Le PQ actualise 148 études sur la souveraineté

Pauline Marois veut remettre la souveraineté au goût du jour.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois veut remettre la souveraineté au goût du jour.

Québec — Le Parti québécois a mis sa machine en branle en vue de remettre au goût du jour plus d'une centaine d'études sur la souveraineté.

La chef péquiste, Pauline Marois, l'avait promis à maintes reprises dans le passé sans qu'il y ait trop de suite, mais il semble que cette fois-ci soit la bonne: les fameuses études seront actualisées, si possible à temps pour la prochaine campagne électorale.

C'est ce qui ressort d'entrevues accordées à La Presse canadienne par la chef péquiste et le président de la commission politique du parti, Alexandre Thériault-Marois, qui est chargé de transformer ce projet en réalité.

Le projet est fort ambitieux: mettre à jour quelque 148 études pertinentes sur l'impact de la souveraineté produites depuis le début des années 1990, à l'époque de la commission Bélanger-Campeau sur l'avenir constitutionnel du Québec.

Il faut «qu'on soit capable d'illustrer concrètement, avec les données d'aujourd'hui, ce que ça signifie, la souveraineté», commente Mme Marois, prête à reprendre le bâton de pèlerin.

Quand le Parti québécois était au pouvoir, en 2001, le gouvernement avait confié le mandat à Claude Corbo, à l'époque professeur à l'Université du Québec à Montréal, de revoir ces études, de les trier et de les actualiser au besoin. M. Corbo avait alors passé en revue 79 d'entre elles, pour en retenir 48 qui avaient été mises à jour et rendues publiques en 2002. Le tout formait une pile de 3800 pages.

Dix ans plus tard, le PQ entreprend donc de former un groupe de travail d'une dizaine de personnes, formé de la chef, de députés et d'intellectuels, qui aura pour mandat de former des sous-comités responsables de trouver des experts aptes à remettre cette montagne de données au goût du jour, en tenant compte du contexte actuel.

Un peu à l'image du projet de tenir des États généraux sur la souveraineté, l'initiative fait suite aux plaintes maintes fois formulées par l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, qui reproche au parti de ne pas préparer le terrain en vue de transformer le Québec en pays.

Pour la chef péquiste, le but du nouveau Comité d'étude sur la souveraineté consiste précisément à étayer l'argumentaire du parti en faveur de la souveraineté.

Cependant, si l'on se fie aux études Corbo, rien n'indique que les données recueillies en cours de route iront toutes en ce sens. C'est pourquoi le parti se réserve le droit de rendre public ou non le résultat des travaux.

En fait, le PQ veut ratisser très large et déborder de la masse d'études, déjà impressionnante, sélectionnée par M. Corbo. La tâche s'annonce donc titanesque. Obstacle supplémentaire: les experts consultés devront fournir leur travail bénévolement. En 2002, la mise à jour avait coûté 600 000 $ aux contribuables. Cette fois, le parti n'est pas au pouvoir et estime qu'il n'a pas les moyens d'assumer une telle dépense.

Toute une série de thèmes seront abordés pouvant aller de la reconnaissance internationale d'un Québec souverain, aux limites du territoire, l'utilisation de la monnaie canadienne, jusqu'au partage de la dette avec Ottawa au lendemain d'un référendum gagnant.

La première étape du projet — le tri des documents — a été faite au cours des derniers mois, «un travail de moine», selon la chef, mais le plus important reste à faire. «On a un travail de logistique qui s'est fait, [mais] il n'y a pas un travail d'analyse stratégique et politique qui s'est fait, ou de contenu un petit peu plus élaboré, et c'est ce que je veux que l'on puisse faire», dit Mme Marois.

Avant d'analyser les données, il faudra d'abord trouver des volontaires. «Il faut aller chercher des sympathisants. Il faut aller chercher des intellectuels qui vont accepter de travailler avec nous», explique de son côté M. Thériault-Marois.

Dans la perspective d'une élection en 2012, le temps risque de manquer pour mener à terme le projet. «On va essayer d'en faire le plus possible avant de retourner au pouvoir», dit M. Thériault-Marois. «Je ne veux pas mettre d'échéance, mais éventuellement, on va en voir apparaître», renchérit Mme Marois, consciente de la possibilité d'une élection hâtive.

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40 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 17 janvier 2012 02 h 56

