Grève étudiante: des milliers d'étudiants manifestent à Québec

Des milliers de manifestants se sont réunis aujourd'hui à Québec pour protester contre la hausse prévue des droits de scolarité.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Francis Vachon Des milliers de manifestants se sont réunis aujourd'hui à Québec pour protester contre la hausse prévue des droits de scolarité.

Québec — Des milliers d’étudiants et de sympathisants vêtus de rouge ont marché dans les rues de Québec, aujourd'hui, pour protester contre la hausse des droits de scolarité.

Les manifestants se sont réunis au parc des Braves en début d’après-midi sur le Chemin Sainte-Foy avant de se diriger lentement vers la colline parlementaire où doit se terminer leur rassemblement.

Malgré un temps hivernal soufflé par le vent, entre 5000 et 10 000 étudiants étaient attendus.

Le PQ veut une sortie de crise

Plus tôt dans la journée, l’opposition péquiste a exhorté le gouvernement Charest à négocier une sortie de crise avec les étudiants en grève. Le Parti québécois s’oppose à la hausse des droits de scolarité et plaide pour un gel des tarifs.

À l’Assemblée nationale, la députée péquiste Marie Malavoy a demandé à la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, de convoquer les leaders étudiants pour une réunion au sommet.

«C’est dans la poche des étudiants qu’on va piger. La décision est mauvaise et c’est pourquoi cette mobilisation s’accentue. L’entêtement de la ministre et du gouvernement fait que la mobilisation va augmenter. Est-ce que la ministre pourrait prendre ses responsabilités et tenter de dénouer la crise en rencontrant les associations étudiantes?», a lancé Mme Malavoy, porte-parole du Parti québécois en matière d’enseignement supérieur.

Beauchamp imperturbable

La ministre Beauchamp est cependant demeurée imperturbable. La décision est prise, la hausse demandée est raisonnable et les étudiants doivent payer leur juste part, a-t-elle fait valoir.

Mme Beauchamp a rappelé que les étudiants québécois ne paieront que 17 % de la valeur de leur diplôme en dépit des augmentations inscrites au budget. «La décision prise, elle est comprise par une bonne partie de la population et aussi par une partie de la population étudiante», a-t-elle insisté.

La ministre a par ailleurs qualifié «d’irresponsables» les propos tenus plus tôt cette semaine par Amir Khadir, de Québec solidaire.

Refusant de condamner les actions d’éclat comme les blocages de rues et de ponts, le porte-parole de la formation de gauche a invité les étudiants à investir massivement la rue pour forcer le gouvernement à plier l’échine.

Plus de 84 000 étudiants collégiaux et universitaires sont présentement en grève générale illimitée pour exprimer leur désaccord avec l’augmentation annuelle de 325 $ des droits de scolarité pendant cinq ans décrétée par Québec.
28 commentaires
  • SNost - Inscrit 1 mars 2012 12 h 24

    Tous irresponsables

    Le PLQ est irresponsable. Il compromet l'accessibilité en ajustannt pas les prêts et bourses à la hausse des frais.

    Le PQ est irresponsable. Il n'explique pas comment il arriverait à financer la non indexation des frais de scolarité au cours des 20-25 prochaines années. C'est l'équité entre générations qui est en jeu, il faut assurer la p^érennité des programmes actuels, ce qui n'implique pas forcément de les bonifier automatiquement d'année en année.

    QS est irresponsable. La pérennité à long terme de nos programmes actuels est carrément en jeu en appliquant une politique idéologique de gogauche de ce parti. En appuyant aussi directement la contestation tous azimuts et l'instabilité sociala, QS montre qu'il sera toujours un parti de réactionnaires, inapte à gouverner.

  • LPPM - Abonnée 1 mars 2012 12 h 27

    Juste part...

    Payer notre juste part? Pas très solide comme argument. En quoi cela est juste et où la limite de cette «part»?

  • Horace Blunt - Inscrit 1 mars 2012 13 h 04

    La juste part,

    Il me semble que l'on paît suffisamment d'impôts et de taxes en tant que société pour que la juste part soit largement fournie. La prochaine étape ça va être quoi ? Faire payer les soins de santé = les vieux devront payer leur juste part pour se faire soigner. Parce qu'eux de toute façon, non aucune chance d'être rentable économiquement, je ne vois pas pourquoi l'état s'encombrerait du fardeau financier de garder en santé les personnes âgé, alors que c'est connu que ceux-ci ont amplement d'argent pour aller dans le Sud 6 mois par année, une maison déjà bien payé, une voiture neuve payé à même les fond de pension..

    La JUSTE part, c'est l'argument béton d'un gouvernement qui n'a jamais eu aucune notion en matière de JUSTICE.

  • michel lebel - Inscrit 1 mars 2012 13 h 34

    Ça suffit!

    Le gouvernement ne doit pas céder. À un moment donné, il fut bien décider! Le sujet a été tellement traité! Dans cette affaire, le PQ et Québec solidaire font tout simplement de l'électoralisme. Quant à Khadir, il se ridiculise!

  • Louis La Bonté - Inscrit 1 mars 2012 13 h 44

    Clarifions les choses: hausse totale de 3125$ par année

    Je ne sais pas si l'opinion publique est réellement consciente de l'ampleur de la hausse des dernières années et, parallèlement, de ses conséquences probables sur l'économie à long terme.

    En fait, j'ai entendu à maintes reprises la formule archi-fausse d'une hausse de «325$ sur cinq ans», alors que c'est «1625$ sur cinq ans». C'était exactement la même rhétorique erronée il y a quelques années avec la hausse de 300$ par année pendant cinq ans.

    C’est donc une augmentation de 3125$ par année; pour un baccalauréat de quatre ans, c'est 12500$ de dette en plus pour les étudiants de la classe moyenne... ou 12500$ de moins dans les poches de leurs parents, déjà surendettés.

    Nous sommes dans une société du savoir, alors le moins qu’on puisse faire est d’encourager le savoir, pas le faire payer chèrement avant même qu’il ne produise ses bénéfices!

    Sous couvert d’une rationalisation de l’économie, c’est plutôt un appauvrissement collectif qui risque de se produire. D’une part, les étudiants surendettés ne seront pas très portés à faire des enfants avant d’avoir payé leurs dettes. D’autre part, ceux qui abandonneront leurs études universitaires, pour ne pas être surendettés, risquent de faire de moins bons salaires et, donc, de rapporter moins à l’État pour payer la dette et les services publics.

    Je parie que, dans la croyance populaire, la hausse perçue est de 625$ par année (5 fois moins que la réalité). C’est toute une différence! Les étudiants gagnent souvent le salaire minimum, et 3125$, c'est deux mois de salaire *brut* à temps plein. Ça, c’est en plus de ce qu’ils payaient déjà. Or, il y a encore et toujours 12 mois, et il faut faire avec.

    Vivement un débat de société éclairé sur la question avec des statistiques officielles à l’appui et des faits scientifiques. Avec des formules aussi vagues qu’une «hausse annuelle de 325$», les médias jouent le jeu du gouvernement en fr