Plan Nord - Début des travaux sur la route 167

La route 167 est le premier jalon du Plan Nord de Jean Charest.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La route 167 est le premier jalon du Plan Nord de Jean Charest.

Le déboisement de la forêt permettant le prolongement de la route 167 a débuté hier, malgré la tentative avortée de l'entreprise crie UUCHII d'empêcher les travaux.

Il y a dix jours, les partenaires d'UUCHII ont mis en place une barricade pour signifier leur mécontentement devant l'indifférence du ministère des Transports (MTQ) à prendre en compte leur demande de négocier le contrat pour la route 167, le premier jalon du Plan Nord. Le cabinet du ministre délégué aux Transports avait alors affirmé qu'il ne démantèlerait pas de force la barricade.

Or, vendredi dernier, le MTQ a obtenu une injonction provisoire afin d'assurer l'accès au chantier jusqu'au 6 février. De plus, le tribunal autorise «la Sûreté du Québec à prendre les moyens nécessaires pour faire respecter la présente injonction».

Le déboisement est effectué par Eenatuk, une entreprise appartenant à la nation crie de Mistissini. Le MTQ a donné de gré à gré ce mandat sans qu'il y ait eu de contrat signé. Hier, le porte-parole du ministère était incapable de dire quelle somme avait été accordée pour abattre les arbres. «Les négociations se poursuivent», a indiqué Guillaume Lavoie du MTQ.

Ce dernier a toutefois précisé que ce contrat est l'un des éléments de l'entente-cadre déjà intervenue avec le conseil de bande de Mistissini. Cette entente accordera le déboisement pour l'ensemble du tracé (240 km) de la route 167 jusqu'aux monts Otish, la construction de la route lors de la deuxième phase ainsi que l'entretien de la route d'hiver.

Joint hier, le président d'UUCHII, Christopher Matoush, s'est dit «déçu» de la situation. «Mais on va réagir», a-t-il affirmé sans apporter de précision.

M. Matoush et ses partenaires cris réclament de pouvoir brasser des affaires directement avec le gouvernement et de ne pas être ainsi assujettis au contrôle des dirigeants du conseil de bande de Mistissini.

Dans un communiqué de presse diffusé vendredi dernier, la nation crie de Mistissini soulignait avoir proposé à UUCHII de travailler ensemble à la réalisation du projet. On dénonce par ailleurs le lobbyiste embauché par UUCHII qui tenterait, selon eux, «de dresser les Cris contre les Cris, de les diviser, de les affaiblir». Il a été impossible hier de joindre le lobbyiste.
1 commentaire
  • SylvainArchambault - Inscrit 31 janvier 2012 07 h 01

    Le déboisement... avant les autorisations environnementales pour la route!

    "Début des travaux sur la route 167" ????
    Et pourtant l'évaluation environnementale n'est même pas terminée!
    Le promoteur du projet (Min. des Transports du Québec) vient à peine, il y a douze jours, de répondre aux questions soulevées lors des audiences de l'été dernier.
    http://www.ceaa-acee.gc.ca/050/documents-fra.cfm?e
    L'agence canadienne d'évaluation environnementale n'a même pas rédigé son rapport. Les autorisations environnementale pour la route n'ont pas encore été accordées.

    ... et le déboisement commence déjà ??? C'est quoi cet empressement ??