La CAQ fait son mea-culpa pour la publication d’une liste erronée de donateurs

La CAQ a publié en début de semaine deux versions d’une même liste des quelque 1000 citoyens qui ont contribué financièrement à l’organisme à but non lucratif qu’était la coalition avant de devenir un parti politique, à la mi-novembre.
Photo: - Le Devoir La CAQ a publié en début de semaine deux versions d’une même liste des quelque 1000 citoyens qui ont contribué financièrement à l’organisme à but non lucratif qu’était la coalition avant de devenir un parti politique, à la mi-novembre.

Québec — La Coalition avenir Québec a fait son mea-culpa aujourd'hui pour avoir rendu publique une liste de ses donateurs truffée d’inexactitudes.

Penaud, le conseiller principal du chef François Legault, Martin Koskinen, a confié à La Presse canadienne qu’il assumait l’entière responsabilité pour ce cafouillage.

La CAQ a publié en début de semaine deux versions d’une même liste des quelque 1000 citoyens qui ont contribué financièrement à l’organisme à but non lucratif (OSBL) qu’était la coalition avant de devenir un parti politique, à la mi-novembre.

Les versions comportent des écarts considérables quant aux montants versés. Les dons provenant de mêmes individus varient d’une liste à l’autre et sont, dans certains cas, multipliés par 10.

Par exemple, l’une des versions indique que Yanick Soulières, de Montréal, a remis 50 $ à la CAQ alors que l’autre affiche un montant de 500 $. Même chose pour Lucille Théroux, de Montréal, dont la contribution passe de 50 $ à 500 $ de la première à la seconde version.

Le don de Nancy Cloutier, de Blainville, fait quant à lui un bond de 350 $ à 1000 $, alors que celui de Jean-François Thibault, de Montréal, — un employé de la CAQ — chute de 2500 $ à 250 $.

À cela s’ajoutent les noms d’au moins deux Montréalais identifiés comme des donateurs, mais qui soutiennent ne pas avoir contribué financièrement à la CAQ.

Aléas informatiques

En entrevue, M. Koskinen a admis que la liste comportait de nombreux accrocs attribuables, du moins en partie, selon lui, aux aléas de l’informatique. Il a convenu que les montants affichés ne sont pas toujours exacts et que des personnes ont pu se retrouver sur la liste des donateurs — parce qu’elles avaient été invitées à des activités de financement — sans avoir versé un sou.

M. Koskinen a plaidé «l’erreur de bonne foi» de la part d’une jeune organisation soucieuse de faire montre de transparence. «Il y a eu manifestement des problèmes et j’en assume la responsabilité entière. On n’a pas voulu tromper les gens, on voulait bien faire par souci de transparence. C’est dommage que le cafouillage soit étalé sur la place publique, mais on va apprendre de nos erreurs», a-t-il dit.

Les dépôts seront tous vérifiés, passés au peigne fin, et une nouvelle liste revue et corrigée sera publiée prochainement, a ajouté M. Koskinen.

Les libéraux blâment Legault

Le mea-culpa de M. Koskinen n’a pas satisfait le Parti libéral du Québec pour qui le blâme revient à François Legault, le comptable et le chef politique.

«On peut comprendre qu’une erreur se glisse dans une liste, mais là, on assiste à une cascade d’erreurs qui révèlent une administration et une comptabilité en dessous des standards minimums. Est-ce cela l’administration que promet la CAQ? Tout ça ne fait pas sérieux», a lancé le président du PLQ, Marc Tanguay.

Une analyse que partage le Parti québécois. «Ça manque de sérieux, ça manque de préparation, on voit bien qu’ils ne sont pas prêts pour former un gouvernement. S’ils sont incapables de gérer 315 000 $ en dons, comment vont-ils faire pour administrer un budget de 70 milliards?», a illustré le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Le député péquiste a aussi reproché au chef de la CAQ de fuir ses responsabilités en se cachant derrière un subalterne.

Selon les informations publiées par le clan de M. Legault, l’OSBL de la CAQ a recueilli 315 493 $ en dons en 2011 et ses dépenses ont totalisé 314 606 $.

La somme résiduelle de 887 $ a été versée à une oeuvre d’alphabétisation.
Ces montants sont exacts, mais la distribution des sommes devra être corrigée, a pour sa part indiqué l’attaché de presse de M. Legault, Jean-François Del Torchio

12 commentaires
  • NL - Inscrit 2 février 2012 17 h 16

    Quoi ne pas inventer!

    D'ailleurs...

    C'est bien beau la transparence, mais la CAQ s'est-elle questionnée à savoir si elle divulguait des renseignements de nature confidentielle concernant les donateurs à l'OSBL?

  • Joho - Inscrite 2 février 2012 17 h 26

    Parti pour la gloire

    Ha bon ! Il ne s'agit certainement pas d'une erreur de prête-nom, même si cela en a toutes les apparences.

    Ce parti a pour devise "aboule le fric" du contribuable, parions que la caq aura tout l'argent nécessaire pour atteindre un sommet de prospérité, le record de 9 millions en une année du PLQ est gravement menacé. Et tout comme Charest en 2008 il vantera l'extraordinaire dynamisme des caquéteux.

  • kfs78 - Inscrite 2 février 2012 17 h 32

    Quel culot...

    M. Marc Tanguay a du front tout le tour de la tête lui qui, comme président du PLQ depuis 2009 alors qu'il a succédé à Jean D'Amour, devait très certainement être au courant du salaire occulte versé à Jean Charest depuis 10 ans… Est-ce que ça fait sérieux, ça, M. Tanguay, un salaire occulte caché dans la colonne des frais généraux?????? Sans compter l'affaire Axor et les autres scandales qu'a connu son parti...

    Ou peut-être que M. Tanguay préfère la façon d'administrer du Parti libéral???? Des garderies en échanges de dons, ça lui dit quelque chose??? Pour le sérieux du PLQ, on repassera… Ce n'est très certainement pas en matière de commission d'enquête que son chef et ses sbires font dans le sérieux non plus...

  • d robidoux - Inscrit 2 février 2012 17 h 54

    Le changement dans le cafouillage

    Ça promet dans la gestion de l´État s´ils sont au pouvoir.
    Et certains qui détournent le problème en parlant du PLQ.
    Piètre défense!

  • SNost - Inscrit 2 février 2012 18 h 13

    Bof...

    Ils ont publié une liste interne rapidement, sur demande des médias, sans se valider mur à mur. Il n'y a rien de très angoissant dans tout ça.