Budget Bachand - Rien pour les étudiants, de l'aide pour les entreprises

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, dévoile aujourd’hui son troisième budget, qui se veut en parfaite continuité avec les deux premiers.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Le ministre des Finances, Raymond Bachand, dévoile aujourd’hui son troisième budget, qui se veut en parfaite continuité avec les deux premiers.

Québec — Il n'y aura rien pour les étudiants dans le budget que Raymond Bachand dévoile aujourd'hui — son troisième budget en parfaite continuité avec les deux premiers. Le peu de marge de manœuvre dont dispose le gouvernement ira en priorité aux entreprises pour les aider à tirer leur épingle du jeu sur les marchés internationaux.

«Nous, comme peuple au Québec, on a beaucoup d'opportunités qu'on est capable de saisir dans cette économie mondiale. Et le budget, de façon très ciblée [...], va tenter qu'on saisisse ensemble ces opportunités pour bâtir l'avenir. Et le contribuable québécois, [comme] ça va créer de la richesse, ça va être bon pour lui», a affirmé Raymond Bachand lors de la brève rencontre avec les médias à laquelle se prête le ministre des Finances la veille de la présentation de son budget, rencontre où il est question de souliers neufs, de ressemelage et, cette année pour faire différent, de nouveaux lacets.

Placé sur un thème qui, s'il ne brille pas par son originalité, est fidèle à l'orientation du gouvernement — «Pour une économie forte» —, le budget ne contiendra aucune hausse d'impôt ou de taxe ni d'augmentation de tarifs... en dehors des hausses imposées par les deux budgets précédents: hausse de 2 % de la taxe de vente dont 1 % cette année, cotisation santé qui passe de 100 $ à 200 $ en juillet, augmentation de 1 ¢ par an de la taxe sur les carburants.

Le ministre des Finances a reparlé de «révolution culturelle» précisant toutefois que ce qu'il avait en tête quand il l'avait lancée pour la première fois en 2010, ce n'était pas la Révolution culturelle maoïste de la fin des années 1960, une sombre et sanglante page d'histoire, mais bien Mai 68. Alors que les étudiants québécois multiplient les manifestations dans les rues, cette référence apparaît bien singulière. D'autant plus que Raymond Bachand a affiché, hier, la même fermeté que le premier ministre Jean Charest et la vice-première ministre et ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, dans son refus de céder aux revendications des étudiants. «Les étudiants ne seront sûrement pas satisfaits [du budget]», a-t-il prédit. La hausse des droits de scolarité est «un débat qui existe depuis dix ans». L'augmentation a été décrétée dans le budget de l'an dernier. «Les étudiants qui soit veulent la gratuité scolaire, soit s'opposent à toute hausse de frais de scolarité, c'est leur droit. Mais ce débat dans notre société, il a été fait. Le gouvernement a décidé; c'est notre rôle de décider», a-t-il avancé.

La révolution culturelle de Raymond Bachand, c'est celle de la «juste part», la part du coût qu'assumera le contribuable pour les services publics auxquels il a recours, sauf les services de santé. En ce sens, les étudiants sont des acteurs involontaires de cette révolution culturelle.

Augmenter les taxes et les impôts pour l'ensemble des contribuables n'est plus une avenue. «Les contribuables québécois, on leur a demandé leur effort il y a trois ans», a dit Raymond Bachand en faisant allusion à son premier budget qui a programmé les diverses hausses qui frappent la population à l'heure actuelle.

Agacé par certains reportages d'une presse populaire, Raymond Bachand diffusera aujourd'hui un fascicule qui fait la démonstration que les grandes classes de contribuables gardent pour eux davantage de leurs revenus qu'en 2003 malgré l'introduction de la contribution santé et en dépit des hausses de la taxe de vente et des tarifs. Le ministre a soutenu que les contribuables n'assumeraient pas plus de 31 % du fardeau pour renouer avec l'équilibre budgétaire alors que la part du gouvernement s'élèvera à 62 % et celle des entreprises à 7 %, tel que cela a été promis.

Raymond Bachand garde le cap sur l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2013-2014 et sur un surplus de 2 milliards l'année suivante. Même si le gouvernement Charest a du mal à contenir l'augmentation ses dépenses. «C'est un plan de quatre ans et, là, c'est la troisième année où on comprime nos dépenses. C'est de plus en plus difficile. Et l'économie a ralenti et nous avons donc moins de revenus que nous le prévoyions il y a un an», a reconnu le ministre des Finances.
35 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 20 mars 2012 01 h 03

    Bachand n'a pas encore compris

    Plus le Québec donne de l'argent aux compagnies, plus ces dernièrse empochent puis sacrent leur camp. Excellent M Bachand

    • ClarkeCity - Inscrit 20 mars 2012 09 h 10

      Ces compagnies sont peut-être plus reconnaissantes au gouvernement ???

