Prochain scrutin: des ministres et députés libéraux songent à se retirer

Monique Gagnon-Tremblay (Relations internationales), Raymond Bachand (Finances) (la photo), Norman MacMillan (Délégué aux Transports), Michelle Courchesne (Conseil du trésor), Julie Boulet (Emploi et Solidarité sociale) et Yvon Vallières (Affaires intergouvernementales).
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Monique Gagnon-Tremblay (Relations internationales), Raymond Bachand (Finances) (la photo), Norman MacMillan (Délégué aux Transports), Michelle Courchesne (Conseil du trésor), Julie Boulet (Emploi et Solidarité sociale) et Yvon Vallières (Affaires intergouvernementales).

Québec — Jean Charest risque de se présenter devant les électeurs entouré d'une équipe passablement renouvelée lors du prochain scrutin, car plusieurs députés et ministres songent à ne pas solliciter un nouveau mandat, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne de diverses sources.

Pour certains, il ne fait pas de doute que la «réflexion» entamée ces derniers temps n'est pas étrangère à l'extraordinaire popularité de la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) de François Legault dans les sondages, une menace claire à leur réélection et à celle du gouvernement.
 
Pour d'autres, cela n'a rien à voir, la décision ayant mûri depuis un temps. On invoquera plutôt des raisons personnelles, l'âge ou l'envie de passer à autre chose.
 
Des signaux

Au conseil des ministres, personne n'a encore annoncé officiellement sa décision de ne pas se porter candidat aux prochaines élections, mais quelques-uns ont déjà envoyé des signaux à leur entourage, aux collègues ou au Parti libéral du Québec (PLQ), indiquant qu'ils songeaient à tirer leur révérence.
 
Parmi eux: Monique Gagnon-Tremblay (Relations internationales), Raymond Bachand (Finances), Norman MacMillan (Délégué aux Transports), Michelle Courchesne (Conseil du trésor), Julie Boulet (Emploi et Solidarité sociale) et Yvon Vallières (Affaires intergouvernementales).
 
Dans le cas de Mme Gagnon-Tremblay (Saint-François), une septuagénaire, elle s'était déjà fait tirer l'oreille en 2008: le parti avait calculé c'était sa seule chance de garder le comté, qui est passé près de passer au Parti québécois représenté par le Dr Réjean Hébert, demeuré actif au parti.
 
Certains ont de longs états de service: Yvon Vallières (Richmond), 62 ans, qui a déjà neuf mandats derrière la cravate, a confié à des proches avoir choisi de se retirer en douce à la fin de son mandat.
 
Pression

En prévision d'un éventuel scrutin printanier, l'organisation du PLQ a enclenché le processus des assemblées d'investiture des candidats dans les 125 circonscriptions et accélérera la cadence après les Fêtes. Le parti accroît la pression sur les députés et ministres pour décider très bientôt si oui ou non ils comptent porter les couleurs du parti aux prochaines élections, que le premier ministre pourrait déclencher dès ce printemps.
 
Avec le départ, vendredi, de David Whissell, qui préfère retrouver le monde des affaires, le parti doit déjà trouver un candidat dans Argenteuil pour une éventuelle élection complémentaire.
 
Chez d'autres députés libéraux, l'âge ou les désillusions auront eu raison de leur dévouement.
 
Yvon Marcoux (Vaudreuil), qui a été ministre de la Justice de 2005 à 2007, avant de retourner sur les banquettes arrière, a fini par se lasser de croire aux promesses qu'il y retournerait un jour. À 70 ans, il n'attend que le déclenchement du scrutin pour annoncer son départ.
 
Comme M. Marcoux, plusieurs députés libéraux ont atteint l'âge de la retraite (huit ont plus de 65 ans), un facteur qui pourrait entrer en ligne de compte avant de solliciter un nouveau mandat de quatre ou cinq ans: Lawrence Bergman (D'Arcy-McGee), a 71 ans, Jean-Paul Diamond (Maskinongé), 71 ans, Charlotte L'Écuyer (Pontiac), 68 ans, Henri-François Gautrin (Verdun) 68 ans, Norbert Morin (Montmagny-Lislet), 66 ans, et Michel Pigeon (Charlesbourg), 66 ans.
 
Nervosité

Dans le caucus libéral, la nervosité monte d'un cran à chaque nouveau sondage. Certains attendent de voir si la CAQ va continuer à se maintenir au sommet avant de prendre leur décision. «On attend de voir les chiffres» des prochains sondages, dira un député inquiet.
 
Chose certaine, si le taux d'insatisfaction de la population envers le gouvernement demeure aussi élevé et que l'appui à la CAQ se maintient au-dessus de 40 % chez les francophones, plus aucun comté n'est sûr pour les libéraux, à part ceux de l'ouest de l'île de Montréal.
 
