Pauline Marois veut taxer les riches pour abolir la contribution santé

Pauline Marois a soutenu qu’avec son annonce d’hier, elle prenait «le parti de la classe moyenne et des familles québécoises».
Photo: - Le Devoir Pauline Marois a soutenu qu’avec son annonce d’hier, elle prenait «le parti de la classe moyenne et des familles québécoises».
La contribution santé a été instaurée pour régler en partie le problème de financement du secteur de la santé, qui grève une part toujours plus élevée du budget de l'État québécois. Pauline Marois a expliqué qu'elle n'avait pas l'intention hier d'annoncer un programme complet de mesures pour régler le problème du financement de la santé. Elle a tout au plus évoqué des compressions — et non des abolitions — dans les agences de santé, admettant ne pas en avoir évalué les économies. Ces calculs seront dévoilés lors d'une éventuelle campagne électorale, a-t-elle dit. «Nous sommes à travailler à nous préparer et nous ne nous ferons pas prendre comme la dernière fois», a-t-elle insisté, notant que le premier ministre pourrait surprendre la classe politique à tout moment en déclenchant un scrutin. Sur un ton électoral, Mme Marois a soutenu qu'avec son annonce d'hier, elle prenait «le parti de la classe moyenne et des familles québécoises»: 4,5 millions de personnes qui retrouveraient «un peu d'espace dans leur budget». Selon elle, Jean Charest a depuis 2003 pressé les familles de la classe moyenne «comme des citrons» en haussant la TVQ à plusieurs reprises, la taxe sur l'essence, les tarifs d'électricité et les droits de scolarité.

«Lutte des classes»


Mais à resserrer l'étau fiscal sur la classe la plus aisée, celle-ci ne sera-t-elle pas tentée de quitter le Québec? «Je ne crains pas un exode des gens qui ont de grands revenus», a répondu la chef péquiste, soutenant qu'il y avait «énormément d'avantages à vivre au Québec», notamment le prix des maisons, les taxes foncières, l'accès à l'université.

Le ministre des Finances Raymond Bachand a répliqué que le PQ se «radicalisait». «On croirait entendre Québec solidaire parler!» Le taux d'impôt marginal au Québec, actuellement à 48 %, est le plus élevé au Canada, a-t-il dit. Or, avec les mesures annoncées hier, un gouvernement Marois le ferait grimper à 56 %: «Au lieu de relancer une lutte des classes, est-ce qu'on pourrait regarder comment on crée la prospérité, comment on crée la richesse?», a-t-il répété. Les Québécois les plus fortunés ne sont à son sens pas assez nombreux: 4 % des Québécois paient 33 % des impôts. M. Bachand a défendu sa contribution santé, soulignant que les plus pauvres ne la paient pas. Avec différentes mesures (allocations familiales, primes au travail, etc.), les couples avec deux enfants ont de 5000 à 10 000 $ de plus dans leurs poches qu'en 2003, a-t-il fait valoir.

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