Mise sur pied d'un comité stratégique sur la souveraineté

La chef péquiste Pauline Marois, en compagnie du comédien Emmanuel Bilodeau, du président du PQ, Raymond Archambault, et du chef du Bloc québécois, Daniel Paillé. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef péquiste Pauline Marois, en compagnie du comédien Emmanuel Bilodeau, du président du PQ, Raymond Archambault, et du chef du Bloc québécois, Daniel Paillé.

Un comité de 12 personnes, parmi lesquels figurent le comédien Emmanuel Bilodeau, l'ex-syndicaliste Claudette Carbonneau et le chanteur Paul Piché, aura pour tâche d'actualiser 148 études sur la souveraineté et d'élaborer une stratégie référendaire pour le Parti québécois (PQ).

La chef du PQ, Pauline Marois, a présenté hier les 12 membres du Comité sur la souveraineté, dont la création a été annoncée en janvier dernier. Trois stratèges de la campagne référendaire de 1995 en font partie: le constitutionnaliste Henri Brun, le négociateur commercial Carl Grenier et l'essayiste et conseiller politique Jean-François Lisée. Mme Marois assume la présidence de ce comité au sein duquel siègent deux élus du PQ (Alexandre Cloutier et Véronique Hivon). La vice-présidence est assumée par le nouveau chef du Bloc québécois, Daniel Paillé.

Le comité a tenu sa première réunion hier matin à Montréal. Au cours des prochains mois, le groupe mettra à jour les études sur la souveraineté, réfléchira aux stratégies, moyens et gestes requis pour que le Québec accède à la souveraineté et dressera le bilan des relations fédérales-provinciales depuis le référendum de 1995. Aucun échéancier n'a été fixé pour la réalisation de cette démarche pédagogique.

«Notre but est de faire du Québec un pays», a déclaré Mme Marois, qui a concentré le tir sur Stephen Harper. «Non seulement le Québec n'a pas avancé depuis le référendum de 1995 au point de vue constitutionnel, mais depuis l'arrivée des conservateurs de Stephen Harper au pouvoir à Ottawa, les reculs du Québec vont en s'accentuant», a-t-elle dit.

Mme Marois a cité en exemples l'abolition du registre national des armes d'épaule, la nomination d'unilingues anglophones à la Cour suprême et au poste de Vérificateur général, l'adoption du projet de loi C-10, l'abandon du protocole de Kyoto et la fixation de M. Harper sur la royauté britannique. Autant d'exemples du fossé culturel et politique séparant le Québec du Canada, dit-elle. «Le gouvernement canadien n'a aucun respect, ni pour les valeurs, ni pour les intérêts du Québec», estime-t-elle.

La chef du PQ s'est montrée plus évasive sur la place qu'elle entend accorder à la souveraineté lors de la prochaine campagne électorale. «Nous allons faire de la défense des intérêts du Québec un enjeu majeur de la prochaine élection», a-t-elle dit.

Pas question non plus de s'engager sur un échéancier référendaire. «Il n'y aura pas de promesse de tenue de référendum. Il n'y aura pas non plus d'engagement à l'effet que nous n'en tiendrons pas. L'agenda reste ouvert», a expliqué Mme Marois.

Comité homogène

Le comité des 12 (14 avec Mme Marois et Daniel Paillé) est formé exclusivement de Québécois francophones de souche. Les membres des communautés culturelles y sont absents, et seules trois femmes en font partie, dont la chef du PQ.

Le chanteur Paul Piché ne se formalise pas outre mesure de cette absence de diversité. «Chacun de nous a beaucoup plus de différences culturelle qu'on pense. Le pure laine, ça n'existe plus, a-t-il dit. Je sais que c'est très important pour la photo, souvent, d'avoir autant de femmes que d'hommes et des représentants des communautés [culturelles]. Honnêtement, je n'ai jamais accordé beaucoup d'importance à ça.»

