans.

Des programmes pour les aînés

Tous ces milliards seront précieux pour financer les programmes sociaux, dont ceux destinés aux personnes âgées, qui seront de plus en plus nombreuses. L’objectif: faire en sorte qu’elles restent chez elles le plus longtemps possible. Le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie qui auront droit à plus de services pour demeurer à domicile plus longtemps augmentera de 50 000, passant à 228 400, en 2016. Au total, Québec prévoit débloquer 2,7 milliards en soutien aux aînés d’ici 2017, incluant de 5600 nouvelles places pour divers types d’hébergement.

«C’est le budget dont le Québec a besoin», selon le ministre Bachand, pour assurer son développement économique et faire face à ses responsabilités. Il a nié que l’échéance électorale ait été prise en compte dans la rédaction du document, une brique de 1000 pages.

Changements climatiques

La lutte aux changements climatiques demeure une priorité. Un plan d’action, incluant la mise en place d’un marché du carbone, se traduira par des investissements de l’ordre de 2,7 milliards, principalement dans le transport en commun, de 2013 à 2020.

Le Québec est toujours la province canadienne la plus endettée, se dirigeant vers un record de plus de 200 milliards en 2015. Dans l’année qui vient, Québec prévoit verser 1,2 milliard au Fonds des générations pour rembourser la dette.

Tel qu’annoncé l’an dernier, un régime volontaire d’épargne-retraite voit le jour. Quelque 2 millions de Québécois, qui ne bénéficient pas d’un régime privé compensatoire de retraite, pourront s’en prévaloir à compter de janvier 2013. Les employeurs devront offrir un tel régime et les employés y seront automatiquement inscrits, mais ils pourront choisir de s’en retirer.

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22 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 20 mars 2012 16 h 47

    Prochaine étape...

    ... baisser les impôts pour les riches. Comme ça, on ne pourra toujours pas «financer les services» et tout sera à recommencer...

    • Colin Brosseau - Inscrit 20 mars 2012 22 h 24

      Vous avez tout compris!

  • Jean Martinez - Inscrit 20 mars 2012 16 h 53

    Creuser des trous

    Le budget Bachand du plus mauvais gouvernement québécois de l'histoire peut se résumer à ceci: creusons des trous sur tout le territoire du Québec pour remplir celui que Charest a creusé avec la dette. Quelle belle façon de créer de la richesse!

  • Annabella Durocher - Inscrite 20 mars 2012 17 h 09

    Développement de nos ressources naturelles aux frais de nos services publics.

    Le budget du Gouvernement du Québec c'est le développement soutenu de nos ressources naturelle à nos frais et aux frais de nos services.

    Franchement, nous faire croire que ce développement servira à financer nos services publics.

    Détournement de nos finances publiques vers le PLAN NORD et en bout de ligne le petit peuple du Québec va avoir 0$.

  • Samuel Croteau - Abonné 20 mars 2012 17 h 41

    C'est pas fini...

    «Si ce que le ministère des Finances veut, c'est que ça se règle dans la rue, donc ça va se régler dans la rue.» -Martine Desjardins, FEUQ

    «Si le gouvernement de Jean Charest veut la guerre, il va l'avoir». -Léo Bureau-Blouin, FECQ

    ...soupir...

    J'ai bien hâte de voir où tout ça va mener.

    (source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Budget/2012/0

    • Poirier Sylvie - Inscrite 20 mars 2012 22 h 05

      OUI ! Debout tout le monde... dans la rue.

  • jocelync - Inscrit 20 mars 2012 17 h 51

    L'équipe Charest-Bachand, une équipe de fossoyeurs ?

    On commence à voir se dessiner le véritable portrait du Plan Nord qui apparaît de plus en plus comme un palliatif à l'incapacité du Québec à équilibrer avec ses outils actuels (taxes et impôts) ses finances publiques plutôt qu'une opportunité d'exploiter sainement les richesses du nord dans le cadre d’une politique de développement durable.
    La population sera de plus en plus sollicitée pour en assurer son succès mais la question aujourd'hui est d'essayer d'anticiper jusqu'où pourra aller cette sollicitation pour assurer l'efficacité de cette bouée de sauvetage.
    L’état actuel des finances publiques et les comportements récents de nos politiciens font craindre les excès.