Une voix politique pour la droite

Une autre formation politique voit le jour sur l'échiquier politique du Québec. Étouffés au sein des formations politiques existantes, des conservateurs purs et durs ont fait renaître hier le Parti conservateur du Québec (PCQ) afin de leur donner une «voix».

«Les gens de droite attendent depuis tellement longtemps», a affirmé Jean-François «Jeff» Plante au Devoir. Sa sortie médiatique coïncidait avec la fin du vote postal des membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) sur le projet de fusion de leur formation politique avec la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

«L'ADQ a été un refuge plutôt qu'une maison», a ajouté M. Plante, soulignant néanmoins que la désintégration annoncée de l'ADQ «libère un espace politique» que le PCQ lorgne.

«On va agir comme de vrais conservateurs, en ligne droite», fait valoir le candidat disqualifié de la course à direction de l'ADQ de 2009.

Le Parti conservateur, dirigé par Luc Harvey, Jean-François Plante et Richard Décari, se prépare en vue de la prochaine élection générale, comptant présenter des candidats dans chacune des 125 circonscriptions. Il se veut une solution de rechange au Parti libéral du Québec qui «persiste à cacher la vérité», au Parti québécois, «une véritable tragédie grecque», et à sa «version 2.0», la CAQ.

Précisant qu'il «n'a pas de lien formel avec le Parti conservateur de Stephen Harper»,

M. Plante souligne que le PCQ a «des liens idéologiques et des sympathies» avec les conservateurs à Ottawa.

À droite toute


Élus, les conservateurs mettront la hache dans l'impôt progressif pour introduire un impôt à taux unique, le «flat tax», aboliront le programme Éthique et culture religieuse et renommeront le ministère de l'Éducation «ministère de l'Instruction publique». «Ce n'est pas la responsabilité de l'État d'éduquer», a lancé l'animateur de radio Internet connu pour ses propos abrasifs.

L'ancien député du Parti conservateur du Canada Luc Harvey, qui assume les fonctions de chef intérimaire de la formation politique, a repris la bannière «Parti conservateur du Québec» il y a deux semaines à peine, attendant la dernière ligne droite de la période de vote sur la fusion ADQ-CAQ.

Les «droitistes» sont invités à prendre part à un congrès au printemps. D'ici là, «Jeff» Plante, Luc Harvey et Richard Décari les convient à un ralliement politique le 7 février dans la région de Québec.

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Avec la collaboration de Kathleen Lévesque
5 commentaires
  • Rodrigue Guimont - Abonnée 19 janvier 2012 10 h 17

    Les «red necks» de Québec débarquent sur la scène politique québécoise


    Avec l’appui de leurs radios poubelles, nul doute qu’ils essayeront d’assembler avec une argumentation des plus simplistes, une certaine tranche de la génération X, pas très instruite, pas très politisé, mais revancharde à souhaits.

    Parions également, que le chroniqueur-animateur de radio et ex-conseiller politique de Stephen Harper, Eric Duhaime, n’est pas très loin…

  • Alexandre Rochefort - Inscrit 19 janvier 2012 10 h 41

    Non non non

    Comment voulez-vous que l'on arrive à quelque chose de bien pour le québec si les partis ne font que se multiplier. Ça va créer une énorme division politique, le tout au profit de M. Charest qui encore une fois, profitera de cette division francophone tandis que les anglophones resteront unis.

    Il nous faut des alliances et des coallition pour réduire le nombre de partis et non pas la création de nouveaux partis.

  • meme40 - Inscrite 19 janvier 2012 12 h 29

    babor tribord'abord..

    L'esprit tentaculaire de la droite religieuse celle de Harper... et Tremblay, qui est tchum comme cochon avec les communautés hassidiques d'Outremont , a de quoi nous laisser sur nos gardes, Prier à quatre pattes, chacun sa fantaisie, mais les mains dans les dossiers de l'État, le nôtre, comme un bien personnel, comme glissement dans (la pensée unique ) ouf! et cela se fait en catimini, une action après l'autre... Ce jardinier là, nous réserve une drôle de récolte..

  • Lagace Jean - Inscrit 20 janvier 2012 10 h 15

    Petit train va loin

    Un parti conservateur au Québec ? Rien de plus normal. Et ceux qui soulèvent le spectre de l’extrême droite sont tellement loin à gauche qu'on les dirait issus des utopies des années 20. Quoiqu'il en soit, il n'existe pas de droite organisée au Québec. Juste des forums où des gens dans mon genre s'expriment, à peu près toujours les mêmes et pas toujours d'une manière efficace ou convaincante. Aucun partie pour les représenter si ce n'est la droite nationaliste laquelle peut être gauchisante, Legault en étant la preuve. Alors, souhaitons aux conservateurs du Québec de se trouver un grand Québécois/Canadien pour mettre leurs idées et programme franchement et proprement sur l'échiquier politique de cette province. D'autre part, c'est vrai qu'il y a trop de partie chez nous. J'espère qu'on assiste aujourd'hui à l'effritement du vote séparatiste et qu'enfin, un jour, il n'y aura plus ici que trois partie. Droite autonomiste, Centre mou. Gauche centralisatrice. Et dans tous les cas, franchement Canadiens.

  • Maxim Bernard - Inscrit 21 janvier 2012 21 h 29

    Quel genre de conservatisme ?

    Je n'aurais aucun problème avec un parti fondé sur la droite économique. Cependant, c'est la droite morale qui m'effraie. Fort heureusement, Jean-François Plante n'incarne pas cette sordide variante de la droite, étant libertarien.

    En d'autres termes, on n'a pas à craindre de revenir à l'air Duplessis. Je crois toutefois que le nom «Parti conservateur» a été mal choisi ; il pourrait être perçu comme rétrograde.