Les rails du CN seront bel et bien déplacés pour construire Turcot

Ceux qui espéraient voir le ministère des Transports du Québec (MTQ) renoncer au déplacement des rails du CN et des voies de l'autoroute 20 dans le cadre du projet Turcot seront déçus. Le MTQ maintient le cap et soutient que l'embauche de l'ancien premier ministre Daniel Johnson comme négociateur permettra de conclure les discussions déjà engagées avec le CN.

Le projet de reconstruction du complexe Turcot prévoit le déménagement vers le nord des voies ferrées et de l'autoroute 20, au pied de la falaise Saint-Jacques. Mais à cet endroit le sol est instable, car il s'agit de l'ancien lit de la rivière Saint-Pierre. Des travaux de stabilisation de sol devront donc être réalisés, ce qui augmentera les coûts.

Or, le 18 janvier dernier, Le Soleil révélait que le MTQ avait confié à Daniel Johnson le mandat de négocier des ententes avec le CN sur plusieurs dossiers, dont celui du pont de Québec, du rond-point Dorval et du complexe Turcot. Opposés au déplacement des rails dans le projet Turcot, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, et le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal y ont vu le signe que le dossier était loin d'être réglé.

Mais le MTQ soutient qu'au contraire le dossier est avancé. «On n'en est pas aux aspects de base comme l'emplacement [des rails]. Sur ce sujet, il y a déjà des discussions qui ont été menées avec le CN depuis le milieu des années 2000 et c'est déjà réglé, a expliqué au Devoir le porte-parole du MTQ, Guillaume Lavoie. Là où il va y avoir des négociations, ça va être sur différents aspects techniques et financiers, comme l'entretien de certaines infrastructures et les échanges de terrains.»

En parallèle


Le ministère n'entend donc pas changer d'idée ou revoir la configuration du projet. Le directeur du Bureau des projets Turcot, Alain Dubé, l'a d'ailleurs répété le 11 janvier dernier lors d'une rencontre d'information tenue par le MTQ en présence de représentants d'une trentaine d'entreprises qui souhaitent participer au projet.

Guillaume Lavoie rappelle que le nouvel échangeur Turcot sera construit en parallèle avec les infrastructures actuelles, car le MTQ souhaite maintenir la circulation routière et ferroviaire pendant toute la durée des travaux. La relocalisation des infrastructures routières et ferroviaires permettra aussi de dégager la cour Turcot qui, indique M. Lavoie, présente un potentiel de développement urbain. Reste que le déplacement des voies du CN coûtera 150 millions, ce qui n'inclut pas les coûts de préparation du sol, a-t-il précisé.

Compte tenu des contraintes techniques liées au déplacement des rails et des coûts élevés de cette opération, Daniel Bouchard, du CRE de Montréal, estime qu'il vaudrait mieux y renoncer et utiliser cet argent pour des projets de transport collectif dont la métropole a grand besoin. «Il y a un point où la décision n'est plus rationnelle», dit-il.

En décembre, Québec a lancé un appel de qualification pour la reconstruction de Turcot, qui sera réalisé en mode conception-construction (CC).
3 commentaires
  • CEDA St-Henri - Inscrit 27 janvier 2012 11 h 53

    L’entêtement du MTQ fait peur…

    Pas besoin d’être ingénieur pour comprendre que construire sur un sol instable est plus coûteux… L’argent des contribuables est dépensé sans discernement, comme si c’était une ressource inépuisable. Et pourtant des alternatives ont été proposées… rejetées par le MTQ sans être analysées sous prétexte qu’elles seraient trop coûteuses!?!

    Des spécialistes de tous les milieux s’entendent pour dire que le projet de réfection de Turcot proposé par le MTQ n’a pas de sens. On ne compte plus le nombre de communiqués, reportages et autres prises de positions d’individus et d’organismes dont l’expertise est reconnue, et qui jouissent (habituellement) d’une grande crédibilité tant auprès du gouvernement qu’auprès de la population. Mais dans le dossier Turcot… tout le monde est logé à la même enseigne, tant les citoyens qui s’époumonent à revendiquer un meilleur Turcot, que tous les spécialistes qui démontrent, illustrent et expliquent, mois après mois, tous les impacts négatifs de ce projet.

    En attendant, nous, les citoyens, les payeurs de taxes, faisons les frais de ce manque d’intégrité flagrant et indécent de la part du gouvernement Charest et de son allié à la Ville de Montréal. Dix ans de travaux, détérioration de la qualité de vie, mesures de mitigations problématiques, coûts astronomiques et exponentiels…

    Quand va-t-on mettre le génie et l’expertise québécoise au service de la population???

    Sylvie Rouillard, animatrice communautaire
    Citoyens en action
    CÉDA St-Henri

  • armand guindon - Inscrit 27 janvier 2012 13 h 10

    Le Terrain

    "Le projet de reconstruction du complexe Turcot prévoit le déménagement vers le nord des voies ferrées et de l'autoroute 20,au pied de la falaise Saint-Jacques".
    À qui appartiens ces terrains.
    La ville devra-t-elle les acheter et à qui?

  • Marc O. Rainville - Abonné 27 janvier 2012 14 h 40

    Quand va-t-on mettre le génie et l’expertise québécoise au service de la population???

    Je seconde. Un autre aspect désolant de ce projet c'est l'expropriation d'une centaine de locataires pour permettre de construire une bretelle temporaire. Le Ministère se débarasse de ces empêcheurs de vivre en condos afin de laisser la place aux promoteurs qui ont fait main basse sur ce gouvernement.