Curzi renonce à réintégrer le PQ

Le député de Borduas Pierre Curzi renonce à réintégrer le caucus péquiste.
Photo: François Pesant - Le Devoir Le député de Borduas Pierre Curzi renonce à réintégrer le caucus péquiste.

Québec — Faute d’une entente avec Pauline Marois, le député indépendant Pierre Curzi renonce à réintégrer le caucus du Parti québécois (PQ) et ne sera pas candidat à la prochaine élection.

Le député de Borduas, qui avait claqué la porte du PQ en juin 2011 parce qu’en désaccord avec le projet de loi privé 204 sur l’amphithéâtre de Québec, a fait part de sa décision aujourd'hui.

«Quand on revient dans un caucus, c’est délicat et complexe. Il faut qu’on soit sûr mutuellement que le nouveau mariage va durer. J’avais des demandes et pour Mme Marois, ces demandes étaient trop élevées, trop lourdes», a dit M. Curzi, joint par La Presse canadienne.

M. Curzi voulait en effet imposer ses conditions de retour. Il souhaitait présenter une nouvelle «Charte québécoise de la langue française» en tant que député indépendant, puis reprendre sa place au sein du caucus péquiste en assumant de nouveau la responsabilité du dossier linguistique.

Mais la chef Pauline Marois a décliné la proposition. Le dossier de la langue au PQ a été confié au député de Drummond, Yves-François Blanchet, depuis le 19 août dernier.
«J’avais des demandes, Mme Marois m’a proposé autre chose et il n’y a pas eu d’entente. Ne pas avoir le dossier linguistique risquait de me rendre pas très heureux. Ça ne tente ni le parti ni moi de vivre une situation qui n’est pas agréable», a expliqué le député.

La fin des rapprochements

La décision de M. Curzi de demeurer sur les lignes de côté met fin à des efforts de rapprochement entamés par le Parti québécois en décembre. Deux rencontres avec Mme Marois et quelques échanges téléphoniques «courtois et respectueux» n’ont pas permis de rétablir suffisamment les ponts.

Peu après son départ surprise le printemps dernier, le député-comédien avait ouvertement évoqué le départ de sa chef comme une condition à son retour dans le giron péquiste. Aujourd’hui, il assure qu’il ne remet nullement en question le leadership de Mme Marois.

«J’avais dit que s’il y a une vacance [à la tête du PQ], je poserai ma candidature, mais il n’y a pas eu de vacance. Je n’ai pas de regret à cet égard, pas d’amertume. Mme Marois est en contrôle du parti, elle a toute la légitimité comme chef et je ne requestionne pas ça», a-t-il dit.

Pas candidat

Perçu comme l’un des seuls députés indépendants susceptibles d’être réélus, M. Curzi ne sera pourtant pas candidat au prochain scrutin.

Il affirme vouloir ainsi éviter de diviser le vote au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral (PLQ). «Ce ne serait pas correct à l’égard des électeurs. Ici, dans Borduas, on a toujours élu depuis 30 ans un député souverainiste du PQ. Ma candidature diviserait le vote et permettrait à un libéral ou à un caquiste de prendre le comté», a-t-il précisé.

À défaut de retourner auprès de sa famille politique, M. Curzi continuera à militer pour une protection accrue de la langue française.

Il compte présenter prochainement à l’Assemblée nationale son projet de nouvelle Charte de la langue française, comportant de nouvelles mesures pour «renforcer» la culture francophone.

Comme la députée de Crémazie, Lisette Lapointe, M. Curzi terminera son mandat dans les banquettes des indépendants. Ne reste donc qu’une seule «brebis égarée» parmi les démissionnaires péquistes du mois de juin, Louise Beaudoin.

Au terme d’un processus de consultation de ses électeurs, la députée de Rosemont annoncera vraisemblablement au début du mois d’avril sa décision de rejoindre les rangs péquistes pour terminer son mandat et sa carrière politique.
26 commentaires
  • Robert Libersan - Abonné 16 mars 2012 15 h 50

    Une sage décision

    M.Curzi a fait la preuve qu'il ne suffit pas d'avoir des convictions profondes. Il faut savoir faire de la politique, notamment ne pas dire et faire n'importe quoi.

    Ce qui manifestament n'était pas sa force.

  • Catherine Paquet - Abonnée 16 mars 2012 15 h 52

    La taille de l'ÉGO

    La grosseur de l'égo de Pierre Curzi ne lui a pas permis de franchir la porte du PQ. On voit bien que Option Nationale n'offre pas une alternative pour ce grand Monsieur. Il ne fera donc plus de politique, à moins que son ancien collègue, François Rebello ne le convainque de se joindre à la CAQ. On ne sait jamais où les ambitions politiques peuvent mener un citoyen...

