Appel d'offres litigieux - L'Assemblée ira de l'avant

L’Assemblée nationale n’a pas l’intention d’annuler son appel d’offres pour le remplacement de 1200 suites bureautiques ciblant uniquement les produits Microsoft.<br />
Photo: Jacques Boissinot - Archives Reuters L’Assemblée nationale n’a pas l’intention d’annuler son appel d’offres pour le remplacement de 1200 suites bureautiques ciblant uniquement les produits Microsoft.

Malgré les cris et la consternation, l'Assemblée nationale n'a pas l'intention d'annuler son appel d'offres pour le remplacement de 1200 suites bureautiques ciblant uniquement les produits Microsoft en prétextant que cette démarche respecte le cadre législatif québécois. Les défenseurs du logiciel libre au Québec maintiennent toutefois que l'attribution envisagée de ce contrat discrimine leurs solutions informatiques et demeure indigne d'une institution censée défendre des valeurs d'équité tout en ayant à cœur le bien commun.

L'Assemblée s'est défendue hier d'encourager une telle discrimination en répétant que sa politique l'oblige à respecter la «libre concurrence», a indiqué au Devoir Jean-Philippe Laprise, porte-parole de l'institution. «Nous utilisons déjà plusieurs logiciels libres ici. Dans le cas du remplacement des suites bureautiques, en conformité avec la Loi 133 [Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics], nous avons commandé une étude indépendante qui, après évaluation des logiciels libres et des produits Microsoft, a conclu que ces derniers allait être plus avantageux, pour des questions de compatibilité et d'intégration.»

Fort de ce rapport, l'Assemblée a donc lancé au début de la semaine un appel d'offres pour l'achat ferme de 600 licences Office Pro Plus 2010 de la multinationale américaine Microsoft, couplé à l'achat de 600 autres en option, pour un total de 1200 logiciels informatiques. L'appel no 370100474 se termine le 28 février prochain. Le contrat est d'une valeur variant entre 900 000 $ et 1,2 million.

La Fédération québécoise des communautés et des industries du livre (FQCIL) n'en démord toutefois pas. En agissant de la sorte, l'Assemblée envoie un message contradictoire alors que dans son enceinte, lors de l'étude de la loi 133, les élus ont «unanimement» exprimé l'importance de prendre en compte «les solutions en logiciels libres» dans les marchés publics, résume l'organisme par voie de communiqué.

Hier, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, a rappelé que l'Assemblée nationale n'est pas assujettie à cette loi et a, malgré ça, «franchi toutes les étapes requises» pour l'émission de l'appel d'offres.

N'empêche, pour le député Éric Caire, représentant la Coalition avenir Québec, la décision de l'Assemblée est tout simplement «désolante», a-t-il indiqué au Devoir. «Ce n'est pas en s'enfermant dans un monopole [celui de Microsoft]| que l'on va faire des économies, a-t-il dit. La démonstration est faite que le logiciel libre permet de faire des économies. C'est donc une mauvaise décision et c'est le contribuable qui va payer pour ça.»

La FQCIL rappelle également que, en juin 2010, la Cour supérieure du Québec avait qualifié d'illégal ce genre d'appel d'offres, réclamant à l'avenir que les instances publiques tiennent compte du logiciel libre pour la mise à jour de son parc informatique.

Se distinguant par ses formats ouverts, sa flexibilité, en opposition aux logiciels privatifs fermés des multinationales qui réclament des droits d'utilisation pour chacun de leurs logiciels, les logiciels libres peinent à trouver leur place dans l'administration publique, même si, selon leurs défenseurs, ils stimulent une démocratie saine, fondée sur une informatique ouverte et libre, encouragent le dynamisme économique et évitent le gaspillage.

Selon le groupe de pression, l'achat de licences pour des logiciels privatifs est une source de gaspillage au profit de multinationales étrangères, gaspillage qui correspond «aux montants de l'impôt santé de 200 $ et à l'augmentation des droits de scolarité exigée aux jeunes Québécois», prétend la Fédération.

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Avec la collaboration de Robert Dutrisac
1 commentaire
  • Michel Miclot - Inscrit 23 février 2012 06 h 26

    Jusqu'au bout pour les ripoux..

    Ces libéraux nous voleront donc jusqu'au bout !! Chacun devrait être poursuivi par la collectivité pour vol et abus de biens sociaux. Ainsi , ils pourraient rejoindre tous leurs petits amis derrière les barreaux même un zoo ferait l'affaire pour ces caricatures de ripoux.