Congrès - Québec solidaire prône un monde sans publicité

Québec — Québec solidaire songe à inclure dans son programme «l'élimination complète de la publicité commerciale» dans l'espace public et l'étatisation des médias. Ce sont là deux des propositions touchant la culture, la justice sociale, l'éducation et la santé que les militants de la formation politique de gauche débattront à Montréal, lors de leur congrès en fin de semaine.

Le but du congrès: «terminer à 75 % la rédaction du programme» de ce parti fondé en 2006, a précisé la coporte-parole Françoise David hier. La question d'éventuelles alliances ponctuelles avec le Parti québécois dans certaines circonscriptions, abordée à huis clos en mars, au dernier congrès, sera absente de l'ordre du jour. Elle avait été rejetée par les militants, a confié au Devoir le député de QS Amir Khadir hier.

Quant à l'élimination de la publicité commerciale, explique le Comité synthèse de QS dans le cahier de propositions, elle aurait pour but de consacrer l'espace public «en priorité à l'information, à la discussion, aux débats de société».

Les échanges s'annoncent animés, car certaines associations de circonscription, comme celle de Mme David (Gouin), prôneront plutôt «un meilleur équilibre» entre «publicités sociétale et commerciale». Des tensions sont à prévoir aussi lors des discussions autour du projet de placer «le domaine des télécommunications [radio, télévision, téléphonie, Internet, etc.] sous contrôle public [participation majoritaire de l'État], incluant au besoin la nationalisation complète». La publicité commerciale à la télévision serait éliminée et l'État se doterait d'une radio. Il s'agit de «briser le monopole du privé sur l'information et de favoriser une sphère médiatique capable d'offrir une pluralité de positions idéologiques».

Langue française

En matière de langue, des membres défendront le retour à «l'usage exclusif du français dans l'affichage extérieur» et l'application de la loi 101 au collégial. Cette dernière option a été rejetée par l'unique député de QS, Amir Khadir, le printemps dernier. Chose certaine, en matière d'éducation, QS défendra la «gratuité à tous les secteurs» et l'abolition des subventions aux écoles privées. Les militants de QS devront choisir une parmi six formules de «revenu minimum», dont le «revenu de citoyenneté» et le «salaire à vie pour les personnes de 18 ans et plus». Pour «revaloriser les travailleuses et travailleurs de l'État», QS discutera de l'opportunité de «rehausser substantiellement [leurs] conditions et avantages salariaux».

«L'énoncé de principe sur la culture» est un de ceux qui ont suscité le plus d'amendements inscrits au cahier. Il soutient qu'un gouvernement QS favoriserait «l'émergence d'une culture axée [...] sur le rapport à la Terre mère» et «l'éducation au genre» en combattant «tant le sexisme que l'hétérosexisme».

En matière de santé, un gouvernement QS axerait son action sur la prévention, et la formation des médecins inclurait désormais la connaissance «d'approches combinant médecine douce, traditionnelle et moderne».
16 commentaires
  • NiDieuNiMaitre - Inscrit 10 décembre 2011 07 h 22

    «La guerre c'est la paix»

    La concentration des médias aux mains du privé mène à la convergence de points de vue, c'est vrai mais le seul impératif du privé c'est le profit. Concentrer les médias aux mains du gouvernement mène à la propagande et le seul impératif d'un gouvernemnt qui contrôle les médias c'est l'idéologie comme toutes dictatures dignes de ce nom.
    George Orwell sorts de ce parti!

  • pierre savard - Inscrit 10 décembre 2011 07 h 39

    Cuba

    Nationaliser les médias ? Interdire la publicité commerciale ? C'est la recette de Cuba ! C'est du totalitarisme. Ces gens de QS me font peur. Pour eux, un bureaucrate c'est le Bien. Les affaires c'est le mal. Je croyais qu'on était sorti de ce genre d'idéologie. Bilan du communisme messieurs de QS: 100 m illions de morts (voir Livre noir du communisme). Qs détient le monopole du Bien ? Désolé, mais c'est de la dictature. Recette pour une guerre civile. Dette de 450 milliards $ garantie après 5 ans de pouvoir de QS. Si les conservateurs proposaient un tel programme totalitaire, ils seraient attaqués de toutes parts. Pourquoi ce silence des médias envers un tel programme dangereux ???