«Avec un taux d'insatisfaction à 75 %, c'est l'abattoir assuré», confie un député libéral qui craint pour sa réélection et n'a pas encore pris sa décision.
 
C'est particulièrement le cas dans la région de Québec, où le parti de François Legault semble constituer une menace réelle: le dernier sondage CROP-Le Soleil-La Presse, rendu public vendredi, donne 54% d'appuis à la CAQ dans la capitale. C'est là que son message passe le mieux. Un balayage en règle de toute la région n'est plus exclu. À l'heure actuelle, presque tous les sièges de Québec appartiennent aux libéraux, sauf Taschereau (Agnès Maltais-PQ) et Chauveau (Gérard Deltell-ADQ).
 
Les députés André Drolet (Jean-Lesage), Patrick Huot (Vanier), Raymond Bernier, (Montmorency) et Michel Pigeon (Charlesbourg) savent lire et décoder les sondages comme tout le monde. La région compte aussi deux ministres : Sam Hamad (Louis-Hébert) et Yves Bolduc (Jean-Talon).
 
Quand même, le ministre de la Santé, M. Bolduc, de même que celle de la Famille, Yolande James (Nelligan), font partie de ceux qui ont déjà annoncé leurs couleurs: ils seront candidats.
 
Un autre facteur qui pourra influencer les décisions des élus sera le redécoupage de la carte électorale, qui modifie les contours de la plupart des circonscriptions de manière à tenir compte des mouvements de population, De plus, trois circonscriptions s'ajoutent et trois autres disparaissent.
 
Jocelyne Richer, La Presse canadienne
7 commentaires
  • Daniel Lambert - Inscrit 18 décembre 2011 17 h 49

    Un nouveau chef!

    «Jean Charest risque de se présenter devant les électeurs entouré d'une équipe passablement renouvelée ...»

    Je ne crois pas que Jean Charest soit dans le décor au prochain scrutin... pour la simple raison que le partie court à une défaite historique, et l'establishment ne peut pas accepter pareille situation. Alors, ce sera une équipe renouvelée et un leader nouveau. Qui? J'ai bien ma petite idée.

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 18 décembre 2011 17 h 53

    Québec à 54% Legault

    Legault-Sirois ont bien l'intention de réduire la fonction publique.
    Legault-Sirois ont bien l'intention de réduire le pouvoir des syndicats de la fonction publique.
    Québec et sa région comptent nombre de fonctionnaires.
    Québec et sa région appuient Legault-Sirois à 54%.
    J'ai comme l'impression que certains sont à couper la branche sur laquelle ils se trouvent.

  • M. Miclot - Inscrit 18 décembre 2011 22 h 36

    Tel que prévu

    le bateau coule, les rats désertent. 5 ans trop tard , les dommages causés au Québec sont irrémédiables tant sur le pan matériel que sur le plan moral.

  • M. Miclot - Inscrit 18 décembre 2011 22 h 40

    Quant à Charest

    Souhaitons qu'il retourne à son alma mater , les conservateurs d'Ottawa. C'est le plus sûr moyen d'obtenir la chute de ce parti. Là où Charest passe, le parti trépasse.

  • Donald Bordeleau - Abonné 19 décembre 2011 00 h 30

    Le pire gouvernement depuis Duplessis

    En 2008, des installations de 80 places ( 10 poupons ) ont perçu 30 % de plus 750,000$ du gouvernement comparativement à d’autres installations qui reçoivent 550,000$ pour le même travail. Très lucratif d’obtenir et de gérer une garderie, l’appât du gain mène à tout les abus.

    On ne parlera pas des Fiers, des contrats, collusions, voyages de pêche de Whissel, FTQ , CDPQ à la SÉPAQ Anticostie….. ect.

    Le fouilli des défusions muniipales, le dons en 2004 des contrats aux firmes de génie-conseil avec les abus que l'on connaît au MTQ. Ce qui est répugnant dans la situation actuelle c’est que les contribuables vont payer pour les égarements du gouvernement libéral. Qui est le dindon de la farce ?

    Reste-il des hommes et des femmes d’honneur dans ce gouvernement pour arrêter cette dérive ? Bientôt l’histoire décrira ce moment très triste de notre parcours.

    Il faudra plusieurs années afin de faire un ménage de toute les nominations partisannes du PLQ dans des postes du gouvernement et toutes les sociétés d'états pour services rendus lors du référendum.

    Il y en a qui vont surement se reconnaître.

    Un changement de paradigne est essentiel pour assainir toute cette gouvernence qui travaillait pour le PLQ comme madame Post-it.