Route 167: le chef Shecapio maintient sa position

Empêtré dans le dossier de la route 167 du Plan Nord qui divise sa communauté, le chef de la nation crie de Mistissini, Richard Shecapio, a réitéré son refus que les citoyens ou des entreprises cris puissent négocier directement avec le gouvernement du Québec.

Pour M. Shecapio, la primauté des intérêts collectifs est le fondement des façons de faire de la nation crie et il est hors de question d'en déroger. «On n'a jamais vu des Cris revendiquer pour eux-mêmes. C'est un nouveau concept pour nous qui va à l'encontre de nos traditions», a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir la semaine dernière.

M. Shecapio et son équipe du conseil de bande font face à un groupe de citoyens de Mistissini ayant formé une entreprise de construction (UUCHII) qui veulent faire des affaires avec le gouvernement sans être sous leur autorité. De plus, six maîtres de trappe dont le territoire est traversé par le prolongement de la route 167 veulent obtenir une compensation financière puisqu'ils estiment subir un dommage: leur aire de chasse et de pêche est réduite par la construction de la nouvelle infrastructure.

Mais voilà, la nation crie est en pourparlers avec Québec depuis février 2011 et a obtenu en juin, de gré à gré (par l'entremise de son entreprise Eenatuk), le contrat de déboisement en deux phases (4,8 millions) du projet. Aussi, les négociations se poursuivent pour la construction du lot B et l'entretien futur de l'infrastructure. «On a agi comme un gouvernement avec le ministère des Transports avec l'objectif de tirer le plus de bénéfices pour la communauté. [...] Mais il y a aussi un bénéfice direct pour les familles qui peuvent travailler sur le projet», a expliqué M. Shecapio.

Ce dernier a précisé que c'est un comité formé des familles touchées (relevant chacune d'un maître de trappe) qui décide qui obtient ou non un emploi. Seule la famille Mattawashish a refusé jusqu'à maintenant de se soumettre aux décisions discrétionnaires dudit comité. «On leur a gardé une place», laisse tomber le chef.

Les travaux de déboisement ont commencé la semaine dernière contre la volonté des maîtres de trappe et de UUCHII. Une injonction a obligé les manifestants à retirer. Ces derniers attendent maintenant que les tribunaux se prononcent sur leurs droits.