  • Paul Lafrance - Inscrit 10 décembre 2011 10 h 04

    Socialisme ou communisme?

    Le QS est completement deconnecte. Il prone la gratuite pour a peu pres tout. Ou prendra-t-il l,argent? Des riches, dit-il. Quand son Parti prendra le pouvoir, ca fera longtemps que les riches et moins riches auront sacre leur camp. Les quebecois vivront comme on vit dans le pays d,origine de Khadir, soit au jour le jour sans plan d,avenir en laissant ca a la volonte d<Allah.
    Excusez le manque de ponctuations.

  • J.M. Rodrigue - Inscrit 10 décembre 2011 11 h 02

    Tout le monde est pour la vertu, rien à redire... mais il faut être réaliste

    À moins de changer de système économique, abolir les publicités télévisuelles relèvent pour l'instant de l'utopie. Le moins qu'on puisse faire actuellement c'est d'essayer d'agir sur le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) afin de diminuer le temps d'antenne réservé à la publicité.

    Qui sait? Il arrive parfois que le CRTC bouge en faveur des citoyens, exemple: l'intensité sonore ou le contrôle de la sonie télévisuelle. L'intensité sonore est telle présentement que beaucoup d'entre nous se précipitent sur les télécommandes afin d'en contrôler le son lorsque commence la litanie de pauses publicitaires. Or, le CRTC vient de statuer qu'à partir de septembre prochain, l'intensité sonore des pubs ne pourra être plus élevée que les programmes réguliers. Il était temps...

    Ajoutons également qu'au Québec les normes publicitaires sont tellement floues que les agences publicitaires n'hésitent pas à les contourner. Nous savons que les articles 248 et 249 de la Loi sur la Protection du consommateur interdisent la publicité destinée aux enfants. Curieusement les agences publicitaires utilisent impunément les enfants pour faire la promotion, soit d'une automobile (qui devient une salle de jeu pour l'enfant) ou soit encore d'un nettoyage après sinistre (comme futur choix de carrière). L'enfant devient la personnification de l'adulte infantilisé.

    Jeanne Mance Rodrigue

  • Colin Deslis - Inscrit 10 décembre 2011 11 h 50

    1989, c'était le début de la fin.

    Si on a autant peur du socialisme, c'est précisément à cause de la propagande. Dès qu'on en parle, on voit brandir les vieilles peurs du siècle dernier. On est plus du tout à l'écoute de ces idées qui, à la base, étaient de bonnes idées.

    Tout ce que je vois ici, ce sont des arguments racistes, des a priori aveugles. Demandez-vous d'où vous viennent ces peurs. Quoi, le stalinisme/léninisme/fascisme (et non le communisme, je tiens à le préciser) a tué 100 millions de personnes? Et le capitalisme, lui? Les famines causées par les ajustements structurels? Les guerres de profit? Nagasaki, c'était la faute des anges du Bien.

    Qui nous dit qu'on se retrouverait avec un gouvernement totalitaire, si on apprenait enfin des erreurs du passé? Je pense franchement qu'il y a un moyen d'accéder à une société plus juste sans qu'on perde nos libertés. Au fait, c'est quoi la liberté? C'est le droit de se faire bombarder par la publicité dont l'unique but est de créer des besoins qui n'existaient pas avant? C'est être libre au détriment de tous ces pays qu'on exploite? La liberté, c'est le pouvoir d'achat? Pas pour moi. Mais c'est mon opinion, bien sûr, tous les systèmes politiques se valent dans un certain sens. Qu'on me pardonne mes élans rousseauistes, mais je crois que le coeur de l'homme est fondamentalement bon, et que le capitalisme ne fait qu'encourager l'enfermement sur soi et la méfiance par rapport à l'autre.