Élection partielle dans Bonaventure - Victoire facile des libéraux

Damien Arsenault<br />
Photo: Thierry Haroun Damien Arsenault

New Richmond — C'est sans surprise que le candidat libéral Damien Arsenault a remporté l'élection partielle tenue hier dans Bonaventure, poursuivant ainsi une tradition libérale qui perdure depuis plus d'un demi-siècle.

Damien Arsenault a obtenu un total de 7887 voix, récoltant ainsi 49,46 % des votes. C'est donc par une majorité de 1952 voix que M. Arsenault a remporté l'élection sur son plus proche rival, le candidat péquiste, Sylvain Roy, qui a obtenu 5935 voix, ce qui représente 37,22 % des votes exprimés. Suivent la candidate de Québec solidaire, Patricia Chartier, qui a récolté 1422 voix (8,92 %), le candidat de l'ADQ, Georges Painchaud avec 365 voix (2,29 %), le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, avec 205 voix (1,29 %) et le représentant de la Coalition des sans-parti, Martin Zibeau avec 131 voix engrangeant ainsi à peine (0,82 %) des suffrages. Le taux de participation était de 54,55 %.

Réunis dès 20 heures dans un hôtel de New Richmond, la centaine de militants libéraux ont exprimé leur joie une fois que le verdict des urnes a été connu. Damien Arsenault, ex-maire de Saint-Elzéar pendant 18 ans, n'était pas peu fier d'être élu député de Bonaventure et s'engage à honorer son programme politique. «J'ai parlé de santé, j'ai parlé d'éducation, j'ai parlé des services publics, j'ai parlé d'avenir. Ce soir, la population m'a donné le mandat de continuer à développer nos communautés et c'est ce que je ferai. Je serai le député de tous les citoyens.»

De son côté, la chef du PQ, Pauline Marois, a gardé le sourire malgré la défaite en soulignant que «la prochaine fois sera la bonne. Je reviendrai en Gaspésie, dans Bonaventure». «Nous allons continuer à faire notre travail d'opposition officielle, continuer à expliquer nos idées, des idées pour changer la politique, des idées pour bâtir un pays», a-t-elle dit.

«Dans cette campagne, nous avons dû nous battre contre des fantômes», a déclaré la chef péquiste. «D'abord celui de Nathalie Normandeau. Manifestement, des gens de Bonaventure ont voulu lui faire plaisir une dernière fois. Mais, il y avait un autre fantôme dans cette campagne. C'était le chef caquiste. [...] Par son absence et par son silence, François Legault aura été le complice de Jean Charest», a ajouté Mme Marois.

Le premier ministre Jean Charest n'a pas pu se rendre en Gaspésie en raison du mauvais temps.

Cette circonscription, une véritable forteresse libérale depuis le milieu des années 1950, était vacante depuis le 6 septembre dernier. Ce jour-là, l'ex-ministre Nathalie Normandeau, députée depuis 1998, avait annoncé sa démission à la surprise de tous. Notons que Gérard D. Lévesque y a régné sans partage de 1956 à 1993. La seule parenthèse péquiste a été détenue par Marcel Landry (1994-1998).

Bilan de campagne

La campagne électorale a été ponctuée par deux sondages qui donnaient une large avance, de 14 à 16 points de pourcentage, au candidat libéral sur le candidat péquiste ainsi que par quatre débats, dont un qui s'est tenu au cégep de Carleton et qui était consacré à l'éducation. Cette campagne a également connu son lot de controverse.

Ainsi, Damien Arsenault a connu un début de course plutôt difficile alors qu'il a dû défendre l'apparition de ses affiches avant le décret annonçant le jour de l'élection, ce qui a soulevé un tollé dans la région. «Un simple malentendu», s'était alors défendue l'équipe libérale. Quelques jours plus tard, un reportage de Radio-Canada dévoilait que des six conseillers municipaux, tous réélus en 2009, trois sont des membres de la famille du maire Damien Arsenault et que ce dernier est également le président du comité de promotion des ressources naturelles, qui gère une auberge dont la concession est détenue par sa soeur. De plus, des résidants qui ont osé critiquer l'administration de M. Arsenault ont affirmé à un collègue de Radio-Canada avoir été victimes d'intimidation. En réaction, M. Arsenault s'était dit «victime d'une campagne de salissage». Enfin, le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, a suscité l'émoi lors d'un débat en invitant les souverainistes à opter pour le PQ plutôt que pour Québec solidaire afin d'éviter la réélection des libéraux. Ce qui avait fait sursauter le chef du Parti vert du Québec, Claude Sabourin, avouant que «c'est emmerdant de voir nos candidats appuyer un autre parti».

