Moderniser l'État - Legault promet le courage que Charest n'a pas eu

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, compte être porté au pouvoir avec un mandat fort. Il s’attaquera alors, promet-il, à la modernisation de l’État québécois.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, compte être porté au pouvoir avec un mandat fort. Il s’attaquera alors, promet-il, à la modernisation de l’État québécois.

Québec — Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a promis hier de faire preuve du courage que n'a pas eu Jean Charest en 2003 pour moderniser l'État québécois. Et pour y arriver, il compte sur un mandat fort.

«Je trouve ça regrettable que M. Charest ait reculé, qu'il ait manqué de courage. Il aurait peut-être pu, s'il avait écouté Monique Jérôme-Forget, en faire un peu plus; il ne l'a pas fait. Bien, il vivra avec son bilan. On a un État actuellement qui n'a pas été modernisé depuis neuf ans, mais aussi, on doit le dire, depuis une trentaine d'années», a déclaré François Legault au terme de la réunion de présession du caucus des neuf députés caquistes. Le chef de l'aile parlementaire du parti, Gérard Deltell, et la leader parlementaire, Sylvie Roy, accompagnaient leur chef.

La réingénierie, promise par les libéraux en 2003, a été accueillie par une fronde de la part du monde syndical et d'une grande partie de la société civile. François Legault juge que Jean Charest «n'avait peut-être pas réussi à aller chercher l'adhésion d'une grande partie de la population». Depuis 2003, «il y a eu une évolution» et il entend d'ici la prochaine élection «expliquer à la population que ces changements sont nécessaires et sont pour le bien de la population».

Enseignants et médecins

Une fois portée au pouvoir, la CAQ, dans les 100 premiers jours de son mandat, rouvrira les conventions collectives des enseignants et les ententes de rémunération des médecins. François Legault souhaite y parvenir par la négociation, mais il n'entend pas reculer. «Ce n'est pas vrai que le Québec, on va continuer à le gérer en écoutant seulement les groupes de pression, incluant les syndicats», a-t-il affirmé. Il est temps «de mettre de côté les vieux dogmes syndicaux».

Un gouvernement caquiste chargera les directeurs d'école de l'évaluation des enseignants. Les enseignants toujours jugés incompétents après une forme de rééducation seront appelés à changer de profession. En contrepartie, les enseignants bien cotés pourront compter sur une hausse de salaire de 20 % en moyenne et jusqu'à 30 % pour des enseignants qui exercent leur métier dans les écoles en milieux défavorisés. «On pense fondamentalement qu'il n'y a rien de plus important à l'école que l'enseignant et que si on veut attirer plus d'élèves [sic] de qualité dans les facultés d'éducation, il faut les payer», a fait valoir François Legault.

L'idée d'évaluer les enseignants soulève l'ire des syndicats. Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, a accusé les caquistes d'être «des semeurs de vent qui récolteront la tempête». À ses yeux, cela revient à «proposer le désordre. C'est clair». François Legault, qui n'entend pas respecter la parole donnée, «n'est pas un homme d'honneur», a-t-il affirmé.

En santé, il s'agit de garantir à tous les Québécois l'accès à un médecin de famille en modifiant la rémunération des médecins omnipraticiens: 50 % de leurs honoraires viendraient du paiement à l'acte, contre 100 % à l'heure actuelle, et 50 % seraient liés à la prise en charge des patients. Chaque médecin devra prendre en charge un minimum de 1000 patients.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin, a rappelé que les médecins venaient tout juste de renouveler leur entente avec le gouvernement, une entente qui prévoit déjà des mesures visant la prise en charge des patients. Il a mentionné que le chef de la CAQ lui avait promis d'investir 500 millions dans les cliniques, ce qu'il voit d'un bon oeil.

«On a vraiment l'impression qu'il veut tout démolir», a commenté le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a accusé l'ancien ministre péquiste d'avoir participé à la «destruction du réseau de la santé» à la fin des années 90. «Il cherche une solution à un faux problème», a avancé Yves Bolduc.

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Avec la collaboration d'Antoine Robitaille

Avec La Presse canadienne

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49 commentaires
  • hyde - Inscrit 8 février 2012 00 h 52

    Hausse des salaires: une fausse solution

    J'aimerais qu'on m'explique la logique de Legault.

    Pour améliorer la qualité de l'enseignement et combattre le décrochage, Legault propose d'augmenter le salaire des enseignants.

    L'augmentation de salaire va rendre la matière plus intéressante?

    L'augmentation de salaire va calmer les garçons un peu trop actif pour les bancs d'école?

    L'augmentation de salaire va permettre aux enseignants d'avoir plus de ressources matérielles et pédagogiques?

    L'augmentation de salaire va réduire le nombre d'élève pas classe?

    L'augmentation de salaire va discipliner les enfants-rois en classe?

    L'augmentation de salaire favorisera l'implication des parents dans les études de leurs enfants?

    L'augmentation de salaire fera en sorte qu'ils n'y aura plus d'enfant allant à l'école le ventre vide?

    Désolé, mais je ne vois pas en quoi une augmentation de salaire réglera tous ces problèmes.

