Les adéquistes convaincus usent des réseaux sociaux pour contrer la fusion avec la CAQ

L’adéquiste Claude Garcia s’oppose à la fusion de son parti avec la CAQ.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’adéquiste Claude Garcia s’oppose à la fusion de son parti avec la CAQ.

Dans l'impossibilité de se réunir ou d'accéder aux listes des membres du parti, l'aile «antifusion» de l'Action démocratique du Québec (ADQ) se tourne vers Internet pour infléchir le vote du 22 janvier.

En réponse à une lettre ouverte de Raymond Francoeur, vice-président de l'ADQ, publiée mardi dans Le Soleil de Québec, les opposants à la fusion ADQ-CAQ (Coalition avenir Québec) ont multiplié les interventions médiatiques hier.

«Mais où étaient-ils ?», s'interroge M. Francoeur dans une lettre où il fustige les propos de membres «nouveaux» ou «non valides» qui s'opposent à la fusion, alors même qu'ils «n'ont pipé mot durant l'année 2011».

«M. Francoeur ne joue pas fair-play quand il s'attaque à l'"inaction" des opposants à la prise de contrôle de l'ADQ à la CAQ, puisqu'il oublie de préciser le climat de tension autour de ce tabou dans la dernière année», rétorque Denis Claveau, président de la Commission des jeunes de l'ADQ, dans un courriel adressé au Devoir hier.

Hormis cette entente de «respect des négociations», tout le monde «a eu l’occasion de s’exprimer, et ceux qui ne l’ont pas fait c’est parce qu’ils ne l’ont pas voulu», tranche Richard Thibault, Président de la Commission des communications de l'ADQ.

L’entente conclue le 14 décembre dernier entre l’ADQ et la CAQ doit encore être entérinée par un vote postal des 2500 membres de l’ADQ entre le 2 et le 19 janvier prochain. Du côté des opposants, on dénonce un combat inégal puisque seuls les «fusionistes» ont accès aux listes des membres, alors que Christian Lévesque, le président de l’ADQ rappelle que le parti est «légalement tenu de respecter la confidentialité des informations nominatives qui se retrouvent dans notre liste de membres».

«Face à ça, on a décidé d'aller sur Facebook», explique Claude Garcia, président de la commission politique de l'ADQ. L'essentiel du message antifusion est véhiculé par un simple groupe Facebook qui réunit 200 amateurs, ainsi que par un site à l'adresse restonsadq.ca. «Tous les participants au site Internet sont des membres de l'ADQ en règle», a tenu à préciser M. Claveau en entrevue hier.

Irrités par les propos de M. Francoeur, plusieurs militants ont fait valoir leur droit de réponse. «Pourquoi les membres n'ont-ils pas fait entendre leur opinion avant? Parce qu'ils s'attendaient à être consultés», rappelle Caroline Pageau, candidate pour l'ADQ dans la circonscription de Taschereau en 2007. Lynda Delorey, une militante de Québec, signe pour sa part un billet sur le site Restons ADQ où elle estime «qu'au moins 75 % des bénévoles avaient ouvertement annoncé leur départ en cas de fusion».

De leur côté, ni Denis Claveau ni Claude Garcia ne souhaitent émettre de pronostic quant à l'issue du vote de janvier 2012. «Difficile de faire pression en l'absence de listes», déplore M. Garcia, qui juge prématurée la création du groupe Équipe autonomiste du Québec constitué d'ex-adéquistes déçus. «Je leur ai laissé un petit mot sur Facebook pour leur conseiller de plutôt collaborer avec nous.»
14 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 29 décembre 2011 00 h 36

    Que veulent-ils faire avec moins de 2500 membres?

    je veux bien leur donner raison mais avec le peu de membres que l'ADQ a recruté, il ne faut pas penser à un miracle. Est-ce le pendant des purs et durs péquistes? Rien ou mourir de notre belle-mort? , pas beaucoup de choix.

  • Gilles Théberge - Abonné 29 décembre 2011 01 h 45

    Pourtant

    La liste n'est pas bien longue. Ça ne devrait pas être si difficile de rejoindre tous ces gens, qui seraient autour de deux mille parait-il...

  • Louka Paradis - Inscrit 29 décembre 2011 03 h 56

    Et dire que...

    Et dire que certains députés péquistes (et même des journalistes) ont reproché à Mme Marois d'exercer un leadership autoritaire. Encore 2 poids 2 mesures quand il s'agit de la nouvelle caqueluche du jour : lui, c'est un vrai gars, il peut être riche, autoritaire, et s'acheter des députés. Bref, de la graine de dictateur... NON MERCI !

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 29 décembre 2011 06 h 10

    L'Action démocratique

    Quelle belle leçon de démocratie. Seuls les membres qui appuient la résolution ont droit à la liste des membres. Pas les opposants.
    Ces gens sont sûrement murs pour la CAQ où Legault-Sirois ont bien l'intention de n"en faire qu'à leurs idées et leurs volontés. Ce sera alors aux membres de s'ajuster. La démocratie à l'envers: la dictature.

  • Henri Marineau - Inscrit 29 décembre 2011 08 h 35

    Un mépris scandaleux

    Bien que je ne sois pas un partisan de l’Action démocratique du Québec, je trouve scandaleuse la façon utilisée par ses dirigeants pour fusionner avec la CAQ.

    Sans aucune consultation auprès de ses membres, ces dirigeants ont littéralement fait fi de tout processus démocratique élémentaire et ont fait preuve d’un mépris scandaleux envers la base même du parti.

    Une attitude bassement désinvolte qui privilégie un opportunisme unilatéral de bas étage en faveur d’un parti à saveur du jour au détriment d’une consultation des membres de l’ADQ, une valeur qui a toujours su caractériser ce parti depuis sa fondation.

    Une décision regrettable qui prouve que les dirigeants de l’ADQ n’ont pas su transcender la recherche du pouvoir pour le bien du parti qui se voit de la sorte emporté par le vent d’une stratégie roublarde envers ses partisans.