Le sort de l'ADQ entre les mains de troupes décimées

François Legault et Gérard Deltell lors de l’annonce, lundi, de l’entente de principe pour la fusion de leur parti respectif.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger François Legault et Gérard Deltell lors de l’annonce, lundi, de l’entente de principe pour la fusion de leur parti respectif.
Il n'y a plus que 2521 membres en règle de l'ADQ, a révélé hier le président du parti, Christian Lévesque. Au moment de la course à la chefferie du parti à la fin de 2009, l'ADQ comptait 13 000 membres, un nombre qui a rapidement fondu à la suite des déboires de la formation politique.

Christian Lévesque a donné les détails sur les modalités du vote postal qui déterminera si la fusion pourra avoir lieu. Du 2 au janvier, les membres recevront un bulletin de vote qu'ils devront retourner avant le 17 janvier. Le résultat sera dévoilé le 22 janvier. Aucun nouveau membre ne sera admissible; la direction du parti veut éviter qu'on essaie d'influencer le vote. La firme de comptables Raymond Chabot Grant Thornton est chargée de la supervision du scrutin. On veut éviter qu'un dictateur décédé comme Omar Bongo puisse voter. Lors de la course à la direction du parti en 2009, Jean-René Dufort avait déjoué le scrutin téléphonique de l'ADQ en faisant voter feu le président du Gabon pour Gilles Taillon. Ainsi, ce dernier, qui avait remporté la course par deux voix, n'avait eu qu'une avance d'une seule voix sur Éric Caire.

Il n'y aura pas de congrès, ni d'assemblées publiques, ni de débats organisés par le parti ou son chef Gérard Deltell, a indiqué Christian Lévesque. Un congrès aurait été moins démocratique que le scrutin postal puisque seulement quelques centaines de militants, qui auraient payé leurs frais d'inscription, de déplacement et de séjour, auraient pris part au vote, estime-t-il. Quant aux débats, les militants passeront par les réseaux sociaux du parti et ses 16 tables régionales, a dit Christian Lévesque. Selon les précisions qu'il a apportées, le parti remboursera 115 000 $ de sa dette d'ici la fin de l'année. Un autre versement de 115 000 $ est prévu en 2012. Le solde de 400 000 $ est remboursable sur dix ans. En cas de fusion, c'est la CAQ qui casquera.

L'opposition se prépare


L'opposition à la fusion s'organise. «Il n'y a rien de joué», croit Denis Claveau, le président de la Commission des jeunes de l'ADQ. Claude Garcia et Adrien Pouliot, de la Commission politique, font équipe avec Denis Claveau, ainsi que la vice-présidente de la Commission des jeunes, Anne Rochon, et l'ancien député de Huntingdon, Albert De Martin, a signalé M. Claveau.

Denis Claveau est contesté par trois des cinq membres permanents de la Commission des jeunes. Selon Marc-Édouard Larose, Marc-André Morency et Maxime Royer, la Commission des jeunes n'a pas pris position sur la fusion. Denis Claveau soutient de son côté qu'il s'appuie sur une résolution, adoptée en septembre, qui affirme que la Commission des jeunes souhaite le maintien de l'ADQ comme parti autonome sous le leadership de Gérard Deltell.

Par ailleurs, est apparu sur le Web le site Équipe autonomiste du Québec, créé par d'ex-militants adéquistes non identifiés qui «désirent maintenir un programme plus à droite», peut-on lire.

Le premier ministre Jean Charest a soutenu hier que la fusion consacre «un malentendu profond» sur les orientations du nouveau parti et que le passé de François Legault est une source de «confusion». Il réagissait ainsi à un sondage CROP publié hier dans La Presse qui indiquait que les 500 répondants consultés ont des opinions partagées sur les orientations de la CAQ.

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Avec La Presse canadienne

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