Le comité veillera à inclure des membres des minorités culturelles dans le cadre de ses travaux, assure-t-on.
43 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 20 février 2012 06 h 11

    Étapes par étapes par étapes par...

    Une autre étape dans les étapes qui mènent aux étapes de la souveraineté par une gouvernance souverainiste.
    Que de tergiversations inutiles!
    Le PQ doit se renouveler en profondeur en:
    ---mettant le cap sur l'indépendance
    ---en se donnant un chef convaincu de la nécessité de cette orientation.
    Sinon, il nous faut remplacer le PQ par L'Option nationale.
    Ça fait plus de quarante ans que nous tournons autour du pot. Décidons-nous

  • Gilles Bousquet - Abonné 20 février 2012 07 h 08

    @ M. Françaois Ricard

    Les Québécois tournent autour du pot parce qu'ils ne veulent pas embarquer dedans en assez grand nombre.

    Quoi faire alors ? Changer le pot pour un autre qui serait plus rassembleur, solidement majoritaire. C'est à nos partis politiques de trouver la couleur et la forme de ce pot qui n'est certainement pas la simple souveraineté "la séparation du Québec du Canada". M. Lévesque avait trouvé la souveraineté-association et le trio Parizeau, Bouchard, Dumont, la souveraineté-partenariat. Jamais la simple souveraineté qui n'attire pas assez de Québécois.

  • NiDieuNiMaitre - Inscrit 20 février 2012 07 h 44

    Encore des études?

    Il n'y a pas à chercher longtemps pour une stratégie référendaire M. Parizeau l'avait très bien (ou mal) exprimé. Le PQ doit convaincre l'argent et le vote ethnique et surtout exiger que pour voter au prochain référendum on doit avoir son adresse principale au Québec depuis 3 ans pour éviter les adresses de complaisance et les nouveaux naturalisés que les cous rouges ne manqueront pas de faire entrer à tour de bras, puis enfin et surtout surveiller leurs dépenses que tout le monde sait ont été illégales voire frauduleuses. Mais là rien d'étonnant quand le camp du nom était dirigé par un certain John James Charest.

  • lise bélanger - Abonnée 20 février 2012 08 h 10

    Préparer l'émergence de notre pays

    Bien sur, cela prend des constitutionnalistes, et surtout des stratèges professionnels, et également des gens de publicité (Vous vous souvenez Sheila Cops, mais ça marche).

    Cela prend des professionnels de plusieurs ressources, également tel que M.Sauvé, militaire de profession.

  • Gerard Pitre - Inscrit 20 février 2012 08 h 23

    Le machiavélisme est loin d'être mort.

    À m. François richard. Tant qu'à déblatérer pour déblatérer, abstenez-vous donc s'il vous plaît, non obstant le fait que je vous reconnais le droit de dire n'importe quoi. Continuez comme tant d'autres à diviser pour règner et jamais l'indépendance se fera. Ce sont une multitude de gens comme vous, qui véhiculent un discours de division qui aide nos adversaires à se maintenir en poste. C'est en s'unissant et non en se divisant qu'on est plus fort. La droite a compris ça ça fait longtemps. La faiblesse des uns est directement proportionnelle à la cohésion des autres. Cessons de mettre l'emphase sur le comment et mettons la sur le but, l'objectif, et une fois atteint, on pourra duscuter sur les moyens. Tout ce que la grande famille souverainiste a su faire depuis au moins 40 ans c'est de se chicanner sur la place publique sur les détails de plomberie comme le disait René Lévesque, plutôt que de se consentrer sur l'objectif. C'est comme si un groupe de gens se chamaillaient pour savoir comme ils vont se rendre à une destination précise. Il y a plusieurs façons d'y arriver: à pied, en avion, en auto en train etc. Certaines sont plus rapides, d'autres plus lentes. L'important ce n'est pas le moyen, l'important c'est le but. Va-t-on finir par le comprendre une fois pour toutes? Merci

    Gérard Pitre