Que Legault se fasse élire, réclame le PQ

Pauline Marois cet après-midi au caucus péquiste. <br />
Photo: Antoine Robitaille Pauline Marois cet après-midi au caucus péquiste.

Joliette — S’il souhaite une reconnaissance parlementaire pour sa Coalition avenir Québec, que François Legault se présente dans l’élection complémentaire dans Argenteuil, clame Stéphane Bédard. Le leader péquiste au parlement a fait une sortie ce matin, à l’entrée de la seconde journée du caucus péquiste à Joliette, pour s’attaquer à la CAQ, dont les neuf élus ont tenu leur première réunion hier à Québec. La circonscription d’Argenteuil est vacante depuis la démission du libéral David Whissell, en début d’année.

Au sortir de leur première réunion de caucus, François Legault a réclamé que le statut de groupe parlementaire, que l’ADQ avait obtenu en 2009, soit transféré à la CAQ. Ce statut confère des temps de parole et des budgets de recherche au parlement. 
 
M. Legault a soutenu que si les autres partis refusent le transfert, il en appellera à la population pour qu’elle l’aide à faire pression sur les autres élus. 
 
Selon l’article 13 du règlement de l’Assemblée nationale, pour former un groupe parlementaire sous une bannière déterminée, cette même bannière doit avoir subi l'épreuve du feu lors d'une élection générale: «Tout groupe d'au moins douze députés élus sous la bannière d'un même parti politique, ou tout groupe de députés élus sous la bannière d'un parti politique qui a obtenu au moins 20 % des voix aux plus récentes élections générales constitue un groupe parlementaire.» 
 
Le règlement peut être contourné si tous les partis s’entendent. En 2009, par exemple, l'ADQ a obtenu le statut de groupe reconnu même si elle n'a obtenu que 16,37 % des voix et six députés. Elle l'a même gardé après le départ des députés Marc Picard et Éric Caire. Son budget de recherche a été diminué en conséquence cependant.
 
Ce matin, Stéphane Bédard a insisté sur le fait que pour l’instant, aucune demande formelle n’a été présentée par la CAQ. De plus, aucun changement de nom n’a été enregistré au parlement: «Au moment où on se parle, l’ADQ existe encore. Il y a un chef de l’ADQ payé selon les règles de l’Assemblée nationale, avec les budgets de l’ADQ. On est comme entre deux chaises. Le caméléon n’a pas encore tout à fait changer de peau.» 
 
Aux yeux de M. Bédard, le règlement ne prévoyait pas que «neuf vire-capot» décident de former un parti, a-t-il raillé au passage. Déjà, le 11 novembre, des sources au parlement avaient envisagé l’ampleur du «casse-tête» qui nécessitera, pour ce qui est des temps de parole, une décision du président Jacques Chagnon.
 
Combattre Harper

Par ailleurs, le député de Marie-Victorin Bernard Drainville s’est montré rassuré ainsi que solidaire avec sa chef et son caucus, ce matin. «On se serre les coudes et on regarde en avant», a-t-il dit avant de reprendre les éléments essentiels du discours de Pauline Marois, prononcé hier soir à Saint-Jean-de-Matha, où elle a participé à l’investiture d’André Villeneuve, député de Berthier qui a décidé de se représenter lors de la prochaine élection générale.
 
Alors que la CAQ soutient qu’il faut se concentrer sur les «vrais problèmes», M. Drainville soutient que «Stephen Harper est en train de devenir un "vrai problème" pour le Québec», parce qu’il souhaite investir dans les prisons, le domaine militaire et veut forcer les provinces à couper en santé et en éducation. Or, aux yeux de M. Drainville, «il y a juste le Parti québécois qui peut arrêter Stephen Harper».
 
Alliances mortes nées

Par ailleurs, la question des alliances avec Québec solidaire n’a pas accaparé une grande partie des discussions hier, ont révélé certains députés péquistes, dont Sylvain Simard (Richelieu), ce matin. Une dizaine de minutes en tout y aurait été consacrées. 
 
Plusieurs élus dont Bernard Drainville, qui en avait fait une question de survie électorale pour le PQ dans son entrevue au Devoir le 14 janvier, ont répété que désormais, le dossier était dans les mains de la chef et que c’était à elle de trancher. Les péquistes soutiennent du reste que c’est Québec solidaire qui a fermé la porte en confirmant au mois de novembre l’investiture de la co-porte-parole Françoise David dans Gouin. Des déclarations d’Amir Khadir à La Presse, ce matin, ont aussi été considérées comme une marque de fermeture. Le député de Mercier a affirmé que le Parti québécois «ne ferait pas la souveraineté».
14 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 26 janvier 2012 11 h 13

    Ils devraient pourtant comprendre.

    C'est comme ça que le Bloc québécois est né, n'est-ce pas?

  • Louka Paradis - Inscrit 26 janvier 2012 11 h 16

    Démocratie 101

    Pour qui se prend ce Legault qui veut s'arroger directement le droit de parole sans passer par des élections ? C'est une insulte aux électeurs. Ce qu'on voit clairement, c'est que François Legault ne voudrait utliliser la démocratie que pour satisfaire ses ambitions et ses intérêts personnels. Un homme qui veut s'approprier un pouvoir qui ne lui revient pas de droit, ça s'appelle un usurpateur. C'est de très mauvais augure pour la suite des choses... J'espère que ceux qui dirigent le Parlement ne laisseront pas une telle chose se produire, car ce serait tout à fait révoltant !

  • GJacques - Inscrit 26 janvier 2012 11 h 52

    La démocratie...

    Le PQ connaît bien la démocratie... Refusez le droit de parole à des élus parce qu'ils ont joint une nouveau parti ! Madame Marois a une belle occasion de démontrer son ouverture d'esprit et tout simplement sa vraie raison d'être...

  • Curley - Inscrite 26 janvier 2012 13 h 00

    Merci M. Robitaille

    Justement je me posais la question hier à savoir: Comment des politiicens élus sous un bannière peuvent se présenter à l'Assemblée Nationale sous un autre chapeau sans passer par une élection. Merci d'avoir éclairé ma lanterne.

    Bon les péquistes ressortent les épouivantails en parlant de Monsieur Harper comme si on serait dans un pays assiégé et sous le joug de je ne sais quoi. On est envié de toute la planète pour une bonne gestion etc. et on va faire du millage sur ce. On a vraiment du temps à perdre. Tout n'est pas parfait.

    Avant de fanfaronner sur leur unité revenue, il serait préférable pour eux de nous concocter quelque chose d'autre que de la chicane.
    Finalement, ce ne serait pas une si mauvaise idée que cela, de leur permettre de sebpointer à l'assemblée nationale, ça apportera une nouvelle dynamique et on aura peut-être droit à des débats intelligents, je l'espère.

    L.St-Laurent

  • Bernard Gervais - Inscrit 26 janvier 2012 13 h 27

    Rêver en couleur

    François Legault compte donc sur la pression de la population afin d'obtenir pour ses députés le statut de groupe parlementaire, si Charest et Marois s'y opposent.

    Sincèrement, M. Legault rêve un peu en couleur. Les électeurs ont déjà bien d'autres choses à faire que de s'occuper de ça.