    • Pierre Brosseau - Abonné 16 mars 2012 17 h 34

      M. Paquet,
      un peu de retenue devant la décision d'un homme de conviction. La politique n'est pas le fait des seuls profiteurs, opportunistes, carriéristes, collecteurs de fonds et magouilleurs de tout acabit auxquels votre cynisme ou désabusement fait allusion.
      Les porteurs du projet souverainiste ont un sens de l'éthique et de dévouement que d'autres politiciens devraient envier plutôt que de s'en moquer.

      Pierre Brosseau
      Abonné

    • Daniel Hémond - Inscrit 16 mars 2012 20 h 46

      La grosseur de l'Ego de Monsieur Pierre Curzi est sans doute plus important que la moyenne des ours, mais l'acharnement et l'ambition de Pauline marois est pentagruélique... Elle se porte à la défence de Québécor. Pourquoi? Les millionnaires au Pouvoir comme Les Marois-Blanchet et autres Paillé ont des ambitions qui vont au delà des aspirations des Québécois. Des garderies a 7 piastres pour les familles, des millions pour les amis millionnaires. Un parti Social-Démocrate est bien mal venu d'être dirigé par des millionnaires, c'est contre nature.

    • Roland Berger - Inscrit 16 mars 2012 23 h 49

      Son départ a été motivé par la magouille d'Agnès Maltais soutenue par Pauline Marois. Un problème de moralité ! Le PQ remonte dans les sondages et cette stratégie antidémocratique est ainsi balayée sous le tapis. Curzi refuse d'y être associé.
      Roland Berger

    • David Savoie - Inscrit 17 mars 2012 11 h 47

      Je crois plutôt qu'il s'agit d'une décision prise sur des principes bien ancrés et sur un respect de ses passions. M. Curzi fait de la question du français sa plus aute priorité depuis fort longtemps et c'est bien à sa défense qu'il serait à son meilleur. Faute de pouvoir y travailler, il préfère se retirer.

      Je trouve cependant dommage qu'il ne se joigne pas à Option nationale sous prétexte que ça diviserait le vote. Je crois que le vote était déjà divisé avant la venue d'ON et qu'au contraire, ce parti offre une option et un programme limpides et rassembleurs qui saura mobiliser les électeurs désabusés. Mais je respecte cette décision de M. Curzi. L'ON saura monter une équipe dynamique et convaincue sans nécessairement aller du côté des politiciens de carrière.

  • Carole Dionne - Inscrite 16 mars 2012 16 h 03

    Belle façon de s'en tirer

    Il dit refuser de réintéger le Pq. Il dit que le PQ l'a solicité. Si on aurait vraiment voulu l'avoir au PQ, on lui aurait donné le mandat qu'il désirait. Pas sûr que Marois voulait le voir réintégrer. Donc quoi de mieux que de dire qu'il ne veut pas réintégrer.

    D'ailleurs, s'il ne éintègre pas, il se retire à la fin de son mandat. Donc, cela aurait voulu dire qu'il espérait entrer sur la vague péquiste . Donc, il était prêt à être député de nouveau. mais il dit se retirer à la fin de son mandat. Encore une belle façon de s'en tirer. Dans son comté, on est péquiste, pas Curziste, donc il aurait perdu, surtout la face.

    Donc il a essayé de tout faire pour sauver la face.

  • Gilles Théberge - Abonné 16 mars 2012 16 h 38

    Il a bien fait

    C'est certainement en partie une question d'égo. Mais comment après avoir claqué la porte avec fracas, s'imaginer à un retour comme si de rien n'était. Il faut aussi être capable de faire preuve d'humilité dans la vie.

    Il a bien fait, à la fois d'annoncer son départ, et de ne pas faire d'autres vagues inutiles.

  • France Marcotte - Inscrite 16 mars 2012 17 h 59

    Oui madame

    Madame Marois accueille les dissidents mais à ses conditions et pas aux leurs.
    De toute évidence, on a plus de respect pour elle, on lui dit "oui madame, je comprends madame".

    Elle a passé l'épreuve du feu (et failli y laisser sa peau).

    D'accord, mais je tiens à souligner que cette épreuve-là n'avait jamais été exigée d'un autre chef pour qu'on le reconnaisse comme chef. Sinon, des exemples?

    Maintenant qu'elle est d'acier trempé, on lui dit "oui madame".

    Mais qui se soucie de cette incongruité? Moi non plus au fond, pourvu que ça marche.

    • Catherine Paquet - Abonnée 16 mars 2012 21 h 20

      Si le mandat que sollicitait Pierre Curzi comme condition de son retour au PQ avait l'importance qu'il dit, au point de déterminer son avenir politique, essayons de découvrir pourquoi il a quitté le caucus du parti pour songer à y revenir à peine quelques semaines pplus tard. Le mystère s'épaissit...