    • Robert Dufresne - Inscrit 20 mars 2012 11 h 12

      Et plus ilf font de coupures d'emplois plus les cadeaux sont gros.

  • ClarkeCity - Inscrit 20 mars 2012 05 h 30

    Le budget de la « Juste part »

    Le PLQ est fier de mentionner aux investisseurs pour le Plan Nord :
    "… Au chapitre de la fiscalité, le taux d'imposition des sociétés (taux combiné fédéral-provincial) est l'un des plus bas en Amérique du Nord, se situant à 29,90 %. La taxe sur le capital a été abolie en janvier 2011. Le régime fiscal québécois offre également des incitatifs à l'investissement et à la recherche et développement (R&D) parmi les plus avantageux du monde. …"

    Réf: Documentation du Plan Nord
    Faire le nord ensemble le chantier d'une génération: Investir au Québec (Page 9)
    http://plannord.gouv.qc.ca/documents/fiche-investi

    Pourtant, le peuple Québécois est le peuple le plus taxé en Amérique du Nord.

    Ainsi, il est facile d'en déduire le budget de ce qui parait équitable pour le PLQ.
    « Privatisons les profits et socialisons les dépenses. »

    Voilà la vision de la « Juste part » du PLQ.

  • Donald Bordeleau - Abonné 20 mars 2012 05 h 34

    Encore une journée triste

    Pour avoir une économie forte, il faut respecter ses partenaires et surtout son principal bailleur de fond le citoyen. Il n'y a aucune raison d'avoir un centimètre de fierté à chaque jour nous avons notre lot d'augmentations et d'abus . Je défie Monsieur Bachand de fournir une preuve détaillée de la part du gouvernment qui s'élève à 62%. Sa consoeur vient d'obtenir de dépenses 200 000$ en publicité pour expliquer tout simplement qu'elle a fait un ajout aux prêts et bourses, un gaspillage éhonté. C'est à ce genre de décision de dépenses auxquelles le citoyen n'adhère pas. Nous sommes gouvernés par un gouvernement qui écoute les riches et appauvrit sa classe moyenne depuis 2003.

  • Annabella Durocher - Inscrite 20 mars 2012 05 h 54

    Le budget Bachand est déconnecté d'une grande majorité des Québécois

    M. Bachand votre Gouvernement vient de dépenser 200 000,00 en publicité pour explique la bonification des prêts et bourses aux étudiants.

    Or, nous savons tous quand bout de ligne de votre formulaire de demande de prêts et bourses vous en avez limité l'accessibilité.

    Nos jeunes n'avaient pas besoin de cette dépense en publicité, ils sont assé intelligents pour s'informer via votre site internet.

    Ce 200 000,00 $ dépensé pour le beau et faux vernis de votre Gouvernement aurait été à la bonne place directement dans les poches de nos étudiants.

    Nous sommes écoeurés de payer pour le beau et faux vernis de votre Gouvernement M. Bachand.

    • Louka Paradis - Inscrit 20 mars 2012 20 h 07

      En plus, cette façon de faire permet de renvoyer l'ascenseur aux contributeurs de la caisse $$$$ en leur donnant ces mirobolants contrats de publicité. On en a marre, ras-le-bol... de les voir se graisser la patte.

  • ROCH AMYOTTE - Inscrit 20 mars 2012 07 h 05

    L'Impôt juste part

    Réflexion sur la notion de Juste part: La création de l'Impôt juste part

    On paie de l'impôt fédéral, de l'impôt provincial, de l'impôt municipal (taxes municipales), de l'impôt scolaire (taxes scolaires), de l'impôt sur nos achats - TPS et TVQ et maintenant on invente l'IMPÔT JUSTE PART, un impôt spécialement réservé aux moins bien nantis de la société qui veulent étudier pour pouvoir travailler. Drôle de concept n'est-ce pas... Et n'allez pas croire que cela va s'arrêter là. Bientôt ce sera au tour des étudiants de cégeps de faire leur juste part, et les utilisateurs des services de santé. C'est l'instauration de la politique de l'utilisateur payeur à tout les niveaux. Vivement des élections....

    • M. Enseignant - Inscrit 20 mars 2012 11 h 10

      Tout à fait. Mais pourquoi le principe de l'utilisateur payeur, qui est une taxe à taux fixe, plutôt que la hausse des impôts pour tous, qui elle, est modulée sur le revenue ? À qui profite cela sinon aux riches ?

    • SNost - Inscrit 20 mars 2012 12 h 27

      Ce xerait encore bon si au moins les tarifs étaient modulés selon les revenus/avoirs.