Des milliers d’étudiants manifestent contre la hausse des droits de scolarité

Des milliers d’étudiants manifestent cet après-midi à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des milliers d’étudiants manifestent cet après-midi à Montréal.

Environ 6000 étudiants ont de nouveau pris la rue à Montréal, cet après-midi, pour dénoncer l’augmentation des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. Pendant ce temps, le mouvement de grève se répand comme une traînée de poudre.

La manifestation s’est déroulée dans l’ordre mais, après que les organisateurs eurent mené les manifestants à destination, au parc Émilie-Gamelin, un groupe d’entre eux a convergé vers le pont Jacques-Cartier, paralysant l’accès à la structure en pleine heure de pointe. La section anti-émeute est intervenue vers 16 h 30 pour libérer les accès au pont.

Au départ de la manifestation, les leaders étudiants disaient espérer être entendus du gouvernement Charest. «Le gouvernement doit prendre nos revendications au sérieux dès maintenant», a déclaré Jeanne Reynolds, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

«On peut maintenant parler d’une grève générale étudiante au Québec, a renchéri son camarade Gabriel Nadeau-Dubois. Le gouvernement doit reculer. Il n’aura bientôt plus le choix que de nous écouter, sinon, c’est le système d’éducation au Québec qui va être sérieusement paralysé.»

En fin de journée, plus de 62 000 étudiants s’étaient prononcés en faveur de la grève, dont plusieurs qui l’ont déjà déclenchée alors que d’autres le feront dans les jours à venir.

Les grévistes se retrouvent tant au niveau collégial qu’universitaire, et leur nombre devrait se gonfler considérablement alors que les votes se multiplient.

Par exemple, ces chiffres ne comprennent pas la grande majorité des cégeps ni les universités Concordia, McGill et de Sherbrooke.

Selon la Fédération étudiante universitaire, les étudiants accordent des mandats de grève dans des proportions de 70 à 80 %. L’appui a même atteint 90 % à certains endroits.

Par ailleurs, les leaders étudiants disent avoir constaté des taux de participation de 75 % pour certains votes, notamment au cégep Maisonneuve, où l’appui en faveur de la grève a atteint près de 70 %.

Une autre manifestation d’importance est prévue le 1er mars à Québec, et le tout doit culminer le 22 mars par une manifestation nationale dans la métropole.

«Ça fait deux ans qu’on dit au gouvernement que cette hausse est nuisible pour la population — en particulier les plus démunis, la classe moyenne, les femmes, les familles, a déclaré Mme Reynolds. Ce qu’on revendique, c’est que le gouvernement recule sur cette hausse.»

Québec ne donne toutefois aucun signe de fléchissement pour l’instant.

Beauchamp contre l’intimidation des opposants

En point de presse à Québec, la ministre de l’Éducation Line Beauchamp a plutôt exhorté aujourd’hui les leaders étudiants à dénoncer publiquement et à mettre fin à l’intimidation contre les opposants au mouvement de grève.

Des étudiants favorables à la hausse des droits de scolarité ont soutenu ces dernières heures avoir été victimes d’intimidation de la part des grévistes.

Des dissidents seraient raillés, ridiculisés et même bousculés dans les corridors d’université, ont témoigné certains d’entre eux.

Les gestes d’intimidation seraient posés notamment à l’endroit des membres du «Mouvement des étudiants socialement responsables», une organisation comptant environ 2000 adhérents sur les réseaux sociaux et qui appuie l’augmentation des frais scolaires.

Une porte-parole du Mouvement, Arielle Grenier, allègue que sa boîte de courriels a été inondée de messages haineux et menaçants.

En point de presse à Québec, la ministre Beauchamp a interpellé les représentants étudiants pour qu’ils interviennent publiquement afin que cesse le climat de confrontation.

Les débats doivent être menés «entre adultes» et sans intimidation, a fait valoir la ministre.

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23 commentaires
  • Sebastien Brissette - Inscrit 23 février 2012 18 h 13

    Un choix social

    Les libéraux tentent de brouiller les cartes en insérant le concept d’intimidation dans le débat sur un enjeu de société qui n’a rien à voir.

    De quoi parlent ces étudiants qui se disent socialement responsables? Est-ce de payer sa juste part? Il semble que depuis 1968, année de référence qui inspire le calcul de la facture proposée par le gouvernement libéral, personne au Québec n’ait eu à le faire. Payer sa juste part ne concerne-t- il que les étudiants actuels et à venir ou ceux qui ont bénéficié du soi-disant rabais seront également invités à passer à la caisse?

