L'agent officiel de la CAQ a été mis en cause dans le scandale du Faubourg Contrecoeur

L'agent officiel de la Coalition avenir Québec (CAQ) a été montré du doigt dans le scandale immobilier montréalais Faubourg Contrecœur, qui fait toujours l'objet d'une enquête policière.

Marc Deschamps a siégé au comité de sélection chargé d'examiner les soumissions des promoteurs pour le développement du Faubourg Contrecoeur, dossier truffé d'irrégularités et mené par la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM). Le manque d'intégrité du processus de qualification auquel a été associé M. Deschamps a été critiqué par les experts mandatés pour faire la lumière dans ce dossier.

Le rapport de la firme Samson Bélair Deloitte & Touche déposé en avril 2009 souligne notamment un problème dans le choix (non documenté) des membres du comité de sélection. «Nous n'avons pas retracé de preuve que leur indépendance face aux différentes parties intéressées a été analysée», écrivent les auteurs du rapport.

Le vérificateur général de la Ville de Montréal a également déposé un rapport dans lequel il note que le projet Contrecoeur avait été traité «en priorité et dans des délais accélérés». Le dossier a été transmis à la Sûreté du Québec. Selon les informations recueillies, l'enquête est toujours active.

Le maire dans l'embarras


À l'époque de ces événements, Marc Deschamps travaillait pour la firme Raymond Chabot Grant Thornton, qui avait été impliquée dans la transformation de la SHDM en organisme privé contre l'avis du contentieux de Montréal. Depuis, le statut de la SHDM est redevenu public. M. Deschamps assumait également les fonctions d'agent officiel pour le parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal (UM).

Le rôle joué dans la sélection d'un entrepreneur par un officiel de son parti avait plongé le maire Tremblay dans l'embarras. M. Tremblay avait alors demandé à UM de s'assurer que, dorénavant, les personnes qui ont des responsabilités ou des mandats avec le parti ne puissent pas être appelées à participer à des jurys de sélection pour la Ville ou des instances qui y sont liées. «Je dois avouer que je ne pensais pas un jour être obligé d'émettre ce genre de directive car, pour moi, c'était évident», avait alors déclaré le maire de Montréal.

Marc Deschamps est toujours agent officiel d'Union Montréal. Il en est l'un des cofondateurs. Depuis lundi, il assume également des fonctions similaires pour la CAQ. À ce titre, c'est lui qui doit s'assurer du respect de la Loi sur le financement des partis politiques auprès du Directeur général des élections.

Le chef caquiste, François Legault, a affirmé en conférence de presse qu'il avait choisi M. Deschamps pour ses «compétences» de comptable agréé. «C'est une personne fiable», a souligné M. Legault. Hier, la CAQ a soutenu que c'est l'employeur de

M. Deschamps qui avait eu le mandat, qu'il n'avait jamais collecté de fonds pour UM et que les rapports «n'ont rien dénoté d'inapproprié dans ce dossier». «Nous n'avons aucune raison de remettre en doute sa version des faits», a affirmé le porte-parole du parti, Jean-François Del Torchio.

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