Policiers en «commande politique» - Beauchamp traite les propos de Khadir de ridicules

Québec — Line Beauchamp a reproché hier à Amir Khadir de sombrer dans la «théorie du complot».

Au Devoir jeudi et en matinée hier, le député de Québec solidaire a condamné la force «démesurée» avec laquelle l'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec était intervenue devant le parlement jeudi pour contenir, à coups de gaz lacrymogènes, la manifestation des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité. Hier matin, après avoir rappelé des cas de brutalité policière récents, M. Khadir a fait ce commentaire: «Qui ordonne à ces gens-là de se comporter comme ça? En tout cas, j'espère que ce n'est pas une commande politique de Mme Beauchamp pour intimider les étudiants.»

M. Khadir a ajouté «ça ressemble, oui, un peu, à ce que je vois de Mme Beauchamp, là, qui semble irritée puis qui veut... montrer du poing vis-à-vis des étudiants». Le député QS a ajouté que ce n'est «pas le rôle des policiers d'être au service de Mme Beauchamp, les policiers sont là pour protéger l'ordre public et l'Assemblée nationale».

La ministre de l'Éducation se demandait hier si elle devait «s'offusquer» des propos de M. Khadir ou «prendre ça en riant, car c'est franchement ridicule!» Semblant déconcertée, elle a précisé malgré tout qu'il était «évident» qu'aucune commande politique n'avait été faite de sa part aux autorités policières: «La seule commande politique que j'ai entendue au cours des derniers jours, c'est M. Khadir lui-même qui appelait les manifestants à utiliser des moyens comme bloquer des ponts en disant que c'est pas si grave que ça!»

Mme Beauchamp a répété qu'à ses yeux, les étudiants ont le droit de manifester, avec civisme, dans le respect des règles. Si M. Khadir veut s'enquérir des méthodes policières, a ajouté Mme Beauchamp, il n'a qu'à aborder le sujet au Bureau de l'Assemblée nationale, où il siège depuis que l'ADQ a perdu son statut de parti reconnu, a-t-elle dit.
9 commentaires
  • M. Miclot - Inscrit 3 mars 2012 06 h 03

    Ridicule qui ?

    Il vaut mieux se ridiculiser que mentir. Bien sûr que la SQ est une police politique, l'équivalent plus propre des tontons macoutes. Il suffit de lire l'histoire des grèves au Québec, la SQ est toujours là avec ses matraques et maintenant son poivre et ses lacrymogènes. La frappe du pouvoir, heureusement, le Québec n'a pas d'armée.

  • parade21 - Abonné 3 mars 2012 07 h 55

    Une police politique?

    Il fut un temps où la PP (police provinciale), ancêtre de la SQ, avait des liens étroits avec le pouvoir politique. C’était au temps de Maurice Duplessis qui écrasait les grèves des ouvriers.

    Peut-on sérieusement prétendre que nous avons assisté à une répression de la manifestation étudiante suite à une commande politique comme le prétend le député Khadir? J’ai de forts doutes à ce sujet.

    La manifestation était de manière générale très pacifique. Mais une manifestation organisée par l’ASSÉ est souvent porteuse de dérapage. Il est probable qu’une minorité des étudiants présents était un peu plus agressive et tentait de traverser la barrière. Fallait-il utiliser le poivre de Cayenne et les gaz lacrymogènes pour autant? Cela est questionnable, mais certainement pas en accusant les forces policières d’avoir répondu à une commande politique.

    M. Khadir frappe à la mauvaise porte. Il se peut qu’il y ait eu manquement de la part des forces policières. Si c’est le cas, cela relève plus de la déontologie policière. À moins que M. Khadir établisse que son intuition et ses accusations reposent sur des bases solides et documentées. Ce qui n’est pas le cas jusqu’à maintenant. Et si ces accusations étaient fondées, il y aurait effectivement tout lieu de s’inquiéter.

    En attendant des informations supplémentaires, cette petite tempête médiatique a bien servi les intérêts politiques de M. Khadir et de Québec Solidaire. Ou est-ce le contraire?

  • Pierre Germain - Inscrit 3 mars 2012 14 h 11

    Madame beauchamp, autant vous y faire tout de suite

    Après le Auroît, le Mont Orfors et la Commission d'enquête sur la construction, ce sera les frais de scolarité. Madame Beauchamp, autant vous y faire tout de suite, vous allez devoir reculer car votre cause n'est pas juste et, de surcroît, vous la défendez avec des arguments fallacieux.

  • Roland Berger - Inscrit 3 mars 2012 15 h 15

    Une erreur de Khadir ?

    Peut-être Khadir s'est-il gouré en laissant entendre que la répression des étudiants sur la colline du Parlement ait suivi un commande politique. N'empêche que les policiers se prennent souvent pour le gouvernement et interprète aisément comme une commande les envies qu'ils ont de tabasser.
    Roland Berger

  • Gaétan Sirois - Abonné 4 mars 2012 10 h 30

    Bravo Line


    Pour une fois, je suis d'accord avec Line Beauchamp. Amir Khadir est un député, un médecin, il devrait au moins éviter d'agir comme un adolescent. Je suis étudiant et je récuse les propos d'Amir, car il ne sait pas ce que c'est que d'avoir des fins de mois difficiles et nous n'avons pas besoin de lui pour inspirer les casseurs, car ce ne sont pas les étudiants qui ont bloqué le pont Jacques-Cartier et les rues, mais des casseurs, des gens masqués qui n'ont rien à voir avec les étudiants qui ont fait une manifestation pacifique. Je demande que toutes les personnes qui portent des masques soient arrêtés sur-le-champ pour crime, car lorsque l'on a rien à cacher, on manifeste à visage découvert. À bas les casseurs et vive le travail des policiers qui ont évité le pire devant le Parlement et qu’Amir Khadir reçoive un blâme pour sa conduite inconsciente. Il ne mérite pas d’être député, il ne sait pas choisir ses combats.
    Estelle, étudiante.