Prolongement de la route 167 - Entente entre Québec et les Cris

La route 167 s’arrête à l’heure actuelle à l’extrémité nord du lac Albanel. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La route 167 s’arrête à l’heure actuelle à l’extrémité nord du lac Albanel.

Le gouvernement du Québec a signé hier une entente avec les Cris de Mistissini pour la réalisation du prolongement de la route 167, «une nouvelle porte d'entrée pour accéder aux ressources du Nord québécois».

C'est ainsi que le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, a défini cette route qui est une première infrastructure liée au développement du Plan Nord. Pour M. MacMillan et son collègue Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones, il s'agit d'un «événement marquant dans la mise en oeuvre du Plan Nord» en plus d'accorder des retombées importantes aux Cris de Mistissini.

Ce n'est pas «un simple bout de route», a renchéri le chef du conseil de bande de Mistissini, Richard Shecapio. En effet, par cette entente, la communauté crie obtient de gré à gré trois contrats importants: la construction de la deuxième section du projet d'une valeur de 71 millions, le déboisement des 240 km (7,7 millions) ainsi que le traitement des déchets sur tout le corridor, mais dont le montant reste à déterminer.

Le chef Shecapio voit dans cette entente «une nouvelle route, une nouvelle opportunité». Selon lui, ce projet permet de nouvelles perspectives d'avenir pour les jeunes de la communauté. La route 167 représente un potentiel minier, mais également récréatif, touristique, forestier et éolien, croit M. Shecapio.

Mécontentement


Mais derrière ce bel enthousiasme, il se trouve plusieurs Cris mécontents. C'est notamment le cas de ceux qui ont formé une entreprise de construction (UUCHII) l'automne dernier afin de tenter de négocier avec le gouvernement pour obtenir les contrats liés au projet de la route 167. UUCHII a embauché un lobbyiste pour faire valoir son offre, mais le gouvernement était déjà en discussion avec le conseil de bande. M. Shecapio et son équipe refusent que des Cris puissent obtenir des contrats gouvernementaux sans le consentement de la communauté. UUCHII a déposé une requête en jugement déclaratoire afin que les tribunaux tranchent la question.

De plus, les individus dont le territoire de chasse, de pêche et de trappe sera traversé par la route 167 estiment avoir droit à un dédommagement de la part du gouvernement, ce que leur refuse le conseil de bande; ils ont soumis cette question aux tribunaux. Ces dossiers devraient être entendus au cours des prochains mois.

Malgré ces procédures judiciaires, les travaux de déboisement sont commencés depuis un mois. UUCHII avait d'abord tenté d'empêcher l'ouverture du chantier en faisant un blocus là où le prolongement routier est prévu. Le gouvernement a obtenu une injonction pour forcer le début des travaux.

La route 167 s'arrête à l'heure actuelle à l'extrémité nord du lac Albanel. De là, elle sera prolongée jusqu'au pied des monts Otish, où Stornoway souhaite exploiter un gisement important de diamants. L'entreprise en est actuellement à l'étape de l'exploration. À mi-chemin de la route, on retrouve au moins un autre projet minier, mais qui soulève une certaine controverse puisqu'il s'agit d'uranium (projet Matoush de Ressources Stateco).