Selon la Fondation Rivières - Des petites centrales qui coûtent gros

C'est un déficit chronique de 33 millions par année, augmenté de 2,5 % par an d'ici 20 ans, pour une perte globale de 860 millions, qu'Hydro-Québec va encourir si Québec laisse se réaliser les huit projets de petites centrales hydroélectriques encore en préparation.

C'est ce qu'a affirmé hier la Fondation Rivières en faisant état des calculs d'un ancien ingénieur d'Hydro-Québec, Réal Reid. Ce dernier a été responsable de la préparation de plusieurs projets de la société d'État. Les huit projets ciblés par la fondation font partie d'un groupe de 13 petites centrales choisies dans le cadre d'un appel de propositions. Jusqu'ici, deux projets ont été annulés et trois ont été réalisés, soit ceux de Pont-Arnaud et de Chute-Garneau à Saguenay et un autre sur la rivière Franquelin, sur la Côte-Nord.

Parmi les huit projets qui mériteraient d'être annulés, selon la Fondation Rivières, on en retrouve quatre dans lesquels participent des bandes autochtones. Des autochtones de la région du Lac-Saint-Jean sont ainsi partenaires d'un nouveau projet de barrage dans le parc de Val-Jalbert. Le premier projet avait été mis en déroute à la suite d'une audience publique dans les années 90.

Deux autres projets sont proposés par les Innus de Pessamit et un autre par la Société en commandite Manouane Sibi. Les autres projet sont parrainés par la Société Hydro-Canyon Saint-Joachin inc. sur la rivière Sainte-Anne-du-Nord, par la municipalité de Shannon sur la rivière à saumons Jacques-Cartier, par la Société d'énergie Rivière Sheldrake sur la rivière au Tonnerre et par la Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean sur la rivière Mistassini.

Selon la fondation, ces projets sont d'autant plus contre-indiqués qu'Hydro-Québec va payer autour de 12 ¢ du kilowatt-heure cette électricité alors qu'elle vend ses surplus autour de 6 ¢ aux États-Unis. Ou encore dans le cadre de contrats avec des alumineries à des taux préférentiels.

«[...] Hydro-Québec Distribution n'aura d'autre choix que de demander une augmentation des tarifs à la Régie de l'énergie. Ce système semble servir à financer une poignée d'entrepreneurs et de consultants, de municipalités ou de communautés qui ont le privilège d'avoir une chute sur leur territoire», explique Réal Reid, alors que les profits d'Hydro-Québec profitent à tout le monde.
6 commentaires
  • Francois Ayotte - Abonnée 3 février 2012 06 h 32

    0.12 $

    On achète à 12¢ et on revend à 4.2¢ au alumineries.

  • Alain Saladzius - Abonné 3 février 2012 08 h 04

    Des coûts cachés révélés

    Il faut aussi souligner que le communiqué de la Fondation Rivières révèle les coûts cachés de transport, de distribution de l'électricité et autres qui s'ajoutent au prix d'achat indexé d'Hydro-Québec. Tous ces coûts étaient jusqu'à maintenant inaperçus. A lire sur le site www.fondationrivieres.org

  • Bernard Terreault - Abonné 3 février 2012 09 h 09

    Je n'ai jamais compris

    C'est quoi le but de harnacher de petites chutes peu rentables tout en gâchant le paysage ? Je n'ai jamais compris. Quelques uns doivent faire de l'argent avec, mais au détriment de la masse d'entre nous. Ce n'est pas mieux que de subventionner des entreprises déficitaires, qui ferment et mettent les travailleurs à pied de toute manière, six mois ou trois ans plus tard : la liste est innombrable, à commencer dès les années '60 par Sidbec, Renault, Hyundai, les mines d'amiante, et je ne sais combien de forestières et de papetières.

  • Roland Berger - Inscrit 3 février 2012 12 h 04

    À Bernard Terreault

    Vous dites ne jamais avoir compris. Le progrès, c'est comme la religion. C'est bon parce que c'est bon, quels que soient les torts causés.
    Roland Berger

  • Amie du Richelieu - Inscrit 3 février 2012 14 h 09

    Une autre preuve...

    Une autre preuve que c'est l'industrie de la construction, et surtout du béton, qui mène le Québec...à n'importe quel prix...