Paola Ortiz obtient son certificat de sélection de Québec

Trois mois après que le gouvernement fédéral l'eut expulsée vers le Mexique, Paola Ortiz, mère de deux enfants nés au Canada, a obtenu cette semaine son certificat de sélection du ministère du Québec (CSQ).

Son CSQ en main, elle «supplie» maintenant le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, de lui octroyer un permis de résidence temporaire afin de rentrer au pays où l'attendent ses enfants; Kinich et Dennyse, qui sont âgés respectivement de deux et cinq ans. Tous deux étaient restés derrière elle au Québec au moment de son expulsion le 23 septembre dernier.

En 2006, Paola Ortiz avait fui le Mexique pour le Québec afin d'échapper aux sévices que lui infligeait son partenaire de l'époque, un officier de la police fédérale mexicaine.

Plus de 20 groupes communautaires de défense des droits des femmes et des droits de la personne, dont Solidarité sans frontières, s'étaient rangés à ses côtés, exhortant le gouvernement fédéral de ne pas expulser Mme Ortiz, installée au Canada depuis six ans. Rien n'y fait, elle est conduite à l'aéroport Montréal-Trudeau par des agents d'Immigration Canada, forcée d'y prendre un vol en direction de Mexico.

Depuis son retour dans la mégalopole mexicaine, la diplômée en architecture de l'Université de Mexico vit dans la crainte que son ex-conjoint tombe sur elle, selon son avocat.

«Parmi les pays occidentaux, le Canada est un des plus déplorables en ce qui concerne la déportation des parents non citoyens avec des enfants canadiens, et conséquemment la destruction de maintes familles, a déclaré par voie de communiqué Me Stewart Istvanffy, qui est spécialisé en droits de l'immigration. On a un gouvernement qui se targue d'être le défendeur des valeurs familiales, mais où se trouve ce dévouement à la vie familiale? C'est de la pure hypocrisie.»

Dimanche dernier, environ 30 personnes ont réclamé haut et fort devant le Complexe Guy-Favreau à Montréal l'arrêt des expulsions et la régularisation du statut migratoire de tous les Mexicains vivant au Québec. À l'occasion de la Journée internationale des migrants, les manifestants réunis sous la bannière de l'organisme Mexicains unis pour la régularisation dénonçaient l'hypocrisie du gouvernement fédéral qui expulse les sans-papiers en arguant l'absence de danger au Mexique, mais met en garde ses propres citoyens contre «le niveau élevé de criminalité» qui y règne, suggérant à ses voyageurs d'«éviter tout voyage non essentiel» le long de la frontière mexicano-américaine.

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