Ainsi, Damien Arsenault a connu un début de course plutôt difficile alors qu'il a dû défendre l'apparition de ses affiches avant le décret annonçant le jour de l'élection, ce qui a soulevé un tollé dans la région. «Un simple malentendu», s'était alors défendue l'équipe libérale. Quelques jours plus tard, un reportage de Radio-Canada dévoilait que des six conseillers municipaux, tous réélus en 2009, trois sont des membres de la famille du maire Damien Arsenault et que ce dernier est également le président du comité de promotion des ressources naturelles, qui gère une auberge dont la concession est détenue par sa soeur. De plus, des résidants qui ont osé critiquer l'administration de M. Arsenault ont affirmé à un collègue de Radio-Canada avoir été victimes d'intimidation. En réaction, M. Arsenault s'était dit «victime d'une campagne de salissage». Enfin, le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, a suscité l'émoi lors d'un débat en invitant les souverainistes à opter pour le PQ plutôt que pour Québec solidaire afin d'éviter la réélection des libéraux. Ce qui avait fait sursauter le chef du Parti vert du Québec, Claude Sabourin, avouant que «c'est emmerdant de voir nos candidats appuyer un autre parti».

Portrait de Bonaventure

La circonscription de Bonaventure, qui s'étend sur 8305 km2 et longe la baie des Chaleurs sur 270 kilomètres, comprend la MRC d'Avignon (11 municipalités pour une population totale de 13 071 habitants) et la MRC de Bonaventure (13 municipalités pour une population totale de 17 933 habitants). À cela, s'ajoute la municipalité de Port-Daniel-Gascons (2562 habitants) située à l'extrémité ouest de la MRC Rocher-Percé. Les principales agglomérations urbaines sont Paspébiac (où l'on trouve le plus grand bâtiment de bois en Amérique du Nord, qui servait autrefois à la pêche), Carleton-sur-Mer (festival Maximum blues, centre culturel vaste et vague), Maria (CSSS de la Baie-des-Chaleurs) et New Richmond, qui a su se remettre de la fermeture de la cartonnerie Smurfit-Stone en 2005 (perte sèche de 300 emplois) en misant sur la diversification de son économie.

Le tourisme, la forêt, la pêche, l'éolien et l'agroalimentaire constituent les principaux secteurs économiques de la circonscription de Bonaventure.

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73 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 6 décembre 2011 00 h 58

    Presque tous des sans allure dans ce coin de pays là

    "Mon grand-père était rouge. Mon père a toujours été rouge et moi je vais mourir rouge". Ce n'est sûrement pas un électeur ou électrice qui pense ainsi, quand même. Parc e que c'est la seule explication possible a donné dans de pareilles circonstances. Teutons un jour, teuton toujours.


    je suis sûr qu'il n'y aurait pas de parti libéral au Québec que ces chers électeurs voteraient libéral.

  • Louka Paradis - Inscrit 6 décembre 2011 01 h 19

    Victoire mitigée

    La forteresse libérale de Bonaventure ressemble aux viaducs dont on découvre peu à peu l'usure : le Parti libéral a PERDU 14% de ses appuis, tandis que le Parti Québécois en a GAGNÉ 8%. On peut dire que le candidat Sylvain Roy, épaulée solidement par sa chef, Mme Marois, a mené une excellente campagne. On ne vient pas à bout en une seule élection d'une partisanerie aussi inscrustée que celle de ce comté, où les gens votent pour ainsi dire du même bord que leurs grands-parents, et peut-être même de leurs arrière-grands-parents... Quoi qu'en disent tous les gérants d'estrades aujourd'hui, Mme Marois a remporté son pari en démontrant autant de force morale et de leadership auprès d'une équipe renouvelée et unie dans cette bataille. On publiera sans doute un sondage cette semaine pour tenter de minimiser encore une fois la performance de la chef de l'Opposition officielle et pour essayer de miner son leadership, appelant sournoisement ses troupes à la contester : cette stratégie commence à être trop évidente pour que la population se laisse longtemps berner... Continuez Mme Marois ! les Québécois commencent à comprendre qui a réellement à coeur leurs intérêts fondamentaux.

  • Denis Provencher - Inscrit 6 décembre 2011 01 h 24

    horrible

    Le gouvernement le plus détesté de l histoire du Québec a gagné une élection partielle. Fallait que matante Pauline soit très impopulaire. Les électeurs de Bonaventure envoyé un message clair. Ils ne veulent pas du PQ de Pauline comme alternative et l ont indiqué en votant libéral Pauline doit quitter, sinon le PQ va mourir, comme l,Union Nationale.

  • helene poisson - Inscrite 6 décembre 2011 02 h 32

    45% d'absentéistes font gagner M. Charest

    Mais ils pourront se reprendre bientôt pour mieux s'abstenir encore.
    Ça sent les élections.
    Conjoncture idéale pour M. Charest s'il parvient à remplumer sa terne députation avec quelques photogéniques candidats-vedettes.
    Il triomphera sans gloire juste à temps pour les vrais débuts de la Commission Charbonneau.
    Par-delà la fragmentation de l'opposition, ce sera la faible participation électorale qui assurera sa victoire...

    Go Habs Go

  • alina - Inscrit 6 décembre 2011 03 h 17

    Quelle langue employer?

    Je ne sais plus trop quelle langue Pauline Marois peut bien comprendre! On a appris il n'y a pas si longtemps qu'elle ne comprenait pas grand-chose à l'anglais. Mais comprend-t-elle encore le français? N'est-t-elle plus capable de lire la réalité? Et ce qui est encore plus troublant, c'est aussi sa faiblesse en mathématiques: elle ne comprend pas les sondages!