La CAQ balaie les critiques au sujet de son financement

Les cofondateurs de la Coalition avenir Québec, François Legault et Charles Sirois. Ce dernier est un de ceux qui ont contribué deux fois 1000 $ à la CAQ en 2011, d’abord alors que c’était un organisme sans but lucratif, puis un parti politique.<br />
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Les cofondateurs de la Coalition avenir Québec, François Legault et Charles Sirois. Ce dernier est un de ceux qui ont contribué deux fois 1000 $ à la CAQ en 2011, d’abord alors que c’était un organisme sans but lucratif, puis un parti politique.

Québec — La Coalition avenir Québec a dû repousser les critiques des libéraux et des péquistes qui l'ont accusée de ne pas avoir respecté l'esprit de la Loi électorale et ses dispositions sur le financement des partis.

Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a noté que certains membres de la CAQ avaient contribué 1000 $ en 2011 à la Coalition pour l'avenir du Québec, l'organisme sans but lucratif (OSBL) qui a précédé la création du parti, et un autre 1000 $ toujours en 2011 à la CAQ, la formation politique, alors que le don maximal qu'un électeur peut faire à un parti est de 1000 $ par an. Le cofondateur de la CAQ, Charles Sirois, et l'avocat et ancien président de l'ADQ, Mario Charpentier, responsable du financement de la CAQ, ont procédé de la sorte.

«Ils [les caquistes] se présentent en disant: moi, je suis bien meilleur, moi, je suis formidable, a raillé Jean-Marc Fournier. Le minimum aujourd'hui, c'est qu'ils remboursent.»

En créant son OSBL, François Legault s'était engagé à respecter les règles de la Loi électorale comme si son mouvement était un parti politique. À la suite d'une plainte du chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a confirmé il y a deux semaines que la CAQ à l'origine n'était pas un parti politique et n'était donc pas soumise à la Loi électorale. La CAQ n'a donc rien fait d'illégal.

Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, s'est ému du fait que 46 dons totalisant 20 000 $ proviennent d'un même cabinet d'avocats, BCF à Montréal, dont Mario Charpentier est le directeur. «On dirait que François est en train de s'attacher. Quarante-six contributions du même bureau d'avocats, ça commence à avoir l'air un peu organisé», a-t-il affirmé.

Des petits accrocs

L'attaché de presse de la CAQ, Jean-François Del Torchio, a reconnu quelques petits accrocs, sans plus: des dons versés par Internet en provenance de l'extérieur du Québec, de France ou encore de l'Ontario. «La CAQ n'a pas de leçon d'éthique à recevoir des libéraux ou des péquistes», a-t-il dit. Le directeur général de la CAQ, Patrick Lebel, a diffusé un communiqué pour réitérer que toutes les règles avaient été respectées. Il estime, en outre, que l'interprétation de Bernard Drainville «est pernicieuse et pourrait engendrer des répercussions nuisibles pour la réputation de toute la classe politique».

***

NDLR: Une modification a été apportée à cet article après la mise en ligne.
34 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 1 février 2012 00 h 36

    Ça commence bien

    Comme c'est beau la transparence. Ça nous en apprends des choses. Entre autres que la maxime semble s'appliquer à savoir que : plus ça change plus c'est pareil.

    Même genre de personnages, même genre de pratiques. C'est pas exactement ce qu'on appelle du changement.

    Et peut-on faire remarquer puisque l'on prétend être en politique qu'on ne voit pas le bout du début de la queue d'un programme...

  • wilbrode - Inscrit 1 février 2012 01 h 33

    Panique et diversion.

    Il se peut qu’il y ait une certaine forme de CAQuisme, très québécois d’ailleurs, qui fasse en sorte que les contributions à la caisse dudit parti ne soient pas toutes très «catholiques». À part le fait que les scandales tous azimuts se succèdent aux rythmes de la démesure politicrate, il convient plutôt de faire le sain exercice de se rappeler dans quel parti politique François Legault a fait ses apprentissages techniques, à quelle époque et sous quel chef… Par contre, les attaques de John James Charest, sur ce sujet, sont saugrenues et non avenues. Ce n’est pas seulement risible et bassement grotesque, mais c’est littéralement choquant, répugnant et précisément révoltant. À l’heure actuelle, au Québec, s’il y en a un qui ne peut donner de leçons à qui que ce soit et sur quoi que ce soit, n’est-ce pas ce chef et PM PLQuiste, associé à toutes les magouilles péri-politiques qui scotchent les officines de son autocratie aux collusions les plus scandaleusement corruptives, aux vrais mensonges dont se nourrissent les pachas-parias de l’intelligentzia crapuleuse des pouvoirs suprêmes dont le PLQ est succursale affectée aux blanchiments tous azimuts ainsi qu’aux malversations qui ont ruiné, de façon irréversible, la crédibilité et la respectabilité de politiciens sans retenue, sans réserve et sans la moindre discrétion.

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 1 février 2012 05 h 46

    La CAQ= social-ploutocratie

    La CAQ est une social-ploutocratie.
    L'argent de ceux qui veulent avoir une véritable influence sur l'état.
    Une carte de membre gratuite aux syndiqués et gagne-petit afin de se donner une légitimité.
    Sirois, organisateur politique hors-pair, a bien l'intention de nous "organiser".

  • Raymond CHALIFOUX - Abonné 1 février 2012 07 h 34

    "Quarante-six contributions du même bureau d'avocats..."

    "... ça commence à avoir l'air un peu organisé», (...)

    " ... et pourrait engendrer des répercussions nuisibles pour la réputation de toute la classe politique».

    " ... Robitaille, ... Catania, ... Deschamps..

    Ce qui étonne, ici, c'est que tout cela fasse la manchette! Hé ho! du bateau! Qu'il lève la main celui qui s'attendait, pour vrai, à autre chose...

    Depuis quand s'étonne-t-on qu'une poule caquette?

    "On the road again..."

  • glanglais - Inscrit 1 février 2012 07 h 55

    De son bord...

    Bonjour,

    Ils sont où les bureaux d'avocats et d'autres professionnels qui n'ont pas bénéficié de l'avantage de leur parti au pouvoir? Certains, pour s'enrichir, n'avaient comme clients importants que les gouvernements. On sait maintenant que dans un gouvernement dirigé par la CAQ que la firme d'avocats BCF décrochera de bons contrats d'honoraires. Ce sera tout simplement son tour n'en déplaise à M. Jean-Marc Fournier, bienheureux dans sa limousine et de ses primes de séparation dont la deuxième est à venir.

    Gaston Langlais - Gaspé.