Congrès de Québec Solidaire - Pour une meilleure défense du français

Au dernier jour de son congrès, Québec Solidaire a voté aujourd'hui en faveur de mesures visant à défendre la langue française, notamment par un meilleur soutien aux efforts de francisation des immigrants et par l'interdiction à un employeur d'exiger la connaissance de l'anglais lors de l'embauche.

Les membres du parti réunis en assemblée ne sont pas, toutefois, allés jusqu'à élargir le périmètre de la Loi 101 pour y inclure les cégeps. Lors d'un discours, le député Amir Khadir n'a pas fermé la porte à une éventuelle proposition en ce sens mais a dit que pour l'instant, un tel geste n'est pas requis et que ce n'est «peut-être pas la bonne cible, peut-être pas le bon message».
 
En point de presse, M. Khadir a noté que seul un faible pourcentage de francophones choisissent le cégep en langue anglaise et que la proportion d'allophones posant le même choix diminue. Par conséquent, c'est par la défense du français dans le milieu de travail que doivent passer les efforts, cela se voulant une référence directe aux événements des dernières semaines ayant éclaboussé les échelons supérieurs de la Caisse de dépôt et placement et de la Banque Nationale.
 
Contre les écoles passerelles

Par ailleurs, le parti a débattu de propositions portant sur le statut du réseau scolaire et des écoles publiques. Aussi, ils ont condamné le principe des écoles-passerelles.
 
La co-porte-parole du parti, Françoise David, a signalé que Québec Solidaire vient de franchir un jalon important puisque le parti a «maintenant adopté la presque totalité du programme qui dessine notre vision pour les 15 prochaines années».
 
Québec Solidaire ne compte qu'un élu (M. Khadir), mais, fort de sa performance de 9 % dans la circonscription de Bonaventure la semaine dernière, le parti espère en faire élire davantage aux prochaines élections générales. L'appui récolté dans Bonaventure fait dire M. Khadir que le parti n'est pas qu'un phénomène réservé aux grands centres urbains.
 
Samedi, les membres ont voté en faveur d'une proposition établissant le principe d'un revenu minimum garanti, un concept qui circule depuis longtemps dans la gauche québécoise.
Le Devoir
31 commentaires
  • Gilles101 - Inscrit 11 décembre 2011 15 h 35

    Kwebec Solidarity

    QS permet l'accès au Cegep aux immigrants !
    Et bien ils ne leur reste plus qu'a changé de nom maintenant : Kwebec Solidarity !

  • Louka Paradis - Inscrit 11 décembre 2011 16 h 28

    Positions frileuses

    Les positions de QS sur la question de la langue sont plutôt timorées : on y décèle la peur de perdre des appuis électoraux... Le parti est complètement à la remorque du Parti Québécois pour ce dossier. D'ailleurs un sondage révélait cette semaine que 61% des Québécois font confiance au PQ pour défendre et promouvoir le français au Québec, contre 8% qui font confiance à Québec Solidaire : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada
    C'est comme pour la souveraineté : les co-chefs ont demandé à leurs membres de voter pour le NPD aux élections fédérales du 2 mai, donc contre le Bloc, parti souverainiste : dire une chose et faire le contraire, ça s'appelle comment déjà ? Ils espèrent en retour avoir l'aide des militants du NPD et des 59 bureaux de comté lors de la prochaine campagne électorale au Québec. J'espère que les Québécois sauront voir clair cette fois, et qu'ils ne se laisseront pas entraîner par une vague médiatique ou twitteriste comme un banc de poissons...

  • Sylvain Auclair - Abonné 11 décembre 2011 17 h 07

    La connaissance de l'anglais

    L'interdiction d'obliger les employeurs à exiger la connaissance de l'anglais est sans doute une très bonne idée.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 11 décembre 2011 17 h 49

    Khadir et l'Indépendance...

    J'écris Khadir, car on dirait que Mme David ne compte que pour des prunes: Avant le 2 mai 2011, elle avait fait un genre de montée de lait publique, pas médiatisée sauf dans Le Devoir: elle affirmait, informant Khadir en plus des journalistes, qu'elle serait LA représentante de Q S lors du débat des chefs des prochaines élections. Mais je ne gagerais pas là-dessus...

    Khadir, aujourd'hui même, a expliqué lors du congrès de son parti, que la façon de régler le problème du français c'était "par la défense du français dans le milieu de travail [...] se référant indirectement aux événements des dernières semaines ayant éclaboussé les échelons supérieurs de la Caisse de dépôt et placement et de la Banque Nationale". Simple! Pas un instant il n'est venu à son esprit que... peut-être la solution c'est l'indépendance du Québec: nous deviendrions alors un pays de langue française, identifié comme tel, entre autres à l'ONU. De plus, la loi 101 ne serait alors plus charcutée comme elle l'est et le restera, à la moindre escarmouche, par la cour suprême. Mais tout cela ne fait pas partie du discours de Kadir ou de "La co-porte-parole du parti" comme l'a identifiée brillament François Desjardins, qui n'est pas lui-même très bien identifié, ici. Mais gageons que Mme David ne protestera pas ni Khadir.

    Quelles références ce parti fait-il, dans son programme ou ses interventions spontannées, à l'indépendance du Québec, une option dont il se prétend SOLIDAIRE? Ne s'agit-il que d'une prétention basée sur le calcul suivant: si on se dit à gauche, on sabrera dans l'électorat péquiste, car sa position sociale-démocrate est de plus en plus évanescente. D'un autre côté, une étiquette indépendantiste séduit aussi des gauchistes qui rêvent d'un "pays socialiste", appellation plutôt questionnante côté... démocratie.

    Mais c'est sans compter l'arrivée d'Option nationale. Laissons le temps au temps...

  • Francis Lamontagne - Inscrit 11 décembre 2011 17 h 59

    À Gilles101

    Euh... en quoi est-ce une mauvaise chose de permettre aux immigrants d'accéder au CÉGEP?