QuébecLeaks se dégonfle, faute de fuites

La barre était haute. Très haute. En incluant les cinq lettres «l-e-a-k-s» dans leur nom de domaine, les fondateurs de QuébecLeaks savaient que le défi serait grand.

En octobre 2010, WikiLeaks avait rendu publics des milliers de documents américains liés à la guerre en Irak, tous confidentiels. Le mois suivant, 400 000 «câbles diplomatiques» envoyés par les ambassades américaines partout dans le monde deviennent l'objet d'articles dans quatre grandes publications de calibre international. Pendant des jours, le fruit du travail de WikiLeaks fait les manchettes et remplit les bulletins de nouvelles.

Puis, en février 2011, un petit frère québécois naît. Au départ, l'intérêt est grand. «WikiLeaks, P.Q.», titre en grandes lettres un quotidien montréalais à la une. Mais au lancement du site, quelques semaines plus tard, pas de documents ni traces d'information privilégiée. «On s'attendait probablement à plus de documents par émotion, mais de manière rationnelle, l'expérience WikiLeaks nous avait appris que ça prenait beaucoup de temps avant que les gens prennent confiance [dans le système de transmission]», analyse a posteriori Luc Lefebvre, le visage public de QuébecLeaks.

Mais le ballon se dégonfle rapidement et les observateurs jugent sévèrement l'organisation. la plupart des documents mis en ligne sur le site, eux, étaient publics. L'entente entre la Ville de Québec et Quebecor annoncée en grande pompe par QuébecLeaks, par exemple, avait été distribuée lors du point de presse conjoint de Pierre Karl Péladeau et Régis Labeaume.

M. Lefebvre affirme néanmoins avoir réussi de bons coups, comme la publication du décret gouvernemental portant sur le renouvellement de l'équipement informatique de la fonction publique. Il «n'était pas accessible au public», soutient-il.

Luc Lefebvre rappelle à qui veut l'entendre que WikiLeaks a eu besoin de plusieurs années avant de publier des documents qui étaient d'un grand intérêt. À l'échelle provinciale, QuébecLeaks aura un jour le même impact que son grand frère, croit-il.

Mais en attendant, la plateforme de diffusion «est en mode attente, surtout», admet-il.

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