Hydro-Québec - Le contrat d'Arcelor-Mittal restera secret

Hydro-Québec refuse de rendre public le contrat signé avec la multinationale ArcelorMittal pour l'approvisionnement électrique de son complexe minier de production de fer situé près de Fermont. La société d'État a toutefois admis que l'entreprise avait obtenu le tarif L, soit environ 4,5 ¢ le kilowattheure. Une entente décriée par le Parti québécois (PQ), mais jugée nécessaire par le gouvernement Charest, selon qui des tarifs plus élevés auraient pu «compromettre» les investissements de la minière. Celle-ci a cumulé des revenus de 94 milliards en 2011.

Par l'entremise de la Loi d'accès à l'information, le Parti québécois a demandé les contrats signés entre Hydro-Québec et ArcelorMittal concernant le mégaprojet minier de Mont-Wright. La société d'État et l'entreprise ont refusé de remettre les documents exigés. Hydro-Québec a invoqué cinq articles de la législation pour justifier son refus. Un de ceux-ci stipule qu'«un organisme public peut refuser de confirmer l'existence ou de donner communication d'un renseignement dont la divulgation aurait pour effet de révéler», par exemple, «un projet de tarification».

Une situation inacceptable, selon le Parti québécois, qui a attaqué le gouvernement Charest hier à l'Assemblée nationale. «On a appris que, pour l'agrandissement de la mine d'ArcelorMittal à Mont-Wright, qui a été annoncé en mai dernier, Hydro-Québec a vendu son bloc d'énergie à 4,3 ¢ le kilowattheure, au tarif L. L'électricité nous coûte 10 ¢ à développer et le premier ministre la vend 4,3 ¢ à ArcelorMittal. On perd au change, et on perd beaucoup», a soutenu le député Bernard Drainville.

Selon certains économistes, l'hydroélectricité qui sera produite au complexe de la rivière Romaine devrait en effet coûter 10 ¢ le kilowattheure. Et dans le cadre du Plan Nord, la société d'État devra investir 47 milliards de dollars sur 25 ans, essentiellement dans des projets hydroélectriques construits toujours plus au nord, avec les coûts que cela implique.

«On vend déjà notre minerai pas cher, on leur construit des routes, sans parler des chemins de fer, sans parler des ports qui pourraient venir. On ne va quand même pas leur vendre l'énergie pour moins cher que ça nous coûte à la développer, a ajouté M. Drainville. [...] Ça contredit directement ce que le premier ministre s'est engagé à faire, c'est-à-dire s'assurer que les Québécois fassent de l'argent avec les projets des minières dans le Nord.»

Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a répliqué qu'ArcelorMittal profitait du tarif L parce que l'entreprise fait aussi de la «transformation» au Québec. Elle exploite une usine de boulettage du minerai de fer à Port-Cartier. Ce produit est ensuite exporté par bateau. Et selon le ministre, un refus du gouvernement «aurait peut-être compromis les investissements».

ArcelorMittal a annoncé en mai 2011 des investissements de 2,1 milliards d'ici cinq ans dans l'expansion de son complexe minier de Mont-Wright. L'objectif est de produire 24 millions de tonnes de concentré de fer chaque année. Sur les marchés, les prix dépassent 100 $ la tonne.
29 commentaires
  • Assez merci - Inscrit 23 février 2012 04 h 45

    Voleurs..

    Si ce n`est pas se faire voler directement, je me demande ce que`c`est...

    La jeunesse d`aujourd`hui sera hypotéqué pour longtemps.

    EST est pour quand la révolution tranquille pour cette génération ???

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 23 février 2012 06 h 19

    Et ça continue

    Nous subventionnons une entreprise qui a déclaré 94 milliards de dollars de revenus en 2011.
    Mais ceci s'insère possiblement dans la stratégie du Plan Nord du PLQ et de M. Charest.
    Pour combler ce manque à gagner, on peut toujours augmenter les tarifs résidentiels de l'électricité et aussi les frais de scolarité.
    Le gouvernement fait appel au principe des vases communicants.

  • ClarkeCity - Inscrit 23 février 2012 06 h 40

    Privatiser les profits et socialiser les dépenses

    Le Plan Nord facilitera l'extraction de nos ressources minières par la construction et l'exploitation de centrales hydroélectriques particulièrement consacrées aux exigences énergétiques des différents projets industriels et miniers.

    Pendant qu'Hydro-Québec augmente l'électricité des Québécois, Hydro-Québec signe encore plus de contrats "Secrets" avec les minières.
    Malgré le coût dispendieux de cette électricité dans cette région nordique "Selon le PQ, la mine projetée par Adriana Resources, la plus importante du Plan Nord, pourrait bénéficier d’un tarif de 3,6 ¢/kWh" ( http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s )

    John James Charest aime brader les ressources naturelles du Québec. Les Québécois devraient se joindre aux étudiants pour exiger la démission du gouvernement Charest.

  • Yann Tissier - Inscrit 23 février 2012 07 h 22

    OUF ! Ça sent l'arnaque cette histoire-là !


    C'est fou comme ça me donne le goût de voter libéral aux prochaines élections !!!

  • Sanzalure - Inscrit 23 février 2012 07 h 25

    Hydro-Québec refuse...

    Hydro-Québec n'a pas le droit de refuser...

    «Hydro-Québec a invoqué cinq articles de la législation pour justifier son refus.»

    C'est qui à Hydro-Québec qui a décidé d'invoquer 5 législations pour refuser de répondre aux questions ? Personne à Hydro-Québec ne devrait avoir le droit, la possibilité, le temps de chercher à éviter de répondre à nos questions.

    On ne les paye pas pour ne pas nous répondre, on les paye pour nous répondre. Tous les employés et les cadres d'Hydro-Québec qui ont passé de leur temps que nous leur payons à chercher des moyens de ne pas répondre à nos questions devraient être congédiés sur le champ!

    Serge Grenier