Huntingdon - Québec s'attend au respect de la loi 101

La présidente-directrice générale de l’OQLF, Louise Marchand, entend faire respecter la loi.
Photo: - Le Devoir La présidente-directrice générale de l’OQLF, Louise Marchand, entend faire respecter la loi.
«Nous avons eu un long débat sur les lois linguistiques au Québec et nous en sommes arrivés à un certain nombre de consensus que reflète la loi. Et nous nous attendons à ce qu'elle soit respectée», a fait valoir le premier ministre au sujet de la sortie du maire Gendron contre la Charte de la langue française.

Le maire de la petite bourgade de la Montérégie — moins de 2500 habitants — est parti en guerre contre la loi 101, jugeant «raciste» et «discriminatoire» l'obligation d'utiliser le français dans les communications avec les citoyens.

Au nom de sa minorité anglophone, le conseil municipal demande une révision de la Charte pour permettre aux villes de communiquer avec les citoyens indistinctement en anglais ou en français.

Le politicien municipal, qui est aussi animateur à la télévision, a fait savoir de son côté qu'aucune sanction ne le fera reculer dans sa volonté de servir sa population en anglais. «C'est clair, net et précis, peu importe qu'il y ait des condamnations, des amendes, des menaces, des injonctions, on va toujours continuer de servir notre population en anglais. On parle de nos anglophones qui représentent 40 et quelques pour cent de la population. Ce n'est pas une loi qui n'a pas d'allure qui va nous empêcher de respecter notre monde», a déclaré M. Gendron.

Saisi d'une plainte à la fin du mois de janvier concernant l'envoi de documents bilingues par la Ville de Huntingdon, l'Office québécois de la langue française (OQLF) a ouvert une enquête et a promis, hier, d'agir promptement dans cette affaire. «Si tant est qu'on soit incapable de convaincre la Ville de Huntingdon de respecter la loi, on va envoyer une mise en demeure, on va lui laisser le temps requis en vertu des règles d'équité procédurale et ensuite on va saisir le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) du dossier, n'ayez aucun doute», a dit la présidente-directrice générale de l'OQLF, Louise Marchand.

Le délai moyen pour le traitement des plaintes à l'OQLF est de 8,2 mois, mais le cas de Huntingdon «est particulier», a ajouté Mme Marchand.

La Ville de Huntingdon s'expose à des amendes variant entre 1500 $ et 20 000 $. En vertu de la Charte, seules les villes dont la population compte plus de 50 % de citoyens de langue maternelle anglaise peuvent être reconnues comme «bilingues» et par conséquent, autorisées à offrir des services dans les deux langues.

Pour le député péquiste Yves-François Blanchet, le gouvernement doit intervenir avec «sévérité» pour court-circuiter la résolution de défi à la loi 101 votée par Huntingdon.

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Gendron quittera la mairie avant la fin de son mandat


Stéphane Gendron quittera la mairie d'Huntingdon avant la fin de son mandat, en novembre 2013, pour se retirer sur sa ferme et se consacrer à ses activités médiatiques. Celui qui a multiplié, au fil des ans, les propos controversés et les déclarations incendiaires estime avoir fait le tour du jardin après près de dix ans en poste. Il ne ferme pas la porte à un éventuel saut en politique provinciale.

Il avoue ne pas vouloir se joindre à une formation politique dont il ne serait pas le chef. Le coloré personnage dit ne pas vouloir se trouver dans la même situation que Gérard Deltell, l'ex-chef de l'Action démocratique qui a depuis fusionné avec la Coalition avenir Québec de François Legault. «Moi, si je ne suis pas le chauffeur de l'autobus, ça ne m'intéresse pas», soutient Stéphane Gendron. «Embarquer dans une gang et être "pogné" comme Gérard Deltell à se prosterner devant François Legault, alors que François Legault est moins bon que Gérard Deltell, ça ne m'intéresse pas», lance-t-il.

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