    Je crois notre gouvernement usé ne parle pas de rétroaction dans son plan, effrayé par cette ordre d’électeurs qui seraient scandalisés de devoir rembourser. Pourquoi alors serait-il juste de réclamer aux générations actuelles et futures de le faire, celles-là même qui devront se serrer la ceinture jusqu’à étouffer pour faire face au défi démographique hérité?

    Enfin, est-ce socialement responsable de démanteler l’État pour laisser une société d’individus en lieu et place?

    Est-ce socialement responsable de laisser les familles et les groupes se diviser ainsi pour une question d’idéologie?

  • webfil - Inscrit 23 février 2012 18 h 19

    L'intimidation des opposants?

    Les étudiants qui s'opposent à la hausse n'ont pas le monopole de l'intimidation, madame Beauchamp.

    Par ailleurs, sortez un peu de vos réunions de chambres de commerce et constatez l'indignation des étudiants.

  • Jonathan Bizier - Inscrit 23 février 2012 18 h 28

    mon histoire

    Vers midi j'ai vu sortir du métro ce troupeau d'étudiant se dirigeant vers la rue Ste-Catherine pour manifester. Je n'ai jamais aimé les grèves alors quand le gouvernement augmentait les frais de scolarité de 50$. Mais là, ça n'a pas de bon sens. Je suis nouvellement gradué de l'uqam ( 2010) et d'ici 5 ans les frais vont passé de 2200 à 3800 en moyenne par année.

    Pour une famille de 3 enfants à l'université par exemple c'est une augmentation de 4800 $ par année pour les parents. De plus, 1600 $ de plus d'ici 5 ans ça représente environ 3 semaine de salaire à 40 h semaine ( taux horaire de 15$). Il faudra qu'un étudiant travaille près d'un mois de plus par année pour payer cet écart plutôt drastique. Quand j'étais à l'université j'évaluais à environ 15 000 $ par année ( tout inclus ) 1 année universitaire. Or, c'est très difficile de gagner ce montant en travaillant l'été ( 3 mois à 15 $ de l'heure à temps plein) ca fait 7200$. Il a fallu que je m'endette d'environ 30 000$ pour combler ce manque ( 4 année de baccalauréat à 8000$ de manque à gagner). Mes parents ne m'ont jamais aidé dans le financement de mes études et maintenant je trouve ça lourd de rembourser ce montant. Me semble que ça suffit. Déjà je remet en question mon cheminement universitaire. C'est plutôt décourageant d'apprendre que les étudiants s'endetterons plus.

    Maintenant nouvellement gradué je gagne 40 500$ par année. Il m'en reste environ 28 000 dans mes poches. Mais mes dépenses ont augmenté; Je me suis acheté une petite voiture pour me déplacer à mon travail et j'évalue maintenant mes dépenses à 22 000 $ ( sans trop de folies ) par année incluant le prêt sur mon auto et tout. Il me reste donc 6 000 $ par année pour remboursé le prêt. Avec l'intérêt sur ma marge, cela prendra environ 6 ans à rembourser. Ce n'est pas rien; après 5 ou 6 ans j'aurais 34 ans et je n'aurais pas réussi à épargner une cenne.

  • Julie Boubou - Inscrite 23 février 2012 18 h 35

    Désinformation

    Désinformation. S.v.p. pouvons-nous arrêter de nuire au mouvement consciemment par l'entremise des médias. Il y avait environ 20 000 personnes à la manifestation. 1 ou 2 milliers ont continués les perturbations par la suite.

  • sm69 - Inscrit 23 février 2012 19 h 50

    ils ont 100% raison

    Ces manifestants ont raison de s'opposer au hausse de frais de scolarite. Je travaille et j'ai des enfants. Ces jeunes se battent pour nous tous, etudiants, gens d'affaires et travailleurs. Les hautes etudes devrait etre accessible a tous qui y sont capable. Cet un concept que certain on du mal a avaler, mais penser y: l'economie et la collectivite s'amiliore avec des gens qualifier et eduquer. Il n'y aucun benefice a mettre la haute education inaccessible a plusieurs. Il npus manque des docteurs, infirmieres, ingenieure et j'en passe, . Alors que se passe t'il? Est ce que le Quebec doit suivre l'Ontario?