    Si Legault croit que ça réglera ces problèmes, cela signifie qu'il croit que les enseignants ne sont que des paresseux, égoïstes, qui se foutent de leurs élèves et qui ne se forcent pas pour donner un enseignement de qualité. Ce qui serait franchement simpliste et surtout honteux pour un homme qui aspire à devenir premier ministre et souhaite ironiquement valoriser le métier d'enseignant.

    Quand est-ce qu'un journaliste confrontera Legault sur sa fausse solution de hausser les salaires des professeurs? Quand est-ce que les médias cesseront leur complaisance. Ça commence à devenir honteux ce silence médiatique. Surtout de la part du Devoir.

  • Robert Dufresne - Inscrit 8 février 2012 01 h 17

    Legault:le courage de Charest,faites moi rire.

    Pour lecourage de JJCharest,on repassera.Quand Legault s'est fait couper l'herbe sous ses pieds par P.Marois quel courage a t il eu,il a demissione pour bouder dans son coin et essayer de se fonder un parti politique pour etre sur cette fois d'etre chef.Si c'est cela avoir du courage,c'est vraiment pas tres fort comme logique.
    Si l'on suit son resonnement,cet energumene va nous faire croire au miracle avec un groupe de minus qui ont eu le meme courage que leur nouveau chef,quitter leur poste dans leur formation politique par crainte de perdre leur job et ainsi possiblement leur pension.
    Avant meme d'avoir un seul elu comme membre de la coagulation
    arriere Quebec,il ose demander pour avoir les privileges d'un parti qui est reconnu par les regles de l'assemblee nationale.
    Ce que Legault essaye de faire c'est d'une bassesse qui depasse
    l'entendement et il ose appeler cela du courage.
    Pour moi c'est une fumisterie de la part d'un pretentieux qui parle
    des sans courage.Ce n'est pas un poste de premier ministre qu'il merite mais d'un long sejour dans un institut psychiatrique et il devrait
    amener avec lui ses petits chiots errants.qui courent apres leur queue,
    parce qu'ils ne savent pas faire autre chose de plus utile.
    Si il y a des gens qui pensent que la caq c'est l'avenir,c'est qu'ils ne
    comprennent pas grand chose de ce genre de caquais,c'est une attein
    te a l'intelligence des quebecois.
    Quand tu pretend etre l'homme pour gouverner et que tu n'est meme pas capable de faire un discours sans tele souffleur et que tu parle anglais comme une vache espagnole,excuse moi mais des caquais dans ce genre la on en a pas besoin ,nous en avons deja assez comme ca ,n'en mettez plus la cour est pleine.
    Robert Dufresne.

  • Catherine Paquet - Abonnée 8 février 2012 05 h 57

    Comme un Matamore...

    François Legault, comme un adolescent, peu soucieux de la valeur des choses, promet, si on lui en donne la chance, de tout casser sur son passage. Pourquoi perdre du temps à dicuter avec des partenaires et respecter les ententes intervenus de bonne foi quand on peu, détenant le pouvoir, les jeter à la poubelle. Pourquoi prendre le temps de discuter de la chage de travail et des résultats d'un système complexe, quand on peut, le pouvoir aidant, payer les uns, congédier les autres et faire marcher au pas tout un régiment de serviteurs...

  • pierre savard - Inscrit 8 février 2012 06 h 41

    La réaction des libéraux

    Jean-Marc Fournier qui rit des autres... Et l'Ilot voyageur....

  • parade21 - Abonné 8 février 2012 07 h 21

    Il suffisait d'y penser

    M. Legault prétend que le gouvernement Charest a manqué de courage parce qu’il n’a pas réalisé la réingénierie de l’État. Je rappellerai à M. Legault que la fonction publique vit toujours sous l’emprise de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui quitte pour la retraite. Et que cette politique s’applique dorénavant dans les emplois de bureau dans le secteur de la santé et de l’éducation. Cette politique s’inspire du concept de nouvelle gestion publique au centre de la réingénierie de l’État. Je rappelle aussi à M. Legault les conséquences catastrophiques de la réduction du personnel au MTQ ( ministère des Transports du Québec). Une incapacité de contrôler adéquatement les chantiers routiers du Québec parce qu’il n’y a pas assez de personnel qualifié et que l’expertise a quitté pour le secteur privé. J’invite fortement M. Legault, et ses nouveaux amis, à lire le livre des auteurs Rouillard, Fortier, Montpetit et Gagnon, intitulé de la réingénierie à la modernisation de l’État québécois publié en 2009. Il y trouvera certainement matière à réflexion et qui sait, il changera peut-être son discours. La réingénierie de l’État a bien eu lieu et elle se continue avec les idées, tant du Parti libéral qu’avec celles de la CAQ.

    Il suffisait d’y penser. Le problème c’est les syndicats et les travailleurs. M. Legault devrait regarder du côté de ses amis du patronat. Casser du sucre sur les dos des travailleurs syndiqués a toujours été payant pour qui aspire à prendre le pouvoir comme la CAQ tente de le faire. Clichés et lieux communs, c’est cela la CAQ. Pas l’ombre d’une réflexion digne de ce nom. De l'idéologie de droite à l'état pur.