    Les cendres historiques

    A lire cet article et à regarder la photo qui l'accompagne, j'ai l'impression que l'idée est d'expliquer la raison pourquoi Madame Marois reste sur la touche en matière d'actions concrètes...
    C'est sûr que de tout lire et de mettre à jour toutes ces études et conclusions ne permet pas de faire grand chose d'autre !
    Sauf que ce travail-là n'est en rien le sien et qu'elle doit bien avoir déjà, ou qu'elle devrait bien déjà avoir ?, un groupe de personnes de confiance pour le faire et lui en présenter rapports partiels et final.
    Je ne vois dans cette information qu'une fausse nouvelle qui a pour but de convaincre le bon peuple que les dirigeants du PQ ont les affaires bien en mains. Comme autrefois notre clergé le faisait pour nous garder loin des leviers du pouvoir et comme notre PM et ses ti-z'amis tentent de continuer à le faire en nous montrant deux mains artificielles sur les guides d'une charrette à foin qui grince pour la plupart de nous. Et alors que leurs deux véritables mains se trouvent au fond de leurs poches, occupées qu'elles sont à calculer pour leurs patrons ce qui s'y trouve et comment faire pour les remplir encore plus.
    Jusqu'où faut-il aller dans la barrique du pouvoir pour se rendre compte que le jus qui s'y trouve ne nous appartient pas plus, ni moins non-plus toutefois, qu'à tous les autres Québécois ? Il y a quelques années maintenant que je me pose la question.
    La réalité, c'est que les Québécois n'ont plus confiance en Madame Marois et qu'un sondage montrera sans doute un jour, pour peu qu'il se trouve quelqu'un pour commander et en payer la recherche, que bien moins de dix pour cent de nous voteraient avec enthousiasme pour elle comme PM.
    Sans doute faudra-t-il donc que Madame Marois entraîne dans sa descente populaire tout le PQ pour que la fin de ce parti soit consommée ?
    Et qu'un nouveau Phénix puisse enfin naître des cendres historiques qui en seront laissées, éparses et fertiles...
    Vive le Québec libre et

  • Catherine Paquet - Abonnée 17 janvier 2012 03 h 49

    Ça peut même refroidir

    Bien sûr, l'objectif de cette mise à jour est de trouver des arguments en faveur du projet péquiste, mais il est certain que certaines conclusions risquent de refroidir les ardeurs.

    Ainsi, la situation politico-économique de l'Union européenne et de la zone euro démontre avec une clarté renouvelée qu'il n'est pas possible que des pays partagent la même monnaie sans adopter la même discipline économique, fiscale et budgétaire et sans se soumettre à une même politique monétaire menée par une banque centrale unique.

    Puisque tous les souverainistes qui réfléchissent à cette question et tous les économistes qui l'étudient confirment cette nécessité du partage de la même monnaie et que personne de sérieux ne suggère que le programme d'un parti politique contienne la promesse de créer une monnaie québécoise, on demeure convaincu que les Québécois constateront encore et toujours que les relations nécessaires et quotidiennes entre un Québec indépendant et un Canada devenant unilingue anglophone et un peu frustré de cette séparation, ne seront pas plus faciles, ni moins complexes, ni moins contraignantes et peut-être plus infantilisantes que celles d'aujourd'hui

  • Pierre Samuel - Inscrit 17 janvier 2012 07 h 20

    Les derniers soubresauts....

    Eugène Ionesco et le père Ubu n'aurait pas fait mieux! Si après 148 études sur la souveraineté, on n'a pas encore réussi à apercevoir l'ombre de la comète d'un consensus dans ce parti en lambeaux se désagrégeant de plus chaque jour dans un déni exemplaire uniquement pour camoufler leur désespérance, nonobstant le gouffre politique que l'on vit actuellement, c'en est absolument gênant envers la mémoire de leur père fondateur René Lévesque!

    «Il faut qu'on soit capable d'illustrer concrètement, avec les données d'aujourd'hui, ce que ça signifie la souveraineté.» (Dixit Pauline Marois). Pitoyable cette redondance acharnée qu'on remâche, rabâche ad nauseam sans avoir pu se convaincre eux-mêmes sur les mille et une façons de pouvoir y arriver tout en espérant que le «bon peuple» les suive aveuglément tel un troupeau aux abois...

  • François Desjardins - Inscrit 17 janvier 2012 07 h 23

    Vous êtes exsangues à ce point au PQ?

    Vous êtes exsangues à ce point au PQ? Se donner une sorte de devoir d'universitaire d'assemblage et de synthèse de vieux travaux avec à ce que je vois, une certaine censure sur certains propos?

    Vous êtes «à terre» à ce point? Le CAQ lui n'a pas d'histoire par la force des choses (of course: il vient de naître!), propose un discours neuf (que je n'aime pas trop en passant). Mais ce discours passe assez bien malgré qu'il soit neuf.

    Vous n'avez rien de neuf au PQ? Vous n'avez pas de discours 2012? Et vous voulez demander à des gens occupés de fournir gratuitement un travail de synthèse sur des vieux document, dans un délais ma foi qui risque d'être assez stupide, compte tenu du fait que des élections nous pendent au bout du nez?

    Vous ne savez plus quoi dire ou quoi?

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 17 janvier 2012 07 h 25

    N'importe quoi pour ne pas aborder les vraies questions

    Le PQ est confronté à l'exigence de deux changements majeurs:
    ---changement d'orientation
    ---changement de leadership
    Madame Marois est là depuis trente années. Ce n’est pas elle qui pourra vraiment changer notre système en profondeur. Elle a trop longtemps vécu dans ce système. Elle y est habituée. Elle s’y trouve confortable. Elle peut accepter d’en peinturer quelques murs, mais pas d’abattre des cloisons.
    Place aux jeunes: Drainville, Aussant, Cloutier, Hivon, Ouellettte, Bergeron, Pagé, Bérubé et autres. Le PQ et la souverainété comptent nombre de personnes hautement capables. Les dinosaures du parti, devenus carriéristes, les empêchent de performer. Un véritable renouveau s'impose.